INTRODUCTION
. Silest vrai qu'une « science soit une langue bien faite » la valeur scientifique de certaines expressions médicales laisse parfois inquiet et sceptique.
Tout en utilisant le même langage, rien n'est plus difficile que de s’eutendre sur le sens précis des locutions employées. I suffit, pour s’en convaincre, de parcourir les diverses publications parues durant ces dernières années sur la commotion des centres nerveux : on constate combien la compréhension ou l'extension du mot commotion varie suivant les auteurs.
C’est ainsi qu'on à groupé, sous cette désignation, un ensemble d’expressions cliniques distinctes tant par leur mécanisme pathogénique que par leurs altérations anatomiques spécifiques.
Tantôt confondue avec la contusion indirecte ou distinguée d’elle, tantôt identifiée aux manifestations psychonévrosiques déclenchées par un traumatisme médiat ou immédiat, la « commotion » fut, dans ces derniers cas surtout, diagnostiquée avec quelque facilité .
Étiquette commode, masquant souvent l'ignorance d’une étiologie exacte, cette désignation à la fois nosographique et pathogénique, devait, durant la guerre, fleurir dans la « grande presse » et s'épanouir parmi certain public ignorant, trop décidé à négliger les vrais blessés, victimes de leur modestie, pour traiter en martyrs les psychonévrosés de plus ou moins bonne foi.
Troubles organiques, troubles pithiatiques de cause indéter-
Pre ren
minée, parfois même la simulation, furent à maintes reprises et par erreur catalogués parmi les « commotions nerveuses ».
Il suffisait qu'un homme eût été au front pour qu'il eût le droit, lorsque ses troubles demeuraient ‘inexpliqués, de voir
marqué sur un billet d'hôpital ce diagnostic « passe-partout ».
Il faut bien dire que le médecin de bataillon s’aperçüt vite de cette erreur psychologique qui créa, entretint et fixa une collection. de « sinistrosés » de guerre. Le plus souvent, en effet, il connaissait le psychisme des hommes prêts à réaliser ces soi-disantes commotions par vent d’obus. II les filtrait soigneusement lors des attaques, et si, à travers son contrôle, parvenaient à s'échapper quelques sujets « prédisposés », c’est à l'intérieur, après l'évacuation libératrice que limagination facile ou le souvenir imprécis de ces sujets « pyrophobes » réalisait rétrospectivement « la violence de l’explosion ». Mais nous ne voulons pas rappeler ici le mécanisme de ces troubles plutôt émotionnels que commotionnels, avec ou sans adjonction de manifestations pithiatiques ultérieures et sur lesquels tant d’intéressants travaux furent publiés (Barzer, CL., ViNcENT, . A. Léri, F.V. Morr pour ne citer que les plus importants, sans oublier l'important mémoire de notre regretté maître le Docteur J. CLuner, qui rapporte ses DR au cours du naufrage de la Provence).
L'étude d'ensemble de ces manifestations a été longuement exposée dans les travaux de nos maîtres MM. G. Roussyx et J. Enermrrre et récemment dans l’ouvrage de MM. G. Roussy, Boisseau et d’OEzswnrrz, sur les Psychonévroses de guerre.
Nous avons voulu simplement préciser la confusion qu'est venu apporter dans l’étude des commotions des centres nerveux à substratum anatomique défini, l'emploi souvent intempesüf d’un mot détourné de son vrai sens.
Notre travail porte uniquement sur un type particulier de commotion : la commotion médullaire, et nous sommes ainsi conduit à définir dans quelles ne nous avons employé cette désignation. (
Comme le dit M. J. Laermrrre, Q par choc commotionnel,