‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 158 sur 183 · On venait de déclarer la guerre à l'Angleterre · texte numérisé non relu

On venait de déclarer la guerre à l'Angleterre

2. C'est Louvois, qui est fort malmené souvent dans ce mémoire.

3. Louis XIV devait envoyer quelques milliers d'hommes au roi de Pologne pour l'aider à réprimer ses sujets révoltés.

tout mon bien, j'engagerais ma femme et mes enfants, et j'irais à pied toute ma vie pour y fournir s'il était nécessaire. V. M. excusera, s'il lui plaît, ce petit transport.

11 faut donc voir s'il se peut faire des retranchements suffisants dans celte quatrième sorte de dépenses ; et, en cas que cela ne se puisse, voir ce qui se peut retrancher sur la troisième pour faire subsister les deux premières. C'est ici que V. M. me permettra, s'il lui plait, de parler avec liberté.

Elle a tellement mêlé ses divertissements avec la guerre de terre qu'il est bien difficile de les diviser; et si V. M. veut bien examiner en détail combien de dépenses inutiles elle a faites, elle verra bien que, si elles étaient toutes retranchées, elle ne serait point réduite à la nécessité où elle est.

J'entends dire que les 800,000 livres d'étapes qui ont été fournies dans les provinces, dans le même temps que les troupes ont été payées règlement, sont consommées. N'estil pas vrai que, si l'on avait laissé les troupes dans leurs quartiers, sans les faire jouer la navette comme l'on a fait par des changements et des marches perpétuelles, cette somme pourrait servir aux dépenses de l'État?

J'entends dire de plus que tous les deniers revenants-bons de l'année dernière et de la présente sont consommés en revues, en subsistances de troupes et autres dépenses qui concernent les assemblées de troupes que 'V. M. a faites. Ces deniers revenants-bons ont monté toutes les années passées à 4 ou 300,000 livres et ont toujours été fournis par M. Le Tellicr environ ce temps-ci. Je ne crois pas avoir eu tort de compter que ces deux sommes pourraient servir aux dépenses de l'État pendant ces mois-ci ; cependant tout est consommé.

Mais si V. M. était bien informée de tous les désordres que ces marches perpétuelles de troupes causent dans les provinces, combien vos peuples en sont dégoûtés, combien de paysans de Champagne et des autres frontières ont déjà passé et se disposent de passer dans les pays étrangers,

elle verrait bien de quelle importance il lui est de remédier à un si grand mal.

Outre ces deux dépenses qui sont grandes, V. M. doit considérer qu'elle a triplé les dépenses de son écurie sous prétexte que, dès lors qu'elle aura des affaires, elle la remettrait au même état qu'elle était auparavant; et si V. M. examine bien, elle trouvera que cette augmentation en livrées, en nourriture d'hommes et de chevaux, en achats, en gages, va à plus de 200,000 livres tous les ans.

Si V. M. considère son jeu, celui de la Reine, toutes les fêtes, repas et festins extraordinaires, elle trouvera que cet article monte encore à plus de 300,000 livres, et que les rois, ses prédécesseurs, n'ont jamais fait cette dépense et qu'elle n'est point du tout nécessaire.

La dépense des meubles, quoique V. M. s'en retranche, ne laisse pas de monter toujours insensiblement à des sommes assez considérables.

V. M. donne encore beaucoup de pensions et de gratifications inutiles à sa gloire, demeurant d'accord toutefois qu'il faut que V. M. donne quelque chose à ses plaisirs.

Y. M. avait augmenté la dépense de ses gardes du corps de 64,000 livres par comptant ^ et celte augmentation ne devait durer que pendant la paix ; cependant cette dépense continue et augmente.

V. M. a mis les compagnies de gendarmes et chevaulégers de Mgr le Dauphin, de la Reine, Écossais, etc., à 100,000 livres de solde chacune par an : c'est une dépense exorbitante qui n'a jamais été. Les gendarmes écossais avaient 20,000 livres de solde au plus, et les autres compagnies 30 ou 40 au plus.

Jusqu'à présent, V. M. a voulu faire assembler souvent des corps d'armée au dedans de son royaume pour en faire des revues.

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