‹ Étude anatomo-pathologique de la commotion médullaire directeChapitre 5 sur 35 · CELA XI · texte numérisé non relu

CELA XI

J'aut entendre un ébranlement du système nerveux central lié à un traumatisme, mais sans que le choc ait directement porté sur le cerveau et la moelle épinière. » Ainsi posé dans son ensemble, nous pourrions ajouter que le problème comporte nécessairement une étude anatomique des lésions déterminées par l’ébranlement dù névraxe.

Et c’est ici qu'intervient la distinction à établir entre les lésions contusionnelles et les lésions commotionnelles. La plupart des auteurs classiques établissent une différence entre la commotion et la contusion. Dans leur Traité, DÉJERINE et Tomas remarquent en effet que « la limite entre les accidents connus sous le nom de contusion médullaire et ceux décrits sous celui de commotion est assez vague et indécise ». Plus loin, d’ailleurs, précisant leur pensée, ces auteurs ajoutent : « On devrait réserver le nom de contusion médullaire aux cas dans lesquels la moelle a subi un choc direct sans solution de continuité... Dans la commotion au contraire, il n'y a pas traumatisme direct de la moelle. » C'est à cette conception nosographique que nous nous sommes arrêté, abandonnant la distinction en contusion médullaire directe et contusion indirecte admise par certains auteurs, Auvray et SENCERT en particulier.

- Parmi les commotions spinales, il y a lieu enfin de distinguer deux types : sp ‘re L'un réalisant la commotion directe, consécutive à un traumatisme rachidien (1) : coups, chute sur le dos, fracture d’une ou plusieurs apophyses épineuses par éclat ob ou par balle, ou bien chute sur les pieds, les genoux, le siège. 2° L autre, constituant la commotion indirecte, désignée encore sous le nom de commotion « par vent d’obus». On pourrait beaucoup plus exactement la nommer avec M. Guizzain qui en a le premier soit seul, soit avec M. Barré, donné des descriptions précises et longuement poursuivi l'étude : « com-

(1) Nous avons volontairement éliminé l'étude des allérations médullaires dans la commotion cérébrale, longuement traitée dans l'ouvrage récent de Durer. (Traumatismes cranio-cérébraux. Tome I, 1920).

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motion par éclatement de projectile sans plaie extérieure ».

Ce dernier syndrome, que nous n’aurons pas en vue dans notre travail, s'oppose en quelque sorte anatomiquement au premier. Par leur prédominance vasculaire, les lésions histologiques de la commotion indirecte sont très différentes des altérations cylindraxiles, de la commotion médullaire directe, qui constituent des modifications particulières présentant une réelle originalité.

Durant notre séjour au Centre neurologique de la 7° Région, nous avons, sous la direction de M. Roussy, recueilli un grand nombre d'observations de commotion spinale directe. Si nous sommes contraint aujourd’hui, en raison des actuelles difficultés typographiques, de réduire l'étude de cette importante question à la seule partie anatomo-pathologique, nous regrettons vivement d'en retrancher la partie clinique que nous comptons présenter dans un travail ultérieur.

Nous avons donc tenté, après avoir rappelé les constatations des auteurs qui nous précédèrent dans cette voie, de synthéuser nos recherches personnelles poursuivies avec les conseils quotidiens de MM. G. Roussy et J. LuermiTre, qui nous ont inspiré le sujet de cette étude.

Elle comprend deux parties : dans la première, nous avons rapporté les résultats donnés par l’expérimentation chez- Panimal. La seconde est consacrée à l’examen de trois cas anatomo-cliniques. k

Après avoir esquissé l'historique de la question, puis rapporté les observations, nous avons groupé dans une étude analytique et synthétique les caractères principaux des lésions commotionnelles. Ayant précisé l’évolution anatomique de ces altérations, nous avons, en dernier lieu, présenté une mise au point de la question des régénérations fibrillaires dans la moelle, question qui soulève à l’heure actuelle un des problèmes les plus passionnants de biologie générale.

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