II. Sceaux
Seignelay était trop loin de Paris pour Colbert, devenu ministre de Louis XIV. Le Roi ayant fixé sa résidence à Versailles, il fallait que ministres et courtisans eussent leur château ou leur maison de campagne à proximité de Versailles et de Paris. Golbert acheta la terre de Sceaux.
La baronnie de Sceaux appartenait, depuis la fin du
1. Lettres, instructions et mdmoires, YII, i, uole. — J.\r,, Dicl. ait. de lAogr. et d'hist., art. CoUjert.
seizième siècle, à la famille Potier de Gesvres, dont l'un des membres, Léon Potier, duc de Tresmes, vendit, le 11 avril 1670, sa terre à Colbert pour la somme de 135,000 livres. Cette terre comprenait un château bâti pendant le règne de Henri IV et 120 arpents'. Puis, pour s'agrandir, Gulbert acheta successivement de nombreuses terres, et finit par posséder un parc de 700 arpents* clos de murs. Dès l'année de son acquisition Colbert fit démolir l'ancien château et fit construire par Perrault, l'architecte de la colonnade du Louvre, un nouvel édince,dontrarchitecture était fort remarquable. Lebrun fut chargé de la décoration des appartements; Lenôtre dessina les jardins et le parc; Girardon, Tuby et Puget firent les sculptures ; Nicolas Jongleur fut chargé de tous les travaux hydrauliques nécessaires pour donner de l'eau aux fontaines, bassins et cascades des jardins et du parc, travail difficile, car celte terre était absolument dépourvue d'eau.
C'est encore au Cabinet des estampes qu'il faut aller pour retrouver, dans les belles gravures d'Israël Silvestre, de Péi"elle, d'Aveline et de Rigaud, les vues du château et des jardins de Sceaux, presque tout étant détruit actuellement. Le plan de Champin et Cicille, gravé en 1785, donne une idée exacte de l'ensemble de cette splendide propriété.
Dargenville^'nous apprend qu'on arrivait au château