‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 89 sur 183 · L'un des ôcuyers du Roi · texte numérisé non relu

L'un des ôcuyers du Roi

même chose en France : il y a quelques grands hommes çà et là, qui créent, organisent et font marcher telle ou telle chose ; après eux la routine, l'ignorance et quelques intrigants désorganisent ou détruisent.

Routes et canaux.

Il est superflu, je pense, d'exposer longuement rutililé ou la nécessité pour un pays d'avoir unréseau de bonnes routes etde voies navigables: iln'yariendepossible sans chemins en bon état. Henri IV avait créé, en loD9, la charge de grand voyer de France en faveur de Sully, qui, en 1608, disposait pour les travaux des routes d'un budget d'environ 20 millions de francs\ Après Henri IV, travaux et projets furent abandonnés, et le budget des chemins était à peine de 100,000 livres (500,000 francs) à l'arrivée de Colbert aux affaires. Les voies romaines, si solides, avaient disparu faute d'entretien; les routes nouvelles étaient détestables et étroites, parce que les riverains s'étaient approprié une partie de leur surface; leur parcours avait même été modifié suivant le caprice ou l'intérêt de quelques personnages ; de très nombreux péages, qui remontaientaux temps féodauxouàl'époque romaine, étaient perçus sur les chemins royaux, sur les ponts et sur les rivières. Le commerce, l'industrie,

1. 3,594,527 livres. — On peut voir dans Tatlas de Sanson la carte des routes de France et juger ainsi de l'œuvre de Sully. Tous ces grands chemins étaient bordés d'ormes, dont quelquesuns existaient encore en 1830, sur la route de Paris à Lyon^ et étaient appelés des Rosny.

l'agriculture, les armées ne pouvaient s'accommoder d'un pareil état de choses, qu'il fallait absolument changer.

Colbert supprima, après mille difficultés et les résistances les plus opiniâtres, la plus grande partie des péages et employa toutes les ressources disponibles au rétablissement et à l'augmentation des chemins ainsi qu'à l'amélioration des cours d'eau.

Certes Colbert n'est pas seul pour accomplir la prodigieuse besogne dont nous exposons seulement les traits principaux; mais c'est encore faire son éloge que de dire qu'il a su choisir, diriger et forcer à agir, sans jamais se relâcher, les intendants des généralités et de la marine, qui ont été ses plus précieux auxiliaires.

On fît faire les travaux par des entrepreneurs, après adjudication au rabais; on surveilla avec soin leur besogne, qui devait être non seulement bonne, mais éternelle si c'était possible.

Le plan général du réseau de Sully fut conservé : réunir les provinces à Paris, capitale du royaurne et « centre de toute la consommation », ouvrir des routes qui conduiraient aux A'illes maritimes, « lieux d'un grand transport et d'une grande consommation », enfin, construire et bien entretenir les routes militaires de Champagne, Lorraine et Alsace, qui conduisent aux frontières. On commença aussi une roule militaire dans les Alpes, qui est, je crois, la première qui ait été ouverte. On lit dans le Mercure galant de 1680' :

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