‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 86 sur 183 · Bal'dry, Introduction aux mémoires de Foucault, cxv · texte numérisé non relu

Bal'dry, Introduction aux mémoires de Foucault, cxv

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la routine, les préjugés, les abus, les privilèges, la mauvaise foi, l'improbité.

Colbert agissait d'après les principes qui dirigeaient le commerce hollandais; mais les Hollandais étaient laborieux, actifs, entreprenants, patients, tenaces, intelligents, riches surtout, et réussissaient là où Colbert s'épuisait souvent en efforts infructueux : leur compagnie des Indes rapportait à ses actionnaires 30 et 40 pour 100, quand la nôtre se ruinait. Il est vrai que la compagnie française avait de piètres agents et que sa charte de fondation lui imposait les plus étranges conditions, par exemple : l'obligation faite à ses tribunaux de rendre la justice d'après les lois françaises, principalement d'après la Coutume de Paris. Les Hollandais ne commettaient pas de pareilles fautes; ils laissaient leurs colonies se gouverner et rendre la justice d'après des lois appropriées à leur état social. Mais pouvonsnous bien reprocher à Colbert la manie de centralisation absolue et d'unité sans exceptions, quand, malgré \ l'expérience et l'évidence, nous en sommes encore plus férus qu'on ne l'était de son temps ?

Agriculture, forêts, haras.

L'agriculture était parvenue, pendant le règne de Henri IV et le ministère de Sully, à un état assez florissant, bien que le paysan en fût encore aux vieux procédés gaulois ou romains, au système des jachères, et qu'il n'eût que des instruments primitifs ; mais enfin, il cultivait, récoltait et vendait ses produits. Sully lui

avait accordé la liberté de vendre son blé à l'étranger, et celte liberté était le meilleur encouragement qu'on pût donner aux cultivateurs, Richelieu avait conservé cet état de choses : Fouquet et le Parlement' le modifièrent et prohibèrent la sortie des blés. Colbert adopta ce système, entraîné à son tour par les terribles disettes de 1662 et 1663, qui exercèrent toujours une grande influence sur son esprit, et il crut pouvoir régler par lui-même l'importation et l'exportation des blés, non seulement entre la France et l'étranger, mais entre les provinces françaises elles-mêmes. Ce que l'échelle mobile faisait de 1815 à 1860, Colbert essaya de le faire, avec bien moins de facilités. Quelquefois il permettait la sortie des blés, et bientôt la défendait : si l'état ou la promesse de la récolte lui paraissaient satisfaisants, il autorisait l'exportation ; mais le désir de nourrir les armées à bon marché ou une apparence de mauvaise récolte le décidait à défendre la sortie. Cette incertitude continuelle sur ce que l'on ferait des grains récoltés produisit une diminution considérable des terres cultivées ; on ne cultiva plus que les fonds les plus fertiles, on abandonna toutes les terres médiocres qui restèrent en friche ; la production diminua, et dans les années de médiocre récolle il y eut disette. Dès l'année 1686, l'ère des disettes régulières commença ; elle devait durer près d'un siècle : pendant tout ce temps, sur trois années, il y eut une année de disette, quelquefois de famine. Pendant ce temps aussi, le prix du blé fut tou-

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