‹ Étude anatomo-pathologique de la commotion médullaire directeChapitre 18 sur 35 · IT SE · texte numérisé non relu

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rition des cylindre-axes, de la myéline et la conservation du réticulum névroglique. Pour Benpa, ces derniers champs se distinguent très bien des dégénérescences secondaires et doivent être considérés comme des foyers inflammatoires traumatiques. Nous pourrions ajouter, en terminant, que cette conception, quoique en contradiction avec nos recherches, s’apparente avec celle de la myélite traumatique soutenue autrefois par NAGEoTTE et Ricue.

Il. — Faits personnels.

Si nous avons pu recueillir un assez grand nombre d’obser- | vations cliniques de commotion directe de la moelle, lorsque nous étions assistant de M. le Professeur agrégé G. Roussy, au Centre neurologique de la 7° Région, nous n’avons pu étudier anatomiquement que trois cas, l’évolution des commotions médullaires étant généralement favorable.

Cependant, grâce à l’obligeance de notre maître M. Lher-

mitte, nous avons pu examiner très longuement les préparations histologiques dès cinq observations qu'il a publiées avec M. Claude et qui ont servi de base à ses publications sur l’étude anatomique de la commotion spinale.

Des 3 observations cliniques et anatomiques que nous rapportons, la première a été publiée en collaboration avec MM. Roussy et d’(ÆElsnitz, la seconde avec MM. Lhermitte et Ecot et nous devons les piètes anatomiques de la troisième à M. le Docteur Villandre. C’est donc en partie, grâce à l’étude de ces documents personnels, en partie grâce à l’étude de ceux que nous à fournis M. Lhermitte que nous avons pu faire ce travail d'ensemble sur les lésions histologiques de la commotion (1).

(1) Pour les techniques anatomo-pathologiques employées, nous avons suivi les diverses méthodes telles que les ont exposées dans leur Manuel MM. G. Roussy et J.

Lhermitte. (Les techniques histopathologiques du Système nerveux, Paris 1914). La méthode de Jskob que nous indiquons ci-après est celle qu’enseigne M. Lherrmitte.

Méthode de Jakob : .

1° Fixation au formol à 10 p. 100, puis au mordant de Weigert (gliabeize).

US en

Observations : cliniques et anatomiques.

Obs. I (G. Roussy, M. d'Œlsnitz et L. Cornil). Obs. It (J. Lhermitte, L. Cornil et F. C. Ecot. Obs. III. (J. Lhermitte, G. Villandre et L. Cornil).

Obs. I. — Soldat Vaill... Jean, 171° R. 1. Paraplégie totale, consécutive à traumatisme de la moelle (102 ‘segment dorsal), provoqué par balle de shrapnell ayant fracturé les ‘apophyses transverses droites de Ds, D,v (intégrité des corps vertébraux et du canal vertébral correspondants).

Blessé le 26 avril 1917 à Ostel, près de Vaïlly, par balle de shrapnell ayant pénétré à un travers de doigt de la ligne des apophyses épineuses droites, à la hauteur de la 9° vertèbre dorsale : paraplégie immédiate: le blessé dit avoir res- “senti « comme un léger coup dans le dos » et il est tombé dans la position assise, des membres ayant fléchi sous lui. Pas de perte de connaissance ; impos- ‘sibilité de se relever; le blessé dit qu’alors il ne sentait plus ses jambes, Rétention des urines et des matières à partir de ce jour.

Pansé au poste de secours environ une 1/2 heure après la blessure, il est évacué sur l'hôpital Mont-Notre-Dame après injection de 20 centimètres de sérum anti-tétanique. C'est dans cet hôpital que l’on pratique la éystostomie (aucun autre renseignement ne figure au dossier sur l’état du blessé à ce / moment).

