Mercure galant, juillet 168.j, p
et étonne tous ceux qui n'ont pas encore eu le plaisir de les voir. Ils les regardèrent avec beaucoup d'attention, et, comme on leur demanda s'ils n'en étaient point surpris, ils répondirent : « Non ». Ce non étonna et fut cause qu'on leurdit qu'elles passaient pour belles. Le principal ambassadeur répondit « qu'il les trouvait encore plus belles qu'on ne croyait, aussi bien que le château et les meubles ; mais que rien de ce qui appartenait au ministre de la mer du plus grand roi de l'Europe ne les surprenait, et qu'ils étaient persuadés qu'il lui était facile d'avoir tout ce qu'on pouvait s'imaginer de beau ». Il dit ensuite que, « s'ils ne louaient pas toutes ces choses comme elles le méritaient, c'était parce qu'ils gardaient toutes leurs louanges pour les beautés de Versailles 1 ». Ils furent régalés, avant que de partir, d'une superbe collation servie eu ambigu^, et ils sortirent fort contents et de ce qu'ils avaient vu et du repas qu'on leur avait fait*.
Seignelay mort, ses enfants vendirent, en 1699, le château de Sceaux au duc du Maine pour la somme de 530,000 livres. Le château devint alors, sous la direction de l'aimable duchesse du Maine, un centre littéraire fort distingué : les fêtes et les représentations théâtrales données par la duchesse étaient aussi célèbres que recherchées. Après le duc du Maine, le château appartint successivement au comte d'Eu et au duc de Penthièvre. A la Révolution, il fut déclaré propriété nationale, vendu en 1798 et démoli par les acquéreurs. Les objets d'art furent enlevés et envoyés à