‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 100 sur 183 · Nous avoDS déjà dit que Lebi'uu en fut nommé Directeur · texte numérisé non relu

Nous avoDS déjà dit que Lebi'uu en fut nommé Directeur

2. L'exposition eut lieu dans la cour de Thôtel Brion, nu Palnis- Boyal.

toutes les faveurs de Colbcrt. Elle avait eu jusqu'alors pour protecteurs le cardinal de Richelieu et le chancelier Scguier ; à la mort de ce dernier (1C72), Colbert donna à rAcadémie le Roi pour protecteur et ne prit pour lui que le titre de vice-protecteur ; il la plaça parmi les grands corps de l'État en lui faisant donner le droit de venir, comme eux, haranguer S. M. aux occasions solennelles. Louis XIV lui accorda aussi une des salles du Louvre pour y tenir ses séances.

Colbert avait été admis dans la compagnie en 1666 et reçu en 1667 : il flt son discours comme le voulait le règlement. On lit dans la Gazette du 30 avril 1667 :

Le 21 du courant, le duc de Saint-Aignan ayant été prendre le sieur Colbert en son logis, le conduisit en l'Académie française, établie chez le chancelier de France, laquelle l'avait depuis longtemps invité à lui faire l'honneur d'être un de ses membres ; et après y avoir été reçu avec les cérémonies ordinaires, il fît un discours à la louange du Roi avec tant de grâce et de succès qu'il en fut admiré de toute cette savante compagnie.

Toujours ennemi de toute lenteur et pressé d'arriver au but, Colbert aurait voulu voir l'achèvement du Bictionnaire; mais il ne fut terminé et publié qu'en 1694.

Finissons ce chapitre en disant que Colbert paraît avoir eu, en 1666, l'idée d'une Académie universelle, qui fut réalisée depuis par la création de l'Institut. Fontenelle raconte en effet que le projet de Colbert était de fondre dans un corps unique les littérateurs, les historiens, les poètes, les philosophes, les savants les plus illustres. Divisés en trois sections, ils se seraient

réunis deux fois par semaine à la bibliothèque du Roi. « Et afin, dit-il, qu'il y eût quelque chose de commun qui liât ces difîérentes compagnies, on avait résolu d'en faire, tous les premiers du mois, une assemblée générale où les secrétaires auraient rapporté les jugements et les décisions de leurs assemblées particulières'».

Lettres et Sciences.

L'abbé d'Olivet* raconte que, Louis XIV voulant récompenser les savants les plus illustres, Français ou étrangers, Golbert fit dresser en 1664 une liste de soixante personnes, dont le quart se composait d'étrangers. Ce fut Chapelain qui fit cette liste. Chapelain était fort instruit et un homme de bon sens et de bon conseil, qui n'a eu qu'un tort en sa vie, le jour où il publia son poème de la Pucelle. « Chapelain, a dit Voltaire, avait une littérature immense, et ce qui peut surprendre, c'est qu'il avait du goût et qu'il était l'un des critiques les plus éclairés », et sa correspondance, qu'on vient de publier, justifie entièrement l'opinion de Voltaire. Le Roi fit des pensions de 600 à 4,000 livres aux illustrations littéraires et scientifiques de l'époque.

Plusieurs souverains s'inquiétèrent de ces largesses du roi de France, qui faisaient connaître partout sa puissance et qui disposaient tous les écrivains étrangers à célébrer sa gloire. Aussi les panégyriques les plus exagérés de Louis XIV et de ses ministres se lisaient-ils

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