‹ Étude biographique sur François VillonChapitre 38 sur 73 · LES LÉGATAIRES DE VILLON · texte numérisé non relu

LES LÉGATAIRES DE VILLON

Dès le temps de Clément Maipt, on ne comprend [dus les aUnslpp^ de Villon. — I^'offlciailité. — La ballade composée pour le prévôt de Paris. — Le Châtelet. — Le Parlement. «- Le Tréaor royal. — Les élus. — Les échevins. — Les bourgeois. — Les écoliers contemporains de Villon. — Frère Bande de la fiSare. — Les gens de métier.

Si les deux Testaments de Villon, après ^avoir été très-souvent réimprimés de 14^9 à i542, sont tombés ensuite dans une sorte de discrédit, on ne doit pas uniquement l'attribuer à la vétusté du langage : on en trouve une meilleure raison dans la présence de nombreuses allusions qui cessèrent d'être comprises avant cinquante ans. Clément Marot Ta vivement senti; aussi, après avoir rendu toute justice à l'éminent talent du poète dont il publia une édition en i533, fait-il cette judicieuse réflexion : « Quant à

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« l'industrie des laijs qu'il fait en ses Testamens, pomr « suffisamment la congnoistre et entendre, il ^avldroît « avoir esté de son temps à Paris, et avoir congnen ft les Heux, les choses et les hommes dont il parle : la « mémoire desquels tant plus se passera, tant moiiM c se congnoistra icelle industrie de sez lays dîclz. m Pour Geste cause, qui vouldra faire une qbuvto de c longue durée ne preigne son soubject sur telles m choses basses et particulières » ^. U importe de rap* procher ce jugement de poète de celui d'un émdît de la seconde moitié du xvi* siècle, du président Fauchet, qui, après avoir discuté l'origine du nom de Villon, igoute : c J'ay fait eeste escapade pour la « mémoire de Vuillon, un de noz meiUeurs poètes « satyriques, duquel si nous sçavions bien entendre la « poëde, nous desoouvriroit l'origine de fJnsitmrs « maisons de Paris et des particularités de ce temps^ « là ». »

Nos recherches dans les archives du xv* siècie nt

nous ont toiqoiirs pas mis en état d'expliquar « 14n-

-diisirie » des legs de Villon, mais il est probable q«e

des recherches ^atreprises en ce sens avant la Révo^

luiion auraient produit de meiUeurs résultats 3. Néaof-

I. Épttre de « dément Marot, valet de chambra da roy aux lecfenn >, dans Pédkioii de i533. Cette épitre est «Boen npvMknle de nos joors par les éditeivs de Villon.

a. Origmes des chevaliers, armoiries et hirmmac, dans les Œwres àùfem M, Claude Fameket, MMon de 1610, f« 509 r*.

3. Pttrmi les doeoments détroits à cette époqœ et qui anmieBt ^

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moins nous sommes parvenus à constater T existence et la position d'assez nombreux personnages nommés dans les Testaments.

On comprend sans peine qu^un grand nombre des légataires de Villon aient été des gens de robe appartenant aux différentes juridictions devant lesquelles il fut traduit : l'officialité de Paris dont il relevait comme clerc, le Châtelet où il eut affaire comme parisien, et le Parlement auquel il en appela. Ses rapports avec la justice ne sont pas' œpendant les seules causes de la mention de ces magistrats : plusieurs d'entre eux étaient ou pouvaient être des amis de Villon, devenus, comme il le dit lui-même, « grans seigneurs et maistres ^. »

L'officialité de Paris fournit au moins trois noms à notre testateur; ce sont ceux de Jean Cotard, son « procureur en court d'église » de « maistre Françoys, promoteur, de la Vacquerie 9, et de Jean Laurens.

Le premier est devenu célèbre par la ballade ou oraison que le poète écrivit pour son âme, appelée* à ce propos « l'âme du bon feu maistre Jehan Cotard » *. Il y a tout lieu de croire que cette ballade, qui nous montre en son héros un buveur émé-

étre consultés avec profit, on pent citer les nombreuses séries de comptes qui furent mises an pilon en 1791.

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