‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 101 sur 183 · Histoire de l'Acade'mie française · texte numérisé non relu

Histoire de l'Acade'mie française

COLBBRT. 199

alors dans tous les livres nouveaux publiés en Allemagne et en Italie. En France, les pensions curent pour résultat de rendre les gens de lettres, jusqu'alors « domestiques » des Grands, serviteurs du Roi, qui fit venir à sa Cour les plus illustres d'entre eux. Racine avait à Versailles un si beau logement, qu'à sa mort il fut donné à un prince du sang.

Dès 1673 les dépenses delà guerre obligèrent Golbert à supprimer les pensions des étrangers; mais les pensions des Français durèrent jusqu'en 1690. En vingt-six ans Louis XIV avait distribué 1,707,148 livres (8 millions et demi de francs) aux savants et aux hommes de lettres.

Golbert recevait à sa maison de Sceaux les membres de l'Académie française ; il avait de fréquentes relations avec les principaux érudits du temps, et l'on sait qu'il fit jouer chez lui en 1663 V Ecole des femmes par Molière et sa troupe, auxquels il donna 220 livres (1,100 francs), et que, dans les querelles suscitées par le Tartufe^ Golbert se prononça, comme le Roi du reste, pour Molière'.

En 1670, afin d'avoir les drogmans nécessaires au commerce du Levant, un édit ordonna que Marseille enverrait tous les ans six jeunes gens aux Pères Gapucins de Constantinople et de Smyrne, qui leur apprendraient les langues du Levant. Telle est l'origine de l'institution des Jeunes de langues, auxquels Marseille devait faire une pension de 300 livres (1,500 francs).

Page 1