Colbert était, à la Fcre, auprès de Mazarin
COLBRRT.
quel je n'ai aucune estime' ». Quelques jours après, Mazarin s'étant un peu radouci, Colberl reprit son travail auprès de Son Éminence*.
A cette époque Colbcrt n'avait pas cette mine refrognée dont parle l'abbé de Choisy. Son portrait peint par Philippe de Champagne' le présente avec une figure aimable et souriante; son costume est alors celui du temps de Louis XIII, si plein d'élégance; ses cheveux sont longs et accompagnent bien le visage. Plus tard la lourde et disgracieuse perruque louisquatorzienne, l'âge et le souci des affaires lui donneront l'air grave et sévère qu'accusent ses médailles et le portrait de Mignard*. C'est du Colbert déjà vieux que l'abbé de Choisy fait le portrait suivant :
Colbert avait le visage naturellement refrogné. Ses yeux creux, ses sourcils épais et noirs lui faisaient une mine austère et lui rendaient le premier abord sauvage et négatif; mais dans la suite, en l'apprivoisant, on le trouvait assez facile, expéditif et d'une sûreté inébranlable. Il était persuadé que la bonne foi dans les affaires en était le fondement solide. Une application infinie et un désir insatiable d'apprendre lui tenaient lieu de science. Plus il était ignorant, plus il affectait de paraître savant, citant quelquefois hors de propos des passages latins qu'il avait appris par cœur et que ses docteurs à gages lui avaient expliqués s. Nulle passion depuis qu'il avait quitté le vin.