‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 90 sur 183 · Septembre, p · texte numérisé non relu

Septembre, p

MM. de Poligny et de Visancourt, ingénieurs, et M. Cheuvrier de Briançou ont tracé un fort beau chemin pour le carosse, de Grenoble à Pignerol par le Bourgdeisan, et ils en tracent présentement un autre par Corpes et Lesdiguières. Ils en sont déjà à Chorgas et iront jusqu'à Briançon regagner le chemin de Bourgdeisan à Pignerol. Deux chariots pour l'artillerie passeront de front presque partout sur ce chemin, et les paysans auront soin, pendant l'hiver, de le tenir dégagé des neiges.

Le manque d'argent empêcha l'achèvement de cebeau travail.

Colbert faisait procéder aux travaux avec méthode; il écrivait aux intendants en 1680 :

La maxime du Roi est d'entreprendre un grand chemin et de le rendre parfait, auparavant que d'en entreprendre un autre, parce que Sa Majesté a souvent remarqué que lorsqu'on entreprend beaucoup d'ouvrages en différents chemins, les fonds se trouvent consommés sans beaucoup d'utilité*.

Colbert consacra aux travaux des routes, en 1671^ 623,000 livres (3,115,000 francs) ; ordinairement il dépensait la moitié, avec 60,000 livres pour l'entretien (300,000 francs). Ajoutons que les pays d'Étals fournissaient eux-mêmes les sommes nécessaires aux travaux exécutés dans la province ; que les octrois, les corvées et diverses impositions spéciales levées sur quelques villes ajoutaient d'importantes ressources aux fonds alloués par le Roi.

En môme temps Colbert réprimait sévèrement les

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