‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 39 sur 183 · Le duc de Nevers, Philippe-Julien Mazarini-MaociDi · texte numérisé non relu

Le duc de Nevers, Philippe-Julien Mazarini-MaociDi

(inù', et connue je suis persuadé que c'est en votre considéi'ation principalement qu'il s'est engagé, je vous en fais mes très humbles remerciements. Il ne se peut pas rien faire de meilleure grâce que la manière dont il a accepté ce que je lui ai offert. Nous avons rendez-vous chez M. Boucherat, où nous parlerons d'affaires, c'est-à-dire de celle que vous avez bien voulu ébaucher, et pour les nouvelles, trouvez bon que l'on n'y songe que lorsque vous aurez eu agréable de nous en pousser la première lumière... Je finirai ensuite par une des choses du monde qui me lient le plus au cœur, qui est de vous assurer que, vous étant obligé à un point que je ne saurais exprimer, je serai toute ma vie, par reconnaissance, par estime et par inclination, plus qu'homme du royaume, tout à fait à vous.

La duchesse de Mazarin, qui assure Madame Colbert de ses très humbles services. Monsieur, je suis bien aise de vous assurer, dans la lettre de iuon cher mari, que je suis votre 1res humble servante .

Nous lisons dans les Mémoires de l'abbé de Ghoisy : « Colbert se vantait que Mazarin mourant avait dit à Louis XIV : « Je vous dois tout, Sire, mais je crois « m'acquitter en quelque manière en vous donnant Colce bert ». Nous n'hésitons pas à regarder ces paroles comme absolument vraies, et ce qui confirme notre opinion, c'est le testament même du Cardinal, où on lit : « A Colbert, la maison où il demeure, sans être obligé de rendre aucun compte, sur peine d'être déshé-

i. M. Berryer avait eafîu sa récompeose. Voy. p. 50. 2. Ces ligues sont de la main de la duchesse de Mazarin.

rites pour ceux qui le demanderont, et prie le Roi de se servir de lui, étant fort fidèle ».

A peine Mazarin est-il mort que Colbert est en relations directes et intimes avec Louis XIV. Chargé de la garde de l'argent disponible du Cardinal, Colbert remet au Roi une somme de lo raillions de livres' (75 millions de francs) et lui ouvre les yeux sur les dilapidations de Fouquet. Ce nouveau rôle ne peut s'expliquer qu'à la condition d'admettre que Mazarin avait «donné» Colbert au Roi.

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