I. Voyex plus loin, pièces justificatives, n* XVL
78 FRANÇOIS YILLON
croire que le complice de Colin de Cayeux fut banni de tout le royaume, car, dit-il, a il est assez étrange <c que Villon, qui déplore si vivement d'être exilé de « Paris, n'ait pas exhalé ses plaintes en se voyant <c chassé, non-seulement de Paris, mais encore de «c France. 9 Nous avons aussi incliné jadis vers œ sentiment; cependant, aujourd'hui, il nous semble peu raisonnable de croire que l'amant de Catherine de Vausselles n'ait pas été banni du royaume. En effet, pourquoi la cour eût-elle prononcé contre Villon une sentence qui lui aurait seulement interdit le séjour dans le territoire de la prévôté de Paris, puisqu'un nouveau délit, commis par l'exilé dans le vaste ressort du Parlement, pouvait le ramener devant elle *. Est-il même croyable que le Parlement ait jamais prononcé une telle peine, lorsque nous connaissons, sous le règne de Louis XI, un arrêt d'une juridiction aussi peu étendue que celle du prévôt ée Paris, bannir du royaume de France deux femmes convaincues de faux-témoignage ^.
Nous admettrons donc, jusqu'à preuve du contraire, que Villon fut banni de France et qu'il dut gagner la frontière. Mais, de quelque côté qu'il se dirigeât, au nord, à l'est ou au sud, il lui fallut saiM doute encore un temps assez long pour sortir du