François F'illon, sa vie et ses œuvres, p
2. Voyez la Chronique scandaleuse à la date du ii mars l477 (v. st.). #
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royaume^ si toatefob il en sortit ^. Aucune ncmyelle sentence n'intenrint sans donte, à son égard, avant-ie printemps de Tannée 14619 et cependant nous le retrouvons à cette date an centre du royaume» dans l'Orléanais 9 participant évidemment à quelque nouveau méfait, car alors les portes de la prison épbcopak de Meung««nr-Loire se fermèrent derrière loi.
Dans l'état actuel des recherches sur Fauteur des deux Testaments, il n'est guère possible de dresser l'itinéraire du malheureux poète depuis son expulsion par le Parlement jusqu'à son emprisonnement à Meung. Ce qu'on sait des pérégrinations de Villon se borne alors à quelques noms de lieux, à quelques indices laborieusement relevés dans ses vers, et encore ne saurait-on distinguer avec certitude ce qui se rapporte à l'époque qui suivit immédiatement la composition du Petit Testament, c'est-à-dire à l'exil volontaire de msdtre François, de ce qui se rattache à son exil juridique.
I. On voit, par un passage de la Ckroniqme seandtUense, que lej bannis n'étaient guère surreiUés et qu'ils cheminaient en toute liberté. C'est ainsi, par exemple, qa'oa y raconte le départ, pour l'exil, d'un ^rédieatenr corddiier des plus popnlairea à Paris : « Et le kmdy, pnaàer Jour de juin, audit an (1478), par le premier président 4e Parlement et autres qui se disoient aroir charge du roy, (ut dit et dedairé audit frère Anthoine Fradin qu'il estoit à toui^urs banny du royaume de France et que, pour ce fidre, il Tuidast incontinent et sans arrester hors d'iceUuy royanlme; ce qu'il fist.
Et Tuida le lendemain de ladite ville de Paris Et y en «nt pfai-
sieiu's , tant honmies que feomMs, qui le saÎTirent hors de la ville 4e Paris, jnaques ïAn 1oing,%»t puis après s'en retoomeNDt. *
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C'est cependant bien plus yraisemblablement durant la première de ces périodes qne Villon résida dans la partie septentrionale du Poitou, vers les limites de la Bretagne et de rAnjou. Le séjour du poète à Saint- Géneroux, près Thouars, ou dans tout autre localité de cette région, où il aurait connu les deux, dames qui lui enseignèrent le langage poitevin ^, se rattaclie probablement, en effet, au voyage d'Angers, entrepris, on s'en souvient, dans une intention criminelle*
Il est moins facile de classer la visite probaUe de Villon au duc d'Orléans, qui sans doute habitait alors un de ses châteaux des bords de la Loire , et la participation du chantre des Dames du temps jadis à un concours poétique ouvert par le duc d'Orléans : la
I. Les ancieimes éditions du Grand Testament (hnitaiii 94) donnent :
Filles sont très belles et gentes,
Demourans à Saint-Genou
Près Saint-Julien-de-Voventes,
Marches de Bretaigne ou Poitou,
Mais je ne dis proprement où ;
Or, y pensés trestous les jours.
Car je ne suis mie si fou!
Je pense celer mes amours.
Mais il y a une fieiute évidente dans le second vers de cette strophe, trop court d'une syllabe, et certains éditeurs ont cra pon^ Yoir y remédier en traitant demourans (ou demourant)^ cùOÈMtke adjectif : de là le vers « Demourantes à Saint-Genou » qu'on trouve dans les éditions modernes. La bonne leçon ,
Demeurant à Saint-Generou se retrouve dans le manuscrit de Stockholm, et l'auteur do manuscrit de l'Arsenal en a conservé quelques vestiges dans la forme « Saint-Gueroo » qu'il adopte. D e$t aisé de comprendre qne les
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ballade que Villon composa à cette occasion renferme an vers :
En mon païs suis, en terre loingtaine '
oà Ton a vouln voir une allusion à son bannissement. On ignore si la ballade de Villon, qui est transcrite, ainsi que celle de ses concurrents, dans les manuscrits des poésies de Charles d'Orléans, attira sur le malheureux fugitif la commisération du duc. C'est, du reste, le seul document certain qui constate entre les deux poètes des relations que l'on a sans doute beaucoup exagérées ^. On ne peut nier, cependant, qu'un
anciennes éditions dérivent d*un manuscrit où l'abréviation "»^fyk de Gen[erJoa avait été omise.