Évacué, le 3 mai 1917, sur l’hôpital du Val-de-Grâce où l’on note : « Plaié pénétrante du thorax par E. O. Gros éclat à 11 centimètres du repère dorsal, mobile latéralement avec les mouvement du cœur ». Le blessé dit qu'à cet hôpital il aurait eu de la diarrhée per sistänte et perdait ses matières sous lui. C’est alors que débute l’escarre sacrée. Évacué le 12 mai 1917 à la Salpêtrière (Serv. du docteur Souques), puis sur Bourg. |

Examen du 10 octobre 1918. — Au Sous-centre neurologique de la 7 Région. 40 Motilité : Paraplégie flasque totale. Amyotrophie diffuse très accentuée des masses musculaires dans les membres inférieurs, sans flaccidité. Gros œdème diffus, rosé, gardant l'empreinte du doigt remontant jusqu'à la racine de la cuisse du côté droit.

Les pieds sont en équinisme, pointe en dedans. Il existe une hÉyloce articulaire totale des deux cous-de-pied et à peu près complète des orteils qui sont en flexion forcée. D'autre part, limitation articulaire de la flexion passive de la jambe sur la cuisse suivant un angle de 1100 à droite et de 90° à gauche.

2° Sensibilité : La zone d’anesthésie au tact, à la piqüre, à la température,

2° Coupes à la congélation. Les recueillir dans l’eau distillée.

3 Coloration de 3 à 10 minutes dans une solution de fuschine acide à 1 p. 1.000, puis lavage à l'eau distillée. Ensuite, placer la coupe dans une solution aqueüse saturée d’acide phosphomolybdique pendant 1 heure à 2 heures: puis lavage deux fois de suite dans l’eau distillée.

Alors, coloration (1/2 heure) dans le colorant de Tahob +

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Faire suivre d'un lavage rapide dans l’eau, puis déshydratation par Le xylol, et monter au baume du Canada.

remonte jusqu'à l'ombilic en avant, jusqu’à la hauteur de Ja 1°* lombaire en arrière, c'est-à-dire jusqu’à la limite supérieure du 10° segment dorsal.

Il n’y a jamais eu de troubles subjéctifs de la sensibilité.

3 Réfleclivité. — a) Tendineuse : Rotulien gauche : La percussion détermine une réponse immédiate du quadriceps qu'on peut interpréter indiscutablement comme un réflexe tendineux vrai. Parfois cependant cette réponse est suivie tantôt de clonus de la rotule, tantôt par une prolongation de la contraction du quadriceps, contraction très ralentie qui présente les caractères cliniques d’une réaction de défense surajoutée au réflexe rotulien.

Réflexe rotulien droit : La percussion est suivie d’une flexion de la jambe sur la cuisse avec légère abduction ainsi que de la flexion dorsale du pied ; mais ce mouvement est relativement plus lent qu'un réflexe rotulien vrai (globalement, il semble que son temps de latence soit de { seconde 1/2 environ). En réalité, il s’agit là indiscutablement d'un réflexe d’automatisme médullaire.

Réflexe achilléen gauche : La percussion détermine nettement une flexion plantaire du pied; réponse rapide, un peu vive, ayant l'apparence d’un réflexe tendineux. La percussion de la malléole interne ainsi que de la région médioplantaire détermine une ébauche de flexion brusque de tous les orteils, limitée dans son amplitude par les ankyloses articulaires de ces derniers. La percussion de la région cuboïdienne donne la flexion plantaire du gros orteil.

Réflexe achilléen droit : La percussion du tendon d'Achille, ainsi que de la région médio-plantaire, détermine une flexion dorsale du pied qui donnerait l'impression qu'on a affaire à un réflexe achilléen inversé, si cette réponse à la percussion n'était pas plus légèrement ralentie que celle d’un réflexe achilléen normal; d’ailleurs, ainsi que nous le verrons à l’étude des réflexes d’automatisme médullaire, on observe nettement le même phénomène par simple irritation cutanée de tout le membre inférieur. !

b) Réflexes cutanés : Les crémastériens (superficiel et profond), ainsi que les abdominaux sont abolis. R. cutanés plantaires : le blessé n’a jamais présenté de signe Babinski durant son observation au Centre; parfois au contraire on a observé nettement de chaque côté, une ébauche de flexion des orteils surtout limitée à droite par l'ankylose.

