‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 82 sur 183 · Punt-in-aria. Les dentelles · texte numérisé non relu

Punt-in-aria. Les dentelles

2. Actuellement il y a plus de 200,000 dentellières en France.

3. La fabrique de Paris ne réussit pas; celle de Saint-Gobaiu la remplaça aussitôt, et elle est devenue la plus belle manufacture de glaces qui existe.

4. Colbert croit que plus le pays sera riche en numéraire, plus les impôts seront payés facilement, et qu'on pourra même les augmenter. Il revient à plus d'une reprise sur ce point.

écrit leurs inventions , puis les examinant bien et les trouvant bonnes, il les porto au Roi comme étant siennes* Cela lui a longtemps servi à se l'aire passer auprès du Roi comme un homme unique en fait d'inventions ; mais les yens, ayant découvert ce procédé, ne lui portent plus leurs idées.

Son Excellence s'est appliquée à développer le grand commerce maritime, celui des Indes principalement et du Levant ; il y a à Paris une réunion de délégués spéciaux, où, chaque semaine, on examine et étudie ces matières.

Encouragé par ses premiers succès, Golbert crut devoir aller plus loin et fit le tarif de 1G67 : tous les droits d'entrée furent doublés ou triplés. L'Angleterre et la Hollande, cette dernière surtout, répondirent au tarif français par une élévation de droits sur nos vins et nos produits manufacturés. De longues négociations, de plus en plus acerbes, commencèrent à ce moment; mais à la guerre de tarifs allait bientôt succéder la guerre à coups de canon.

L'acte de navigation avait amené la guerre entre l'Angleterre et la Hollande ; le tarif de 1667 allait amener la guerre de 1672. Les Hollandais avaient des prétentions intolérables. Golbert voulait que la France eût une marine marchande et devînt une grande puissance maritime; la Hollande en était irritée et prétendait être la seule à être toute puissante sur mer. Sur 20,000 bâtiments faisant le commerce du monde, selon Golbert, les Hollandais en avaient 15 à 16,000, et les Français 5 ou 600. Le Roi et le ministre voulurent, avec raison, changer cet état de choses, si nuisible aux intérêts de la France.

Le droit de 50 sols (7 fr. 50 c.) par tonneau, imposé aux navires étrangers qui entraient dans nos ports ou qui en sortaient, dans le but de favoriser nos bâtiments de commerce, atteignait surtout les navires hollandais : on leur accorda de ne payer le droit qu'une fois, à la sortie. Rien ne satisfit les exigences hollandaises. Quand Louis XIV croyait s'emparer des Pays-Bas espagnols pendant la guerre de Dévolution, la Hollande montra tout son mauvais vouloir contre la France en formant la Triple-Alliance avec la Suède et l'Angleterre, mécontentes, comme elle, des tarifs de Golbert; elle força Louis XIV à signer la paix d'Aix-la-Chapelle (1668) et à renoncer à presque toutes ses conquêtes.

Louis XIV et Golbert, indignés de la conduite de la Hollande et de son ingratitude*, se préparèrent à la guerre afin d'être les maîtres chez eux. En attendant, les deux pays se battaient à coups de tarifs : aux surtaxes imposées en France sur rimportation des harengs et des épiceries provenant de Hollande, celle-ci répondit par la prohibition des vins et des eaux-de-vie de France, et de divers produits manufacturés.

La guerre éclata en 1672 : la Hollande envahie se soumettait, et les propositions qu'elle faisait pour avoir la paix étaient parfaitement acceptables. Les brutales exigences de Louvois, ses insolences envers les ambassadeurs hollandais, la demande que la Hollande aboht chez elle, sans réciprocité, toutes les prohibitions et

1. Henri IV et Louis XIII avaient soutenu la Hollande contre l'Espagne, et, grâce à nos rois, son indépendance avait été reconnue par le traité de Westphalie.

droits établis sur les marchandises françaises depuis 1662, amenèrent un soulèvement patriotique, le massacre des frères deWitl, ravènemcnt au pouvoir de Guillaume d'Orange, l'inondation de la Hollande, la retraite de l'armée française, puis, bientôt après, une coalition contre Louis XIV, et enfin l'invasion de la France. Dans tout cela ce n'est pas Colbert qui a eu tort, c'est Louvois : et si j'approuve la guerre contre la Hollande, je blâme les fautes inouïes, les folies de Louvois, qui ont transformé la lutte contre la Hollande en une lutte contre l'Europe.

Louis XIV résista six ans, mais la France fut épuisée; le Roi fît la paix, en 1678, aux dépens de l'Espagne et garda la Franche-Comté. A ne regarder que le traité conclu avec l'Espagne, Louis XIV est victorieux ; il acquiert une grande province; mais il a signé à Nimègue autant de traités qu'il y avait de puissances dans la coalition, et, si on veut connaître la vérité, il faut lire le traité avec la Hollande, traité de commerce et de navigation. Or ce traité est tout à l'avantage des *• Hollandais ; la guerre de tarifs se terminait à leur profit.

L'article 7 dit formellement que le tarif de 1667 sera abrogé et que les droits de douane seront plus modérés. Le droit de SO sols par tonneau est conservé, mais la Hollande le fera abolir au traité de Ryswyck (1697). — L'article 13 oblige Louis XIV à reconnaître le droit des neutres, réclamé dès 1608 par la Hollande', et à admettre que le pavillon couvrait la marchandise.

Page 1