II. — Abdomen et cavité péritonéale
Pas de péritonite. Péritoine libre, intestin grêle et colon, normaux.
Pancréas normal à la coupe et à l’aspect.
Foie : volumineux, dégénérescence graisseuse typique. Poids : 1 kgr. 750.
Rate : très légèrement diffluente, volume normal.
Rein droit : décortication difficile de la capsule propre.
À la coupe, aspect congestif. Poids : 300 grammes.
Rein gauche : petit, blanc, le bassinet est bourré de calculs volumineux. L'enlèvement d’un fragment en forme de trapèze. Poids : 150 grammes apres enlèvement des calculs. Pas de pyélite.
Vessie : paroi considérablement épaissie (2 cm.);la capacité vésicale est réduite à quelques centimètres cubes.
Surrénales droite et gauche : volumineuses. A la coupe, aspect scléreux par place. Il est difficile de distinguer la corticale de la médullaire.
III. — Colonne vertébrale : fracture des apophyses transverses droites de Dh, D, qui semblent soudées. Intégrité de la lumière du canal raehidien.
Moelle : pachyméningite avec virole méningée au niveau des 9, 10e, 11e segments dorsaux.
À l'ouverture de la méninge dure, adhérences des parois au niveau du ramollissement. Quelques plaques d’arachnitis calcaire disséminées, sous-jacentes à la lésion.
Examen histologique GORE
Il a porté sur des fragments prélevés au niveau de la lésion au-dessus Di, et au-dessous D,:, L,, L:, L:. Les coupes ont été traitées par la méthode de Bielchowsky sur bloc, ainsi que par celles de Nageotte, Nissl, par l’hématéineéosine et le Sudan III.
19 Au niveau de la lésion : les fragments prélevés ne comprennent apparemment qu'un tissu fibreux, conjonctif, méningé avec quelques vaisseaux et des fibres radiculaires. Un premier fragment comprend la méninge antérieure épaisse et scléreuse, formant un arc de cerele, et comprenant dans sa concavité, en plus d’une artériole un certain nombre de faisceaux radiculaires. Ceux-ci, examinés à un fort grossissement, se montrent constitués par une série de libres nerveuses dégénérées pour la plupart, au sein desquelles on note la pré-
(1) La fixation et la préparation des see ainsi que le premier examen ont été pratiqués en 1918, par M. Trétiakoff, chef de laboratoire à la Salpêtrière, auquel nous adres-
sons nos remerciements pour l’amabilité avec laquelle il a bien voulu/nous prêter les préparations. ‘
LEE Es
sence d'un fin piquelé noir ou de petits filaments correspondants à des fibres de régénération, coupées perpendiculairement ou parallèlement.
Le second friägment portant au niveau de la méninge postérieure comprend également une méninge fortement épaisse et richement vascularisée. Dans cette gangue méningée apparaissent quelques faisceaux radiculaires dont certains sont enchâssés au centre même de la lame conjonctive.
Le fort grossissement permet de noter comme ci-dessus, que les faisceaux radiculaires comprennent des fibres nerveuses aux différents stades de régénération et un très grand nombre de fines fibrilles de régénération. Enfin i! y a lieu d’attirer spécialement l'attention sur ce fait qu’en un point de la préparation la présence de fines fibrilles de régénération dans le canal d'un vaisseau partiellement oblitéré.
2° Au-dessus de la lésion, en Ds, dégénérescence à peu près complète de la substance grise. Il persiste cependant quelques rares cellules dans les cornes antérieures dont la plupart sont en voie de chromatolyse.
Nombreux corps granuleux dans les cordons latéraux dans lesquels cependant existent quelques cylindre-axes conservés.
Dégénération des cordons postérieurs avec persistance de quelques cylindreaxes dans la zone cornu-commissurale.
3° Au-desssous de la lésion D;: et L:, L,, L,, L, intégrité relative des cellules ganglionnaires des cornes antérieures. Dégénérescence des faisceaux pyramidaux et en plus dégénérescence des cordons postérieurs qui s'arrête au niveau de L:. :
Prolifération des cellules du canal NN Ce dernier est, par place, à ‘peu près complètement oblitéré.
Au Sudan III, on note l’existence de nombreux corps lipoïdiques granuleux dans le faisceau pyramidal croisé de chaque côté'et dans le faisceau pospRioel ‘ direct droit.
Obs. II. — (J. Lhermitte, L. Cornil, et F. Ecot). — Grün..…., 29 ans, 25° R. Inf.
