‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 66 sur 183 · juin · texte numérisé non relu

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bien j'ai à cœur le rétablissement' de mes forces maritimes, et avec quel soin et quelle application j'y travaille ». En 1670, Colbert avait 13 millions de livres (63 millions de francs) à dépenser, et, en moyenne, son budget fut d'au moins 10 millions de livres. Aussi, en 1671, la France avait, pour entrer bientôt en lutte avec la Hollande, 196 bâtiments de toute grandeur, portant 5,500 canons et montés par 37,500 hommes, officiers, officiers mariniers, matelots et soldats \ — En 1677, les forces navales de la France se composaient de 270 bâtiments de tout rang, et de 30 galères, montés par 50,000 hommes d'équipage. — Seignelay augmentera encore le nombre de nos vaisseaux.

La marine fut confiée à Colbert dès 1661 ; mais le duc de Lionne avait une partie du service, qu'il conserva jusqu'en 1665. La tâche que Louis XIV donnait à Colbert était énorme ; tout était à organiser, à rétablir ou à créer : vaisseaux, galères, manufactures pour la production des objets nécessaires à la flotte, ports, arsenaux, approvisionnements de toute nature, équipages, officiers, solde, discipline, administration. En quelques années, à force de volonté et de travail, tout se trouva organisé, rétabli ou créé.

Les magasins de la marine étant « entièrement dénués de toutes choses », il fallut acheter dans les pays étrangers, en Hollande principalement, les marchan-

1. Louis XIV dit formellement : « le rétablissement de la marine », laissant l'honneur de sa création au grand Cardinal.

2. Cette flotte coûtait 941,184 livres par mois (4,700,000 l'r.).

dises dont on avait besoin pour construire les vaisseaux, acheter des navires, faire rentrer en Frajice les matelots (jui servaient au dehors, organiser les chantiers, attirer chez nous les charpentiers hoUandais, les plus habiles de tous, pour former nos « maîtres de hache » et leurs ouvriers, peu exercés et lents. En 1669, on créa des conseils de constructions, qui furent établis dans les grands ports pour présider aux constructions navales. Partout, àRochefort surtout, on déploya une activité prodigieuse, qui fait grand honneur à Colbert de Terron.

La flotte devait être partagée en deux grandes divisions : la marine du Levant, sur la Méditerranée, dont le centre était à Toulon avec 40 vaisseaux, — la marine du Ponant, sur l'Océan, dont les principaux centres étaient à Rochefort, avec 40 vaisseaux, et à Brest, avec 30 vaisseaux, et dont les centres secondaires étaient au Havre et à Dunkerque.

Nous avons dit qu'en 1671 la France avait 196 bâti-ments à la mer : ces forces se composaient de 120 vaisseaux', de 55 frégates et flûtes', et 21 brûlots.

On acheta d'abord à l'étranger, avons-nous dit, les ancres, les bois, les mâts, le goudron, les chanvres, les canons dont on avait besoin ; mais en même temps Colbert créait les industries qui devaient bientôt lui fournir ces divers objets. Il établissait les fonderies du Ni-

1. Dont 12 de premier rang, à trois ponts, portant de 70 à 120 canons; — 24 de deuxième rang, aussi à trois ponts, de 56 à 70 canons.

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