‹ Étude Anatomo-Pathologique d'un Cas de LymphadénieChapitre 30 sur 42 · S II · texte numérisé non relu

S II

Les lésions de la rate présentent, on le voit, de nombreuses analogies avec celles des ganglions et prêtent à des considérations de même ordre :

1° Elles montrent d'abord les deux tendances néoformative el atrophique, que nous avons vu caractériser les deux stades extrêmes du processus ganglionnaire. La tendance hyperplasique revêt même ici une forme particulière, celle de tumeurs bien distinctes du parenchyme environnant et qui prennent naissance, soit aux dépens des corpuseules de Malpighi, soit dans les cordons pulpaires. Au sein de ces tumeurs, la tendance néoformative s'affirme encore comme dans le ganglion par l'hypertrophie des cellules endothéliales qui atteignent les dimensions de cellules géantes et reproduisent les deux types de la cellule normale de la rate chez les animaux jeunes ou celui de la cellule géante du tubercule. La tendance atrophique résulte de la sclérose, qui tend à envahir toutes les parties constitutives de la rate, cordons fibreux de la charpente, parenchyme et tumeurs.

Cette sclérose a pour conséquence, lorsqu'elle est assez avancée, un ralentissement de la circulation sanguine et une destruction globulaire qui se traduit par l'accumulation de pigment ferrugineux de couleur ocre dans le tissu.

2° On assiste dans la rate, comme dans le ganglion, à la genèse du lymphocyte aux dépens de la cellule endothéliale.

Cette transformation est déjà très visible dans les tumeurs lymphadéniques, où l’on aperçoit les lymphocytes disposés en rangées monihiformes sur la paroi des alvéoles ou à la surface des travées du réticulum ; mais dans ces tumeurs, leur formation est contrariée par la tendance plus marquée des cellules endothéliales à se transformer en cellules géantes. Leur

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genèse est plus manifeste dans les sinus du parenchyme : ceuxci présentent un revêtement de lymphocytes occupant la situaton de l’endothélium disparu ; il n’y a done aucun doute sur la naissance sur place de ces éléments lymphatiques. Un argument indirect, à l'appui de ce fait, résulte de la composition comparée du sang dans la lumière des artères et des veines: le sang veineux est, en effet, beaucoup plus riche en leucocytes que le sang artériel.

3° Les voies lymphatiques de la rate sont tantôt élargies démesurément, tantôt rétrécies et presque oblitérées, comme nous lPavons vu dans les deux catégories de ganglions examinées. L’amoindrissement des sinus doit avoir aussi pour conséquence le ralentissement du courant lymphatique et la diminution de l'apport cellulaire au sang.

La rate ne contribuait donc pas à la leucocythémie proportionnellement à son volume.

9° Les nécroses cellulaires sont rares dans le tissu splénique et résultent de la surcharge pigmentaire des éléments endothéliaux, qui ont phagocyté des globules rouges.

En somme, la rate n’apportait au sang que des lymphocytes dont le nombre tendait à diminuer en raison de la dégénéation scléreuse de cet organe hématopoiétique.

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