‹ Étude biographique sur François VillonChapitre 25 sur 73 · I. Grand Testament, huit · texte numérisé non relu

I. Grand Testament, huit

a. Petit Testament, huit. 7. La leçon que nous donnons ici n'est fournie que par un seul des trois manuscrits du Petit Testament qui donnent . ee huitain, inconnu à toutes les éditions anciennes, et

PAÀNÇOIS VILLON ' 69

taisie» de la jeuiie « damoiselle, 9 ce: fat sans doute Umt aumoiilB pour toucher le cœur de la belle insensible par de: ridies présents, que maître François se laissa entr^âser à ce(te série de vols que nous révèle rinterrogatoire de Guy Tabarie.

• Ce denoel» • document ne- nous apprend pas quels fureol les imtiatêuré du poète dans eette voie d'opprobres, et on ne les connaîtra peut-être jamab d'une mamère positive. Il y a tout lieu de supposer cependant que kl mauvais génie de Villon fut Ck>lin de €aye1ix, l'habile > crocheteur que Tabarie rencontra plusieurs fois dans la compagnie de maître François ^. On- peut aussi compter, au nombre des plus dangereuses liaisons de Villon, celle qu'il contracta avec un autre écolier parisien, Régnier de Montigny. Colin et Régnier jouissaient l'un et l'autre de la plus triste

elle résulte sans doote d*aiie comcdoii. Suivant le manuscrit de Paris (1661 du fonds fran^is) et le manuscrit de StockluJm, Villon aurait écrit :

Autre que moy est en queloingne,

Dont oncques soret de Bonloingne

Ne fiit plus altéré d'humeur Remarquons à ce prc^KM la singulière méprise de Prompsault, qui a lu dans le ms. de Vm» foret au lieu de torei (hareng). Le Tcrs de Villon n*ayant dès lors ancnn sens, M. Paul Lacroix a cru pouvoir ranamra: le vers de cette façon :

One loup en forest de Bouloingne et dit en note (p. la de l'édition de la Bibliothèque Elzévirienne) : • Ce vers prouve qu'il y avait encore- des loups dans la forêt, c'est-à-dire au bois de Boulogne. »

I. Voyes rinterrogatfiire de Guy Tabarie sous le n* X des pièces justificatives de ce volume.

70 PKAicçom rniAm

réfKitatîoB; tooii deiuL torminèrent kwt e)dAeBo».ftm gibel ^, et le poète rappelait en 1 461 leur sofft funeste dans le» vers qa'il adressait aux. • eiùbmtâ perdiia« > On se $ait pas exactement à quelle époque renon*tent les premières relations du maUieureikx poêle 9Néc tes dett2i misérables; mais si l'oo observe que L'un des chanoioes de Saintr^Benott-lerBétoumé^ eu t^mps^de radalescenoe de Frauçois deMontcorbicar» était miûkre Etienne de liontigay '; si l'on remarque, d'auHre parti que vera la même ^>oqQe» Hcolasi de Cayen était le nom d'un habitant de la m^ deà Pwée^ % située à peu de distance au sud de âaintfAienoit». <^ sera tenté de croire que VîUon connujt Régnier et Colin dès son enfance, celui-ci demeurant . aanadonlp ohefl son père I celui-là peuirétre ches son onde le

I. Voyez la « beUe leçon de Villoii aux enfimts perdus » (iÉn>pbe I'*), «t 1a faaUide du Jargon (strophe »)..

a« Éfckaoe de Montigay, docteur os décrets, chanoiiie de Saint- Benoît et curé de Ck>lombes, au diocèse de Paris, est iréqveiBHMnt nommé dans les titres relatifs an. chapîjkre de Saint-Benoit, datant de la fin du règne dt Charles VU. On consenre encore dans les archives de cet établissement (AxchitM nationales , S. 891 b) un esUrait dn. testament d'Élienne de Montigny, rédigé le 18 jamrier 1460, et portnt don au ehapitre d'une maison sise an dottre^ devant le puits, à rimage de Saint-Étienne.

