Ihid., t. I, p. 3o
4< Item, sera leseneschal.
Qui nne fois paia mes dettes, En recompense, mareschal Pour ferrer oes et canettes.
Je lui envoie ces sornettes Pour'soy désennuyer; cmnbien.
S'il veuH, fiKe-en des alomettes.
De bien chanter s'ennuye-on bien.
{Grand Testament, buitain i3o.) La aeconde partie de ee buitain semble indiquer que ViHon envoya nne copie de son Testament au s é n é c hal.
66 FmANÇOIS VILLON
Toutefois, si le poète reçut des marques de la Inenyeillance des princes de la maison de Bourbon, il ne se fixa pas auprès d'eux : il revint dans l'Orléanais, oà nous le trouvons, durant l'été de 1461, prisonnier de l'évéque d'Orléans à Meung-sur-Loire. On ignore les motifs de ce nouvel emprisonnement ; mais si l'on remarque la proximité de Meung d'un lieu dont Villon signale la fréquentation comme dangereuse aux enfants perdus, on ne doutera guère qu'il n'ait commis un délit, un vol probablement, aux environs de Montpipeau, forteresse isolée située à dix kilomètres au nord de Meung ^. Dans cette hypothèse, on pourrait le considérer comme le complice de Colin de Gayeux qui, moins heureux que lui, en raison sans doute de sa plus grande culpabilité, fut condamné au dernier supplice.
Une nouvelle opinion s'est fait jour à ce sujet, mais d'une façon inconsciente, dans un récent ouvrage sur l'Orléanais. Suivant M. l'abbé Patron, chanoine de l'église cathédrale d'Orléans, l'emprisonnement de Villon à Meung aurait été motivé par un vol commis au détriment de l'église de Baccon, village situé à six
I. La situation de ce lieu, qui joua un certain r61e dans les guerres du xt' siède, ne paratt pas avoir été connue des auteurs qui ont étudié Villon; ainsi M. Paul Lacroix {Œuvres complètes de F'illon, p. 166, note 6) suppose, en raison du rapprochement des noms de Kueil et de Montpipeau chez notre poète, que Montpipeau est, soit Loureciennes, soit la Malmaison.
kilomètres de Montpipean ^. Mais, malgré toutes les démarches auxquelles nous nous sommes livré, il nous a été impossible de trouver l'origine de cette assertion. Les renseignements que M. l'abbé Patron donne sur le village de Baccon lui ont été fournis en 1859 par M. l'abbé Léveillé, alors curé du lieu; malheureusement M. l'abbé Lé veillé ne se souvient pas oà il a puisé le fait relatif à Villon, s'il en doit, par exemple, la connaissance à des documents d'archives, à un ancien écrit sur Baccon ou à une tradition craie qui, dans tous les cas, ne pourrait être regardée comme une tradition populaire. En outre, il dit simplement que Villon fut arrêté « pour vol » à Baccon ^; aussi est-il possible que M. l'abbé Patron n'ait spécifié la nature du vol qu'après avoir lu l'article que Prosper Marchand a consacré à notre poète dans le Dictionnaire historique publié en 1758 et 17^9, et où cet auteur suppose que le crime dont Villon s'était rendu coupable était en un vol de sacristie ^. Quoi qu'il en soit, le vénérable chanoine croit aujourd'hui en
I. > Le poète Villoii, pour aroir volé l'église de Baccon, fut mis en prison à Meung, et relAché par ordre du roi Louis XI » (Patron, Recherches historiques sur V Orléanais, 1871, t. I, p. ^^^).
a. Noos ponvons, grAce à Tobligeance de M. l'flbbé Patron, citer id les propres paroles de M. Pabbé Léreillé : > C'est à Baccon que fut anété pour vol le poète Willon, d'Anvers fsicj, cité par Boilean. Il fut incarcéré à Meung. Louis Onze lui fit cependant grâce de la vie. »