Blessé le 9 mai 1918, à 18 heures par éclat d'obus.
Séton au dos ; orifice d'entrée près du bord spinal de lomoplate gauche/sur la ligne spineuse, à l’union du tiers supérieur et du tiers moyen. Orifice de sortie : bord supéro-externe du trapèze droit.
Pas de perte de connaissance immédiate, mais paraplégie totale avec rétension des matières et des urines.
Resté sur le champ de bataille pendant l'attaque n’a été ramassé que le lendemain et examiné le 10 mai 1918 à 15 h. 30 à l’ambulance.
A ce moment : il existe un syndrome de section physiologique totale de la moelle du type dorsal supérieur. Anesthésie à tous les modes, remontant jusqu’à la hauteur dn mamelon.
Les réflexes tendineux (rotuliens-achilléens) ainsi que les cutanés plantaires et les crémastériens sont abolis. Il existe une rétention absolue de l'urine et des matières.
Intervention immédiate. Extraction de l’éclat d’obus qui est près de l’orifice de sortie; excision et débridement de son trajet. Résection des apophyses épineuses de CG, et D, qui sont fracturées. Les lames sont intactes. — Sérum, tamponnement.
Le 12 mai 1918 : Mêmes signes cliniques. Cependant on note de plus la présence de mouvements d’automatisme médullaire qui n’existaient pas précédemment.
Le 12 mai: À 16 heures, devant l'élévation de la température, on pratique une exploration sous anesthésie : laminectomie à la pince gouge de C; à Di. — Duremère intacte, couleur normale, pas d’ecchymoses. Régularisation du foyer de fracture, Sérum physiologique.
CORNIL 4
Le 13 mai : La ponction lombaire ramène un liquide trouble et rosé, légèrement hypertendu. L'examen cytologique montre la présence de quelques globules rouges et crénelés. k
Polynucléaires : 88 p. 100. Lymphocytes : 10 p. 100. Moyens mononucléaires 3 2 p. 100. Pas de microbes à l'examen direct. La culture est négative.
Le 15 mai : Persistance de la rétention des urines. Escarres fessières. On note déjà une amyotrophie des membres inférieurs. Signes de broncho-pneumonie bilatérale. Décès le 17 mai. ROME
Autopsie pratiquée le lendemain : Foyers de broncho-pneumonie disséminés de chaque côté, mais surtout à droite.
Intégrité de la dure-mère. Pas d’adhérences de la moelle aux méninges. La moelle est macroscopiquement intacte à l'examen externe.
Fixation par formol à 10 p. 100.
Examen macroscopique après fixation : à la hauteur de C,, il existe une zone claire sur la ligne médiane, siégeant dans les cordons de Goll.
En C;, GC, C, rien de particulier à noter.
En C;, © disparition apparent de la coupe postérieure gauche.
En D,;, bouleversement de la moelle; on ne différencie plus la substance grise.
En D;, aspect aréolaire de la substance blanche : la substance grise parait à peine différenciée.
En D,, hémorragie punctiforme dans le sillon médian antérieur: on ne dificrencie pas la substance blanche de la grise (on a l'impression au niveau des trois premiers segments dorsaux qu'il s'agit d’un traumatisme provoqué au moment du prélèvement de la moelle au cours de l’autopsie. La confirmation en est apportée ultérieurement par l'examen histologique.
D, : I existe un petit foyer nécrotique dans la corne antérieure droite.
D; : Même foyer dans la corne postérieure gauche.
D. D; : Aspect normal.
D, : Autre foyer nécrotique de la corne postérieure gauche de D: à L:. Aspect normal.
Moelle sacrée, idem,
On note enfin une hémorragie sous-arachnoïdienne autour des racines postérieures droites de la queue de cheval.
Examen histologique (colorations hématoxyline ferrique et Weigert).
En C., l'épendyme est dilaté, contenant des corps granuleux dans sa lumière: raréfaction des fibres du cordon de Goll.
En C4, il existe un foyer de nécrose insulaire en forme de raquette à manche inférieur; ce foyer situé sur la ligne médiane immédiatement au-dessous de la commissure postérieure intéresse les deux cordons de Goll, mais surtout le droit. ILest constitué par des fibres désintégrées (corps de Schmaus) avec œdème vacuolaire parfois considérable des gaînes myéliniques; il existe une prolifération névroglique très marquée autour des vaisseaux qui va parfois jusqu’à l'oblitération de ces derniers. Quelques cellules névrogliques contiennent du pigment.