3. Voyez au f* 1 16 recto du « cartolaire de la cotwnmMiuté- de Sainct-Benott, feict l'an mil 467 » (Archives nationales , LL. 557), l'inventaire des titres de « l'ostd qui fut Nicolas de Cayedix en la me des Povrées s ; il est enowe fait mention de cette maison au f* 121 r*> du même volume. Inutile, aans doute, de reppder qne le nom de Colin de Cayeux^ le complice de Villon^ n'est qn'nne forme fiunîHère de celui de Nicolas.

VaANÇOIS VIUiON 71

cbanome, et que plus lard, par faiblesse de caractère, Françob aa put 9e défendre de les huiter» même après que leur fréquentation fut devenue compromettante*

L'nn de ces deux perscomages, Régnier de Mcmtî*gny, appartenait à une lumorable famille, qui possédait différents ûefs aux environs de Paris; aussi le voiNm qualifié k n<rf>le homme, » au cours du Petit Teatame^l ^* Il était né à Bourges vers 1429 et avait, par conséquent, environ deuj: ans de plus que Villon. Son père, Jean de Montigny, fidèle au dauphin Charles, avait quitté Paris lors de l'entrée des Bour^ gnignpna en s 418 et n'y rentra qu'avec son souverain a|>rà8 la réduction de la cq>itale en 1 436. A son office de pannetier du roi, il joignit alors la charge d'élu de la ville de Paris; mais la mort ne tarda pas à le sur-* prendre et U laissa, outre sa fenune Colette de Vaubo- Ion, un fils et deux filles, issus d'u9 premier mariage et fort jeunes encore, dans un état voisin de la misère. Il possédait encore cependant quelques revenus féodaux, car son fils vendait, en i4^S, à Lubin Kaguier, un fief connu sous le nom de « fief de Montigny, » et qui était assis «ur le moulin de Bures, près d'Orsay K

Régnier, que les registres judiciaires qualifiaient de

I. FetU Testament, huit. i8. — Cest sans doute la noblesse de Régnier de MontigH/ qui porta Villon à lui l^pier trois chiens; neuf antres sont aussi donnés, dans U huitain soivant, an aeigoeor de Grigny.

a. Jules hàir, Histoire de la seigneurie de Bures (Mémoires de la Société de Thistoire de Paris et de rOo-d^France, t. II» p. 904).

72 FRANÇOIS 'vnxoir

clerc, contracta de dangerenses Maisons et fat arrêté plusieurs fois. En août 14^2» il était condamné an bannissement par une sentence du prévôt de Paris pour avoir, une certaine nuit, en compagnie de deux autres garnements, rossé deux sergents du guet à la porte de «c Tostel de la Grosse Margot ^, » dont Vilkm connaissait si bien l'enseigne qu'elle lui fournit le sujet d'une de ses ballades. Il fut aussi emprisonné à Rouen, à Tours et à Bordeaux. A Poitiers, Régnier commit une escroquerie digne de Patelin : il y acheta pour vingt écus de drap et se lit donner par le marchand vingt autres écus, ne lui laissant en retour qu'une boîte où il disait avoir mis vingt nobles. A Paris, il jouait au jeu de la marelle et fut poursuivi comme pipeur. Enfin, compromis dans une affaire plus grave, le meurtre de Thévenin Pensot, commis dans une maison du cimetière de Saint- Jean-en-Grève, il obtint une lettre de pardon. Rendu plusieurs fois comme clerc à l'évéque de Paris, il ne tardait pas à recouvrer la liberté. Mais la justice se lassa de retrouver toujours sous sa main co pécheur incorrigible. Dans l'année 14^7» c'est-à-dire peu de temps après avoir aliéné le fief de Montigny, le dernier débris, peut-être de l'héritage paternel, Régnier participait à plusieurs vols sacrilèges, faisant le guet pendant que ses compagnons enlevaient deux burettes d'argent en

Page 1