CHAPITRE VI
COLBERT. — SES RELATIONS AVEC LOUIS XIV. — SA ilORT.
M. p. Clément fait justement observer que l'immense correspondance de Colbert ne renferme aucune lettre intime, aucun détail sur sa personne ' : l'État, sa famille, ses enfants, sont l'objet de ses lettres"; seule, sa bibliothèque lui donne occasion d'écrire quelquefois, à Baluze surtout. Faire de Seignelay un habile ministre et un successeur de grande valeur ; tâcher de faire du jeune d'Ormoy un surintendant; accomplir son devoir avec zèle et intelligence, sont ses grandes préoccupations; ne jamais fléchir devant un travail, qui pour tout autre serait excessif, est sa règle constante ; ne manquer aucune occasion d'augmenter sa fortune ou de faire celle de ses enfants, tels sont les traits du caractère de Colbert. C'est un grand ministre; mais Richelieu est un roi.
1. On y trouve cependaut, eu 1G72, qu'il aime Jos odeurs et parfums de Rouie, et qu'il en fait venir : huiles, essences, eau de fleurs d'orauge, gants parfumés (VII, 63). — En 1673, il prie M. de Croissy, ambassadeur à Londres, de lui acheter des lunettes, '< des meilleures et des plus fines qui soient en Angleterre )), parce que sa vue commence fort à baisser (VII, 72).