‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 45 sur 183 · Lettres, instructions et mémoires, 11, xiii · texte numérisé non relu

Lettres, instructions et mémoires, 11, xiii

Quand Mazariii mourut, Fouquet, avons-nous dit, était persuadé qu'il allait le remplacer comme premier ministre : il se trompait, Louis XIV voulant être roi de nom et de fait. Bientôt, inquiet des relations de Colbert avec Louis XIV, Fouquet se crut obligea faire quelques aveux sur « les irrégularités qu'il avait pu commettre à cause de la difficulté des temps », et le Roi, jugeant que le moment du châtiment n'était pas encore venu, feignit de lui pardonner.

Voulant gagner l'esprit de Louis XIV, Fouquet eut ridée de l'inviter, le 17 août 1661, à une fête dans son château de Vaux, et de déployer un luxe prodigieux dans cette maison plus belle que ne le fut jamais Versailles, et qui avait déjà coûté plus de oO millions de nos jours'. Il comptait pour séduire le jeune roi sur l'effet merveilleux des fontaines du parc, avec leurs gerbes et leurs jets innombrables, au milieu desquels apparut, sortant d'une large coquille, une actrice de la troupe de Molière transformée en nymphe et récitant de beaux vers à S. M. Molière devait jouer les Fâcheux, auxquels le Roi avait un peu travaillé. Un repas splendide, préparé par les soins de Vatel, allait être servi aux 6,000 invités, au Roi, à Anne d'Autriche, à Monsieur, frère du Roi, à Madame*. Le repas coûta 600,000 francs. On y vit figurer un service entier en or massif, dont 36 douzaines d'assiettes. Partout on

1. Le château de Vaux existe encore. Son propriétaire actuel l'a fait restaurer par M. Destailleurs.

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