R. anal et bulbo-caverneux : abolis.

c) Réflexes d'automatisme médullaire : Lorsqu'on découvre le blessé, il existe une ébauche nette de flexion de la jambe sur la cuisse aux deux membres inférieurs. La plus minime irritation cutanée (frottement, piqûre d’un des membres inférieurs) détermine le signe des raccourcisseurs de Pierre Marie-Foix. La flexion se produit d’abord au niveau du membre irrité, puis lentement par irradiation, on observe la flexion du membre opposé. La percussion du tendon rotulien droit provoque la flexion lente de la jambe sur la cuisse s’accompagnant de flexion dorsale du pied. Enfin, on obtient encore le signe des raccourcisseurs par percussion osseuse de la région cuboïdienne lorsque le blessé est dans le décubitus dorsal; la manœuvre de flexion des orteils indiquée par P. Marie et Foix pour obtenir le raccourcissement du membre ne nous a donné cette flexion que par intermittences. D'autre part, nous avons rechefché à différentes reprises, sans le constater, le signe d'extension croisée ainsi que les mouvements rythmiques.

Un autre fait nous paraît important à noter : chaque fois qu'on pratique un lavage de la vessie par l’orifice de la cystostomie, il se produit très nettement de chaque côté un raccourcissement des membres inférieurs dès que le liquide chaud ou froid pénètre dans la vessie ; d’ailleurs, au cours du même lavage les différences brusques de pression du liquide par élévation ou abaïssement du bock servant à l'injection déterminent encore la flexion bilatérale des membres inférieurs. h

49 Troubles sphinclériens : Paralysie du sphincter vésical et du detrusor. La

Fig. 5. Fig. 6.

Fig. 5. — Partie inférieure (dorso-lombo-sacrée) de la moelle épinière vue par sa face postérieure et montrant l'épaississement des méninges en virole au niveau de la lésion (D. 9, D. 10, D. 11) (Obs. [).

Fig. 6. — La même, après ouverture de la méninge sur sa face postérieure. Le segment supérieur de la moelle se termine brusquement en D. 9 et donne naissance à un faisceau de fibres radiculaires qui, à gauche, vont se perdre dans la méninge sclérosée.

L'extrémité supérieure du segment inférieur (D. 11) renflée en boule est nettement indépendante de la méninge et distante du bout supérieur d'environ 1 cent. et demi (Obs. 1).

— 46 — ke vessie, durant les lavages bi-quotidiens (solution de protargol à 2 p. 1.000) ne peut pas contenir plus d'un demi-verre de liquide; dès que cette quantité est atteinte, il y a rejet par l’urètre.

Constipation opiniâtre; le malade ne va à la selle qu'avec des lavements tous les deux jours: N'a jamais eu de diarrhée durant le séjour dans le service.

5° Troubles génitaux : perte totale des érections et des désirs génitaux depuis sa blessure.

6° Troubles vaso-moteurs : La raie rouge vaso-motrice par friction légère avec une pointe mousse apparaît bien plus rapidement, elle est d’une durée plus longue dans la zone correspondante aux troubles sensitifs que dans la partie sus-jacente à cette zone : partie supérieure du thorax et membres supérieurs. Elle s’accompagne au niveau du tronc (où sur une hauteur de 3 centimètres environ elle dépasse la limite supérieure des troubles sensitifs) de vives réactions pilomotrices (aspectchair de poule) d'apparition plus rapide, d'intensité plus marquée et de durée plus grande que dans la zone saine. Ces dernières réactions apparaissent chaque fois qu’on découvre le blessé.

70 Troubles secrétoires : A l'examen, durant les pansements, on constate une hyperidrose considérable des membres inférieurs et de l’abdomen. Lorsqu'on découvre le malade dans son lit, on constate très fréquemment que ses draps sont mouillés à l'endroit où reposent ses jambes. La limite supérieure de l'hyperidrose est difficile à déterminer très exactement; elle semble cependant coïncider à quelques centimètres près, avec celle des troubles sensitifs. L'état de gravité du malade ne nous a pas permis de faire l’épreuve de la pilocarpine. Durant les constatations précédentes, il existe une sécheresse absolue de la peau au niveau du thorax, des aisselles, des membres supérieurs.

