I . Prince, trois jours ne Tueillez m'escondire
Pour moy pourvoir, et aux miens adieu dire; Sans eulx, argent je n'ay, icy ne au changes. Court triumpbant, bien laisant sans mesdire; Mère des bons et lear des benoiatz anges.
rases les plus variées, le repas auquel ils sont sur le point de renoncer. En un tnot^ l'auteur des Repues franches le dit bien haut :
C*estoit b mère nourricière De cenlz qni n'avaient point d'argent :
A tromper devant et derrière, Eatoit un homme diligent ^
Nous ne pensons pas qu'on puisse assigner à cette période si besogneuse de la vie de Villon, -«- la période des repues frandies, — une autre date que celle de Tannée 14^6 (n. st.), et nous nous fondons sur deiox faits indiscutables, à notre avis. Le premier, c'est qu'avant le meurtre de Philippe Sermoise, Villon lie s'était rendu coupable d'aucun délit dont la justice pût s'émouvoir; le second, c'est que dans le laps de temps qui s'écoula entre son départ pour Angers (décembre i456) et sa prison de Meung**sur-Loire (i 461), il ne semble pas être revenu dans la capitale, si ce n'est peut-être comme prisonnier. Ces deux raisons doivent suffire, car il ne paraît pas qu'après sa délivrance par le roi Louis XI, Villon eût pu mener une exbtence irrégulière à Paris, alors que la police parisiennt, instruite de ses antécédents judiciaires, ne pouvait manquer d'avoir l'œil sur lui.
Cependant, ces habitudes d'escroc poussé par le
1. Le Reeuùl des repues fian^ves, qfni, à partir de i532, figure dans toutes les éditions des ttuvres de Vilkm à Texception de la première des éd i t fa m s déttnées par Marot.
VRAHÇOI» VlU/Oli §f
besoin- . d'un* «repa» paraissent foH étranges de 4a part; d'un homme qui, comme Villon, était a£Glié à tme bande de malfaiteurs dont les besoins matériels devaient être amp)ement couverts par le produit d'expéditions fréqu^ites et productives. On se souvient, en effet, que chacun des membres de cette association dut avoir une centaine d'écus de l'argent de frère Guillaume Coiffier; qu'une somme aussi forte lui fut attribuée à la duite de Texpédition au collège de Navarre ; enfin que le larcin projeté a.u détriment du religieux d'Angers aurait amené une recette à peu près semblables Sh midgré cela» medtre François était souvent ijédtdt à inventer les roses leS' pks diverses pour satisfaire son «estomac, il est de toute nécessité d'admettre { que l'argent n'habitait pas longtemps dans sa bott^ gette. Du reste, lui-même reconnut, dans sa Ballade de bonne doctrine à çeuht de mauvaiie vie ^ que l'argent acquis par des moyens déshonnétes ne porte aucun profit :
Où «n ya Tac^est? Que cuidex ?
Tout aux tayeriMss et aux filles.
Il ne powait guère en être antrement pcnur Vition, qne dévorait alors une flamme amoureuse dont 'les rigueurs de la belle augmentaient encore l'intensité : La plus grande partie de l'or que le jeune maître es** arts se procurait par des voies crimineQes passait sans dottte dans les mains à» Catherine de Vaasaclks* Le
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poète prétend en effet, qne sa maîtresse n'ahnak irien tant que V argent : . .' ■<
Item, m'amour, ma chère Rose,
Ne lay laisse ne cuer, ue foye;
Elle aimerait mieubc aatre chose . *
Combien qu'elle ait assés monnoye. -i
Quoy? une grant bource de soye
Plaine d'escuz, parfonde et lai>ge;
Mais pendu soit-il, qne je soye,
Qui luy lairra escu ne targe.
Car elle en a, sans moy, assés *.
Et, lorsque dans un moment de jalousie, il suppose l'existence d'un rival préféré , il insinuie que le principal mérite de celui-ci est de faire entendre plus fréquemment le son de F argent :
Comme mon povre sens consoit.
Antre que moi est en quelongne.
Qui plus billon et plus or songne.
Plus jeune et mieulx gamy d'umeur K •
Cette manière d'envisager la situation de Villon en 1 456 est, du reste, la seule qui permit de justifier les récriminations de Villon contre l'amour, responsable, à son avis, de tous les maux qu'il endura jusqu'en 1461. Ainsi, ce fut peut-être pour satisfaire aux fan-