Grand Testament, huit
FRilNÇOIS VILLON III
1474, puis celle de greffier-receveur de la ville de Paris de 1474 ^ i5oo. On a récemment démontré quMl fut l'inspirateur, sinon Fauteur, de la Chronique du roi Iiouis XI, ordinairement désignée sous le nom de Chronique scandaleuse ^.
« Sire Colombel » , que Villon indique comme devant être un de ses exécuteurs testamentaires, était aussi élu de Paris à la date de 1454 ^. Guillaume Colombel devint ensuite conseiller du roi, mourut le 4 avril 1475 et fut enseveU aux Cordeliers de Paris ^. Il avait épousé Isabeau de Cambrai, fille d'Adam de Cambrai, premier président, dont il fut séparé de iûens par un arrêt du Parlement en date du ^ mai 1465, à la suite d'un procès scandaleux qui convainquit Isabeau d'adultère et de détournement des de-* nkrs de son mari ^.
On trouve dans le Grand Testament trois personnages ayant rempli antérieurement les fonctions d'échevin. Ce sont Jean de Calais, Michel Cul-d'Oe et Nicolas de Louviers.
Le premier était « un honorable homme » qui, en
I. Aog. Vito, La Chroniqne de Louis XI, dite la Chronique seandaleuee, faussement attribuée à Jean de Trojres, restituée à son véritaMé auteur. (In-S**, Paris, tibrairie des bibliophiles, 1873).
a. ArchÎTes nationales, X** aâ>.
3. Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse de Parist édit. Cocheris, t. III, p. 463.
4. L'arrêt du Ihirlement se trouve dans le registre X^. 34 des Ar-
lia nUNÇOIS TILLON
14619 n'ayait pas vu Villon depuis trente ans et ne savait pas son nom ^, ce qui revient à dire qu'il ne le connaissait nullement. Les commentateurs l'ont coii«* fondu à tort avec un poète de même nom qui passe pour être l'auteur du Jardin de plaisance* Jean de Calais, auquel Villon donna plein pouvoir de remanier son Testament, était un riche bourgeois de Paris qui, compromis au mois de mars 1460 dans une fxm* spiration ayant pour but de délivrer la capitale de la France du joug anglais, fut emprisonné et n'échappa à la mort qu'en obtenant des lettres de rémissîoii, payées sans doute par de grosses sommes d'argent '• Dix années plus tard, c'est«<à-dire quatre ans après la reddition de Paris au roi Charles VII, Jean devint F un des quatre échevins de la ville 3. Nous le retmavoQS ensuite plaidant en janvier 1 45a (v. st.) en la Tonmelk
chives nationales, f^ i45 r« à i53 v*. — C'est à tort que la Cfaronlqae seandalease rapporte le procès d'fsabera dis OniAw i i à une date postérieare d'un an.
1 . Pour ce que scet bien mon entente I«]ian de Calais, hoaerable homme.
Qui ne me vit, des ans a trente, Et ne scet comment je me nonune
(Grand TestmmêtU, knit. ido).
2. Les lettres de rémission, transcrites dans deux regbtres du Trésor des chartes (JJ. 174, pièce 353 ; JJ. X75,piècei) ont été publiées par M. Sterenson, dans les Letter* and papen illurtrative of the wars 0/ the En^ish in France during the reign of Henri the Sixth (t. I, p. 34-5o) et il eo a été récemment question dans le BaUetm de la Société de /THistoire de Parie et de PIlc'de^Fnmce, t. II, p. 73 et 77.
3. Lazare, Dictionn. adm. et hist. des rues et monuments de Paris, a* édition, p. 69.
FRANÇOIS VILLON IlS
da Parlement contre Denise, sa femme ^, et un acte de 1 453 nous apprend qu'il était marguillier de l'église de Saint-Jean-en-Grèvç *, où il devait recevoir la sépulture ^.
Michel Gul-d'Oe appartenait à une vieille famille parisienne qui avs^t fourni deux prévôts des marchands f , et il avait été en 1 440 le collègue de Jean de Calais à l'échevinage ^. En 144B9 « sire Michel Cul-d'Oe » était le prévôt de la Grande Confrérie aux Bourgeois de la ville de Paris ^.
Nicolas de Louviers, échevin en i444 ^t 1449*7, est cité comme receveur des aides de Paris de i454 à