‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 43 sur 183 · Voy. p · texte numérisé non relu

Voy. p

bout de quelques années, ces nialheureuK créanciers, las de réclamer leur argent ou ruinés, se décidaient à les vendre aux aigrefins, avec 90, 95 et 9ip. 100 de perte, et ces mêmes billets, achetés par les maltotiers, surintendant et autres, étaient payés intégralement par l'Épargne. C'est la banqueroute en permanence avec complication d'escroquerie et de vol. Le surintendant Servien acheta une fois pour 30,000 livres (250,000 fr.) de billets de l'Epargne et en tira 1,200,000 livres (6 millions'). Après la banqueroute de 1048, les billets de l'Épargne inondèrent Paris, et on les achetait à 10 p. 100 : Fouquet et les trésoriers de l'Épargne firent ce honteux commerce et se firent pajer intégralement ces billets. « Gela, dit Gourville dans ses Mémoires, cela fit beaucoup de personnes extrêmement riches... et ayant tous ces exemples devant moi, je profitai beaucoup )>. Nous voyons bien les enrichis : mais les ruinés !

Fouquet, pour rendre plus faciles ses opérations et éviter tout contrôle, poussa l'impudence jusqu'à placer chezlui la caisse de l'Épargne. La caisse duTrésor public était devenue la sienne.

Après la défaite de la Fronde, en 1633, Fouquet avait partagé la surintendance des finances avec Servien ; et quand celui-ci mourut, en 1639, il fut le seul surintendant, put prendre tout pour lui et agir en toute liberté. Aussi put-il dépenser par an 4 millions de livres (20 millions d'aujourd'hui), plus que Louis XIV au

Page 1