‹ Etude biographique, M. Jean Raimbault [microforme]Chapitre 14 sur 21 · MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR

Si j'ose m’avancer au devant de Votre Grandeur, ce n'est pas, en pareille circonstance, comme pour l’introduire dans une maison qui lui serait étrangère; c'est chez vous, Monseigneur, que vous entrez. C’est sans doute pour votre Grandeur Îa plus vive et la plus douce satisfaction que l'inauguration de cet édifice. Comme représentant le chef illustre de la corporation, dont vous êtes le digne héritier, c'est au milieu d’un nombreux clergé, auquel cette institution est déjà si redevable, c’est au nom de l'Église de ce diocèse, que vous venez prendre posses: sion d'un établissement destiné à être une pépinière de sujets pour le clergé et pour tous les rangs de la société,

Permettez-moi de déposer aux pieds de Votre Grandeur les hommages et la reconnaissance des jeunes élèves de la maison pour toutes ces démarches, les soins et les fatigues qu’elle coûte, Et qu'il nous soit permis à tous d’unir nos vœux aux vôtres, nos faibles prières aux bénédictions que vous allez invoquer pour sa prospérité future,

(No 2, DISCOURS

DE M. RAIMBAULT, SUPÉRIEUR DU SÉMINAIRE DE NICOLET, A L'INAU- GURATION DU NOUVEL ÉDIFICE DU SÉMINAIRE, LE 14 aout 1830.

MONSEIGNEUR (a), MEssiEURS,

En jetant mes regards sur l'assemblée nombreuse et respectable, reunie dans cette enceinte, des différentes parties de la province, je me sens pressé de nr'écricr : quel est celui, de tous ceux qui sont presents, qui eût osé avancer, il y a seulement dix ans, que sur ce sol, qui n'était foulé jadis que par les pas errants des tribus sauvages vivant dans l’état de barliste la plus épaisse, que sur ce terrain, que couvrait naguères une antique forét, le repaire des bètes feroces, s'élèverait, en aussi peu de temps, un vaste et majestueux édifice, tel que nous, l'avons sous les jeux, digne de ceux qui en ont conçu le projet, digne dé ceux qui ont concouru à son exécution, digne enfin de l'objet auquel il est destine,

Il y a à peine quatre ans que nous en vimes jeter les fondements au milieu d’un concours également respectabie; et le voilà debout aujourd'hui, ouvrant ses vastes portiques et prèt à recevoir cette brillante jeunesse déjà formée dans la maison préparatoire et dont le nombre s’agrandira en proportion de la capacité du nouveau bâtiment,

Mais, à qui sommes-nous redevables de cette insigne faveur ? Est-ce le fruit de l'industrie humaine ? Est-ce une nouvelle création? Faisons à la sagesse humaine la part qui lui convient ; mais ne serait-ce pas une présomption téméraire que d’en exclure l'intervention du Souverain Architecte de l’univers ? Ah! sans doute, c’est la Providence qui a laissé tomber un regard vivifiant sur cette entreprise. C'est la cause première, qui par ses ressorts secrets, mais sûrs, a conduit cet établissement au but désiré, en aplanissant les obstacles et surtout en dirigeant la volonté des hommes qu’elle faisait servir d'instruments à ses favorables desseins— ‘“ Misi Dominus œdificaverit domum, in vanum laboraverunt qui ædificant eam ” (b).

(a) S. G. Monseigneur de Fussala, coadjuteur de Mgr. l'Evèque de Québec, (b) Psaume CXXVI, 1.

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Pour en convaincre les esprits les plus incrédules, je n'aurai qu'à vous retracer, dans un cendre abrégé, la naissance et les progrès de cet établissement. Ca récit ne saurait étro déplacé dans un jour où nous sommes réunis pour rendre au ciel des actions do grâce solennelles pour les bienfaits déjà obtenus et lui demander sa protection et ln continuation de ses faveurs pour l'avenir,

C'est à In charité, à la sagesse et à la générosité du vénérable pasteur qui gouverna un demi-siècle cette paroisse (c'est dejà nommer M. Louis-Marie Brassard), que cet établissement doit son origine, La charité lui inspira le projet d'une école pour les enfants de cette paroisse ; il eut la sagesse d'en conticr le gouvernement aux évêques du diocèse à perpétuité; et c'est dans son économie qu'il trouva les moyens de lu doter d'une manière convenable, Cette terre, fruit de ses épargnes, était, selon ses vues, destinée à voir sortir de son sein des trésors plus précieux que les moissons les plus abondantes et les plusriches métaux,

Mais, combien les espérances les mieux fondées sont ruineuses et fragiles! Un defaut de formes frappe de nullité l'acte de ses intentions bienveilluntes. C’en était fait d’un plan si utile, sans les sentiments généreux de son unique héritier, Ce que la loi lui remettait en propre, son digne frère en fait une donation authentique à l'illustre prélat qui occupait alors le siége de Québec, Mais, Ô instabilité des choses terrestres! La mort inattendue expose de nouveau la fondation à être anéantiel Or, c'est ici où se découvre le doigt de Dieu d’une manière plus sensible, Au moyen d’un sacrifice pécuniaire, l'institution de. vient la propriété de Monseigneur Plessis, Evèque de Québec, Alors l'école de Nicolet commence à quitter les livrées de l’enfance, C'est à cette époque ot par les soins de son illustre chef que, sortant du cercle étroit des éléments, elle s'elance dans la carrière des études littéraires et philosophiques. Ses premiers essais sont couronnés de succès inattendus. Dirige par les mêmes principes que les anciens établissements di pays, celui de Nicolet en devient bientôt l'émule. A peine comptait:il quinze années d'existence et dejà il avait fourni de nombreux sujets à l'Eglise (dont un promu à la plus haute dignité) (a), au bar-

(a) Monseigneur doseph-Norbert Provencher, né à Nicolet, le 12 février 1787, étudia d'abord au collége Saint-Raphaël de Montréal, et vint, après incendie de cet établissement, continuer son cours classique au college de Nicolet. Avant été ordonné prêtre au mois de décembre 1811, il fut placé, comme vicaire, à la paroisse Notre-Dame de Québec, malgré sa mauvaise santé qui lui fit bientôt abandonner ce poste, et l'obligea de retourner dans sa famille, où il sjourna quelques mois. Dans l'automne de 1812, il fut nommé vicaire à Vaudreuil ; et, an mois d'octobre 1813, il fut chargé du vicariat de Deschambault et de la desserte des Grondines. Un an après, il fut nommé curé de la Pointe-Claire et de Sainte-Anne du Boul

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