Lettres, instructions et mémoires, VII
COLBERT. 2 'il
M. de Chaulnes répondit :
Si je n'ai pas ressenti une joie parfaite de l'honneur que S. M. a fait à mon neveu de Chevreuse d'avoir voulu conclure son mariage avec mademoiselle votre fdle, c'est, Monsieur, que mon éloignement m'empêche de vous le témoigner moi-même ; mais du moins en tirerai-je cet avantage de me servir des lois anciennes des lieux où je suis, pour vous en donner de véritables marques, en adoptant par cette considération mon neveu de Chevreuse pour mon fils, et ne croyant pas pouvoir vous mieux témoigner que par ces marques l'estime particulière que je fais de l'honneur de votre alliance et de votre amitié, que je tâcherai de mériter par mes services.
Le 14 janvier 1667, Colbert annonçait l'heureuse nouvelle aux échevins de Reims.
Messieurs, leur écrit-il % je ne reçois aucune grâce de la magnificence royale de S. M. sans vous en informer, parce que je suis persuadé que vous y prenez part et que vous êtes bien aises des avantages qui arrivent à ma famille.
Le Roi, qui est le prince qui récompense la fidélité de ceux qui ont l'honneur de le servir au delà de leur espérance, après toutes les grâces dont il m'a déjà comblé, a voulu faire le mariage de mes deux premières filles, savoir : de l'aînée avec M. de Chevreuse, fils unique de M. le duc de Luynes; et de la seconde, qui n'a que dix ans, avec M. le comte de Saint-Aignan, reçu en survivance de la charge de premier gentilhomme de la Chambre. Et, comme si ce n'était pas assez de m' avoir procuré deux alliances si grandes et si considérables, S. M. a voulu leur servir de père, en leur donnant à chacune 200,000 livres, ce qui fait la plus grande partie de leur dot.