Lettres, instructions et mémoires de Colbert, VU
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afifaires difficiles^^En 1649, il est attaché au service particulier de Le Tclliet', qui le fait nommer conseiller d'État et fait signaler, dans le brevi't de cette charge, « sa capacité, son expérience des affaires, sa prudence, sa bonne conduite, sa fidélité et son affection'».
En même temps Colbert, qui avait su gagner toute la faveur de I.e-^ellier, était devenu rintermédiaire de ce ministre auprès de Mazarin, pour lequel Colbert neparait pas avoir eu d'abord beaucoup d'estime, ne pouvant
s accommoder, disait-il, de l'irrésolution du Cardinal et de l'impossibilité oii il était de s'occuper de deux affaires à la fois. Dans ces premiers temps Colbert ne plaisait pas davantage à Mazarin, qui le recevait quelquefois fort mal.
Le 23 juin 1650', Colbert informait Le Tellier qu'il s'était présenté à Son Eminence, qui l'avait reçu de la même façon que le matin, « en lui tournant le derrière », et ne lui donnant pas la liberté de l'approcher, ce qui lui fit croii e qu'il ne voulait plus qu'il traitât d'affaires avec lui. « Je vous puis assurer, Monseigneur, que toutes ces rebuffades me touchent si sensiblement que, n'était l'obéissance aveugle que je dois à vos commandements, je me serais retiré, ne pouvant souffrir qu'avec beaucoup de peine et de répugnance ces sortes de traitements, particulièrement d'un homme pour le-
1. Lettres, instructions et mémoires, VIT, iv. — Nommé conseiller d'État en 1649, Colbert fut maintenu dans la réorganisation de 1654 (VII, 338).