Au-dessus de la commissure antérieure, il existe un foyer de nécrose assez important. Enfin on note l'existence de foyers microscopiques autour de quelques capillaires.
En C:, foyers myélomalaciques intéressant d’une part la substance grise de la corne postérieure gauche, et d’autre part, la partie postérieure du cordon de Burdach autour du septum médian. Foyers nécrotiqués ayant les mêmes caractères histologiques que ceux précédemment notés. Il y a lieu d'insister sur l'existence des corps granuleux qu’on retrouve jusque dans l'épendyme.
En D;, même foyer que dansile segment précédent.
En D,, foyer considérable déterminant une nécrose transverse incomplète de la moelle. Les lésions sont surtout marquéés dans les cordons postérieurs (sauf
As
dans le faisceau de Burdach droit) et dans la moitié postérieure des cordons latéraux. A la périphérie, état vacuolaire par gonflement de la gaine de myéline : déformation de la myéline en haltère : très nombreux corps de Schmaus.
Dans le foyer de nécrose : boules de myéline : déformation du syneitium névroglique ; nombreux corps pigmentaires.
Il existe en outre un petit foyer nécrotique dans la partie antérieure du cordon latéral droit. it
En D,, altération diffuse : les cordons présentent des foyers de ramollissement multiples, un état aréolaire avec hypertrophie colossale des cylindreaxes. Au centre, il existe un foyer de nécrose incomplet avec corps de Schmaus corps granuleux, prolifération des cellules amæboïdes avec quelques granulations pigmentaires,
En D;, foyer de ramollissement très limité dans la corne postérieure gauche.
En L,, état aréolaire peu marqué, de la marge des cordons latéraux; pas dé lésions des racines, rien dans l’'épendyme.
Obs. III. — (Lhermitte, Villandre et L. Cornil). — Le nommé Mass. Louis, âgé de 23 ans, soldat au 15° d'infanterie, a été blessé par balle de fusil le 23 février 1918 à 16 heures : Plaie pénétrante de l’épaule droite, plaie du thorax (avec fracture de la 5° côte), lésion de l’apophyse transverse de la 4 vertèbre -dorsale. La balle est logée sous la peau au niveau de l’omoplate gauche.
Immédiatement après la blessure : paraplégie totale sans perte de connaissance; rétention des matières et des urines.
Examiné à l’ambulance à 13 h. 30, le 24 février, on note l’existence d’une paraplégie totale avec abolition de la sensibilité jusqu'à la hauteur dela 6° côte à gauche et de la 8° côte à droite.
Abolition des réflexes rotuliens et achilléens; les réflexes cutanés plantaires se font en flexion plus marquée à gauche qu'à droite. Abolition des réflexes .crémastériens.
La motilité des membres supérieurs est conservée.
Radiographie. — Fracture de la tête humérale peu marquée. Fracture de côte “au niveau de l’extrémité externe de l’apophyse transverse de la 4 vertèbre dorsale. La radiographie stéréoscopique montre l’éparpillement des esquilles au niveau de la côte.
Le %5, février épanchement sanguin du thorax à droite. Dyspnée. Pouls fréquent, mais bien frappé. L’hémothorax ne paraît pas augmenter dans la journée; la température est à 39°.
Le 26 février, dyspnée de plus en plus marquée: aucune modification des Symptômes nerveux.
Décès le 28 février à 2 heures du matin. \
Autopsie. — Après formolisation du névraxe.
Il existe une plaie de l’artère intercostale à droite du côté de l’hémothorax, ainsi qu'une plaie du poumon droit.
Rien de particulier dans les autres organes.
Moelle : intacte en apparence ainsi que la dure-mère.
Examen histologique. — Hématéine-éosine, Bielchowsky, méthode de Jacob ‘fuschine, bleu-orange g.).
1° Substance grise. — Quelques hémorragies microscopiques. Pas de lésions appréciables du réseau neuro-fibrillaire, ni de la névroglie.
Les cellules radiculaires présentent parfois une disparition apparente du réseau fibrillaire protoplasmique, une surcharge en pigment : surtout une hyperchromatose avec conservation dans certains éléments des corps chromatophiles. Le noyau est normal ainsi que le nucléole. Pas de lésions vasculaires.
2° Faisceaux, substance blanche. — Lésions très apparentes par toutes les méthodes.