‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 103 sur 183 · Gazette de France, 1675, p · texte numérisé non relu

Gazette de France, 1675, p

pour la remercier de son alliance. Le sieur Guérin, avocat du Roi et prcsidial de cette ville, porta la parole avec beaucoup de succès, et le sieur de Segrais, directeur de notre Académie, y répondit avec toute la politesse digne de la réputation de cette illustre Compagnie».

En 1664 Colbert avait accordé à Mézerai un privilège pour fonder un journal littéraire général, qui ne parut pas. En 1665, un conseiller au Parlement, Denis de Sallo, créa le Journal des savants, destiné à informer le public de ce qui se passait dans la République des Lettres. Mal rédigé et mal accueilli du public, le journal cessa bientôt de paraître, mais Colbert le rétablit et en confia la rédaction à l'abbé Gallois, à la fois mathématicien, astronome, physicien, jurisconsulte et linguiste. Cette utile publication, qui renferme tant d'excellents travaux, dure encore.

Colbert, étant encore chez Mazarin, avait fait nommer un de ses frères* garde de la bibliothèque du Roi, ou, comme on disait alors, de « la Librairie ». Quand ce frère devint évêquc de Luçon en 1661, Colbert lui succéda dans cette charge, qu'il transmit, en 1663, au savant Carcavi. La Librairie était alors placée dans une maison de la rue de la Harpe et ne comptait que 16,476 volumes manuscrits ou imprimés. Devenu surintendant des Bâtiments, Colbert, qui aimait les livres, installa la Librairie dans deux maisons de la rue Vivienne, contiguës à son hôtel ; il les avait achetées à la mort de M. de Bautru (1666).

i. Nicolas Colbert, depuis évoque de Luçon.

Dès lors Colbert s'occupa d'augmenter la bibliothèque du Roi et d'en faire une collection digne de son nom ; il y ajouta la collection Béthune', les manuscrits de Brienne, les ornements du tombeau de Childéric, la bibliothèque de Carcavi, 1,300 volumes achetés à la vente de la bibliothèque de Fouquet, de nombreux manuscrits grecs ou orientaux acquis dans le Levant par les soins de divers voyageurs, de nos ambassadeurs et de nos consuls. Les livres ayant besoin d'être reliés, Colbert faisait aussi acheter à nos agents dans le Levant les plus belles peaux de maroquin.

C'est Colbert qui a créé et annexé à la bibliothèque du Roi le cabinet des médailles et le cabinet des estampes.

Le cabinet des estampes fut créé en 1666 avec la collection de l'abbé de MaroUes, composée de 27i portefeuilles et achetée par Louis XIV. En 1670, le Roi ajouta à son cabinet les cuivres dont les estampes forment les 23 volumes du recueil de gravures appelé le Cabinet du Roi. Ce sont ces 936 planches qui, transportéesau Louvre en 1812, ont formé le premier noyau de la chalcographie du Louvre.

Colbert transporta à la bibliothèque du Roi la collection de médailles qui était au Louvre (1667). Il augmenta le nouveau cabinet avec les médailles de Gaston duc d'Orléans', et avec celles qu'il fit acheter dans le Levant par Vaillant.

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