‹ Étude Anatomo-Pathologique d'un Cas de LymphadénieChapitre 29 sur 42 · EXAMEN A UN FORT GROSSISSEMENT · texte numérisé non relu

EXAMEN A UN FORT GROSSISSEMENT

a. Tumeurs lymphadéniques

Ces tumeurs présentent en général la structure déjà décrite dans les tumeurs ganglionnaires; elles se composent d'un réticulum fibreux à trabécules assezépaissesetcirconscrivant de larges alvéoles. Les parois de ces alvéoles sont tapissées de cellules endothéliales, remarquables par leurs grandes dimensions et la richesse en chromatine de leurs noyaux. Un très grand nombre d’entre elles, dont certaines libres dans l’alvéole, présentent le type des cellules géantes de la rate normale chez les animaux jeunes. Elles possèdent, en effet, un noyau bourgeonnant extrêmement volumineux, avec des incisures plus ou moins profondes qui détachent plusieurs fois complètement de la masse commune un ou plusieurs bourgeons. Ces amas

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nucléaires sont riches en chromatine. Exceptionnellement, on rencontre quelques cellules géantes rameuses, possédant un grand nombre de noyaux répartis à la périphérie, comme les cellules géantes du tubereule. Les lymphocytes sont en nombre très variable dans les différentes parties d'une même tumeur. Les uns sont libres dans l’alvéole, les autres sont disposés en rangées moniliformes sur sa paroi ou à la surface des travées du réticulum. Ces cellules lymphatiques paraissent résulter de la prolifération des cellules endothéliales, mais il semble que leur formation soit contrariée par la tendance que présentent un grand nombre de ces cellules à se transformer en cellules géantes.

Un grand nombre de ces tumeurs sont envahies par une transformation seléreuse plus ou moinsavancée. Tantôt la sclérose est disséminée en petitsilots dans son intérieur et résulte de l’épaississement fibreux des travées avec amoindrissement progressif des alvéoles, d’autres fois la tumeur est envahie par la périphérie, et la sclérose procède alors, ou bien des cordons fibreux voisins, ainsi qu'il a été dit plus haut, ou bien du tissu même de la rate comprimé par le développement de la tumeur. Lorsque la sclérose est assez avancée pour avoir interrompu la circulation sanguine, elle est infiltrée de pigment ferrugineux.

b. Parenchyme splénique intermédiaire aux tumeurs

Ainsi qu'il a été dit plus haut, le parenchyme est tantôt le siège d'une hypérémie caverneuse avec amincissement des cordons pulpaires, tantôt le siège d'une induration avec épaississement des cordons et amoindrissement des sinus. Dans le premier cas, les cordons pulpaires sont souvent réduits à une simple trabécule fibreuse, presque dépourvue de cellules; dans le deuxième cas, ils sont constitués par un feutrage de fibres conjonctives, par des vaisseaux capillaires plus larges qu'à l’état normal et par des cellules présentant les caractères des petites cellules de la rate. Mais la lésion la plus intéressante el qui se trouve également dans les territoires hyperémiés et dans les territoires sclérosés, consiste en ce que les parois des sinus sont revêtus d'une rangée de petites cellules du type lymphocyte pro-

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venant évidemment de la prolifération des endothéliums vasculaires normaux, Car ceux-ci ont complètement disparu. Sur quelques points de la paroi, les lymphocytes forment des amas et, dans tous les sinus, on en trouve un grand nombre mélangés avec le sang. Il résulte de cette constatation que les endothéliums vasculaires de la rate sont, dans ce cas, des éléments générateurs des lymphocytes qui sont ensuite entraînés dans la circulalion générale. Si on compare, sur les coupes de la rate, la composition du sang dans la lumière des artères et dans la lumière des veines, on voit en effet que le sang veineux est beaucoup plus riche en leucocytes que le sang artériel.

SCLÉROSE. — Il résulte de ce qui a été dit précédemment que toutes les parties constitutives de la rate tendent à la sclérose. D'une part, en effet, les cordons fibreux, formant la charpente dela glande, sont épais et divisent la coupe en lobules, comme cela a lieu dans la cirrhose annulaire du foie et, sur quelques points, ces cordons fibreux sont le point de départ d'une sclérose envahissante, qui pénètre comme des flèches soit dans le parenchyme, soit dans les ‘tumeurs lymphadéniques. En deuxième lieu, les tumeurs lymphadéniques présentent une tendance à la sclérose appartenant en propre à leur tissu ; enfin la sclérose peut aussi se développer «en larges trainées dans le parenchyme ménagé entre les tumeurs.

Une circonstance commune se rencontre dans les divers territoires sclérosés dès que la sclérose est assez avancée pour avoir occasionné un ralentissement de la circulation sanguine, à savoir l'accumulation de pigment ferrugineux de couleur ocre dans le tissu. Ce pigment est probablement formé dans les cellules endothéliales, car on voit des cellules endothéliales encore reconnaissables, qui contiennent un plus ou moins grand nombre de granules colorés, et presque partout le pigment est réuni en amas fusiformes accolés contre la paroi fibreuse et paraît tenir la place d’une cellule endothéliale, dont la surcharge pigmentaire aurait amené la nécrose.

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