Le vàlage de Saint-Géneroux (Deux-Sèvres, arr. de Parthenay, cant. d*Airvauh), quoique enclavé dans le Poitou, dépendait de l'Anjou (Voyez la carte de Cassini). Mais l'indication topographique que Villon ajoute au nom de cette localité : Près Saint-Julien de Voventes Marches de Bretaigne ou Poitou est quelque peu inexacte, car une distance de vingt-six lieues, an moins, sépare Saint-Géneroux de SaintJuUen-des-Vouvantes, bourgade de l'ancien diocèse de Plantes (auj. chef-lieu de canton de l'arrond. de ChAteauluiand, Loire-Inférieure), non loin de la Jimite de l'An«> joa. Ainsi les mots c marches de Bretaigne « s'appliqueraient k Saint-Julien, et ceux-ci « en Poitou, > se rapporteraient à Saint- Géneroox; il ne semble pas, du reste, que Villon doive être accusé ici d'ignorance géographique, puisqu'il annonce Pintention de dépister ses lecteurs.
I. PiofiUet, J)e la vie et dêê cuivrages de François FiUon, p. ay.
a. Suivant une opinion adoptée par M. Campaux {François FiUom, sa vie^ ses œuvres, p. io5) et par P. Jannet {CSmres complètes de FiUon, p. x), le succès de l'iq^pel an Pariement aerût dû, sans doute, à l'intHrention dn doc d'Odéens, que YiDon aurait
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des vers de l'envoi semble indiquer qu'autrefois ^ Vijlon avait touché des gages chez le duc d'Orléans et qu'il en désirait le rétablissement ^ •
Les courses de Villon ne se bornèrent pas à l'Anjou, à l'Orléanais et au Poitou. Une strophe du Grand Testament nous permet de marquer une de ses étapes ^ .le long de la Loire, en Berry, car c'est évidemment une épitaphe naïve, icomme il y en avait quelquesunes alors, qui lui a fourni le nom de « Michault, le
imploré à Poccasion de la naissance de sa fille Marie (19 décembre 1457). Elle s'appnie sur un petit poème, le Dit de la naissance Marie, dont l*aateiir, qui signe : Votre povre escalier Francoys, attribue à la naissance de la jeune princesse son rappel à la vie. Ce poème , extrait d'un ms. des poésies de Charles d'Orléans, se rapporte certainement à la naissance de Marie d'Oriéans, et non à celle de Marie de Bourgogne, comme l'avait supposé Prompsanlt en publiant cette pièce pour la première fois à la suite de son édition de Villon; mais il est difficile de croire qu'elle ônane de notre poète. Nous pensons avec Daunou [Journal des savons, x83a, p. 558-559), ®^ ''Uiva avons été heureux de voir des critiques estimés partager notre sentiment (Gaston Paris, Revue critique cthis' toire et de littérature y t. XIV, p. 196; et Tamisey de Larroque, Revue des questions historiques, t. XFV, 1873, p. 253-a54)» nous pensons donc qu'il faudrait des preuves beaucoup plus positives que les mots : « Votre povre escolier Françoys, » pour attribuer à ViUon « des vers où l'on ne retrouve pas un seul de ces traits originaux, piquants ou satiriques qui caractérisent ses véritabk» productions, même celles où il loue et remercie ses bienfidtenrs. a An reste, il nous semble que l'intervention du duc d^Orléans n'aurait pu être d'un grand poids pour le succès d'un appel et que le Dit de la naissance Marie doit bien plutôt être attribué à on éooUer qui, condamné ou menacé d'une grave condamnation par la justice ducale, aurait obtenu du duc, à l'occasion de la naissance ' de Biarie d'Orléans, des lettres de rémission semblables à celles que le roi délivrait par droit de joyeux avènement.