Mémoires, p. 34, éd
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cette fois complètement victorieux de ses ennemis. C'est surtout pendant ces deux exils que la correspondance de Golbert avec le Cardinal abonde en détails de toutes sortes.
Alvise Grimani, ambassadeur de Venise à la Cour de France de 16G0 à 1664, dit dans sa relation':
Colbert a été commis de Le Tellier, qui connaissait son mérite et sa fidélité ; aussi quand le Cardinal eut ses revers et fut obligé pour la première fois de partir, et que lui Le Tellier resta pour surveiller les événements, ne voulant pas que ses dépêches, non plus que les réponses, passassent par les secrétaires et serviteurs du Cardinal, il lui donna Colbert pour tenir la correspondance cbilïrée et écrire les lettres secrètes. Son Éminence, qui reconnut sa grande habileté, le prit en affection et voulut dès lors le retenir près de lui ; il lui donna comme l'intendance de sa maison, et le voyant si bien s'en acquitter, il le chargea de beaucoup d'emplois. Colbert alors rétablit ses affaires à force de soins, de manière à lui faire connaître son application et son savoir-faire admirable.
Pendant le premier exil du Cardinal, on avait vendu, gaspillé, volé ou engagé la belle bibliothèque, les collections, les meubles de Mazarin, la vaisselle plate ou dorée, les batteries de cuisine ou d'office, le linge, les habits, les pierreries, les perles^ les tapisseries. Colbert chercha à recouvrer une partie de ces objets; il envoya à Sedan de la vaisselle dorée, mais on la vola en route. En même temps qu'il s'occupait du mobilier de Mazarin, Colbert intervenait dans les affaires publiques;