8 Troubles thermiques : hypothermie des plus nettes au niveau des membres inférieurs. À

9° Escarres : une sacrée arrondie : dimension de la paume de la main. Une rétro-trochantérienne droite, et une rétro-trochantérienne gauche, de forme arrondie de dimension de 5 centimètres de diamètre. Sous l'influence de nettoyages bi-quotidiens avec pansements à l'éther goménolé, les escarres noirâtres au début se sont modifiées et ont pris vers le 17 octobre un aspect rougeâtre à tendance bourgeonnante par places.

Troubles trophiques : Ankylose articulaire des orteils et des genoux. Aspect squameux de la peau et dysonykose des ongles et des orteils. Œdème mou du membre inférieur droit.

10° Etat des reins : Le blessé aurait fait une poussée de pyélonéphrite droite le 17 septembre. Actuellement, l'examen des urines montre la présence de pus et une grande abondance de phosphate ammoniaco-magnésien ; pas d’albumine.

119 Cœur et pouls : Rien de particulier à noter à l’auscultation du cœur; le pouls est un peu faible, mais régulier.

12° Etat psychique : Euphorie. Ne se rend pas compte de la gravité de son état.

16 octobre 1918. — Depuis ? jours, l'œdème du membre inférieur droit a pris un aspect rouge, tuméfié au niveau du genou, la percussion révèle une sonorité s'étendant jusqu’à trois travers de doigt, en haut, au-dessus du bord supérieur de la rotule. Pas de crépitation à la palpation.

L'état général devient progressivement mauvais. Le facies est pâle. Langue très saburrale. Pouls rapide à 1200.

Le 18 octobre, même état; la langue a tendance à prendre l’aspect de langue rôtie. [

L'examen systématique du poumon ne décèle rien de bien net, autre qu’une zone de matité de la dimension de la paume de la main à la partie moyenne du poumon droit au-dessus de la pointe de l’omoplate; à ce niveau, la respiration est soufilante, sans bruit surajouté. -

Les 19 et 20 octobre, même état.

Fig. 7. — Coupe histologique : Fragment prélevé au niveau de la méninge antérieure el traité par la méthode de Bielchowsky sur bloc (faible grossissement) (Obs. I).

À et À': fibres radiculaires comprises dans la concavité formée par la méninge sclérosée B.

: Fig. 8. — Une des fibres radiculaires de la figure précédente (A'} vue à un fort grossissement et montrant, en À, des cylindre-axes de régénération coupés parallèlement ou perpendiculairement : en B, des fibres nerveuses dégénérées; et en C, un corps amylacé.

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21 octobre. — La veille au soir, aggravation brusque de l’état général, malgré l'état stationnaire de l’inflammation du genou droit et l'absence de localisation pulmonaire. La langue est franchement rôtie. Le malade est dans un état de faiblesse extrême. Décès le 21 décembre à 2 heures de l’après-midi.

Autopsie pratiquée le 22 octobre 1918. |

I. — Cavité thoracique : Plèvres : très légère adhérence au lobe supérieur, face postérieure du poumon droit, cavité pleurale libre à gauche.

Poumon gauche : aspect normal, très léger degré de pleurite entre le lobe moyen et le lobe inférieur. Rien à la coupe.

Poumon droit : léger emphysème des lobes supérieur et moyen. A la partie moyenne de la face postérieure du lobe inférieur, zone congestive de la dimension d'une pièce de 5 francs, au niveau de laquelle on sent ‘en profondeur à 1/2 centimètre la balle de shrapnell. A la coupe, très léger tissu de sclérose.

Péricarde : rien de particulier.

Cœur : légère dilatation de la cavité droite; rien aux valvules.

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