Lettre du 18 juin
tune, et profilaient de la vénalité des charges, l'un des abus les plus scandaleux de l'ancien régime.
Dans ces mêmes années (1658-9), Colbert écrivait les lettres les plus sages à son frère Charles Colbert\^ntendant d'Alsace, et lui donnait d'excellents conseils sur toutes les parties de radministration. L'habile administrateur que l'on verra plus tard au ministère est en train de se former en formant les autres.
En 1(359, Colbert, qui s'est déjà occupé plus d'une fois des afTaires de l'État, veut y jouer un rôle important : il signale et explique à Mazarin les dilapidations de Fouquet. Le 1" octobre*, il écrivait au Cardinal :
V. Ém. trouvera ci-joint un mémoires qui m'est échappé des mains, quoique je sache bien qu'il ne contient que les ombres d'une connaissance dont V. Ém. a toutes les -lumières. S'il y a quelque chose qui ne lui plaise pas, je la supplie de le jeter au feu dès la première page. Au surplus, V. Km. verra combien il est important qu'il demeure secret.
Mais le mémoire de Colbert fut arrêté à la poste, remis d'abord à Fouquet par le directeur général des postes, M. de Nouveau, qui, ainsi que tous ses officiers subalternes et tous les autres fonctionnaires de l'État, était vendu ou entièrement dévoué à Fouquet*. Le mémoire était en réalité un acte d'accusation contre le
1. Colbert, marquis do Croissy, ministre des affaires étrangères en 1679.