I. Quoy que je lui voulsisse dire
Elle estoit preste d'escouter.
Sans ni'accorder ne contredire ; Qui plus est, souffroit m'escouter Joignant elle, près s'accouter.
{Thid., huit. 56.) •j.. Pierre du Vaucel, maître ès-arts depuis 1423, étudia ensuite en Uiéologie au collège de Navarre et paraît, dès Tannée 144*2, comme « magister in tlicologia » . Il remplit ensuite les fonctions de principal du collège de Navarre à partir de i45o, au plus tiird, jusqu'en l456, époque à laquelle maître Guillaume de Chàteaufort lui succéda (Du Boulay, Ilistoriu Uniivrsitiitis Piirisiensis, t. V, p. 914; Limnoy, Régit Navarre gymiuisii historia, p. l65). Suivant I>aunoy, Pierre du Vaucel aurait quitté la direction de la
FRANÇOIS VILLO\ 4^
ses contemporains nonimoicnt aussi Pierre de Vaucel. Il y a certainement une légère différence orthographique entre ces deux noms, — de Vaucel et de Vausselles, — mais il ne faut pas attacher, ù notre avis, une trop grande importance à la forme du dernier, qui sert de rime à telles (pour toiles) , à gjoselles et à telles (adjectif) : Vausselles pourrait bien n'être qu'une forme nécessitée par la rime, ce qui ne serait j)as fort surprenant chez un auteur qui transforme en LoiH'ieiil.r. le surnom de Nicolas de Louviers, afin de le faire rimer à vieulx, tieid.r et niieulT. Aussi
maison de Navan-e, après avoir obtenu un bénéfice ecclésiastique d'une certaine importance fidoneum sacerJotium); il ne nous dit pas quel était ce bénéfice, mais les documents contemporains nous apprennent que c'était un des quatre canonicats de Saint-Benoît-le- Bétourné et que Pierre du Vaucel le tint du moins de l456à 1472 l'Archives nationales, L. 37()V Si les expressions de l'historien du collège de Navarre signifient que notre personnage n'obtint aucune pribende avant l'année l4-5<), il faudrait le distinguer de « maistre l'ien-e du Vaucel, cbevesier et chanoine de l'église de Saint-Estienne des Grecz », que mentionne un acte en date du 2 avril i44'^-
Le chanoine de Saint-Benoît est nommé « maistre Pierre (/e Vaucel » dans une enquête du Chàtelet faite dans le collège de Navarre même, au mois de mars i456, v. st. (Voir plus loin au n° VI des pièces justificatives); ce qui prouve que les contemporains l'appelaient indifféremment « de Vaucel » ou « du Vaucel ». Cependant, cette dernière forme est la seule exacte, comme le montre une signature de cet ecclésiastique que nous avons rencontrée sur un acte du 18 octobre 1468 (Archives nationales, S. 889). De Vaucello est l'unique forme latine du sm-nom de maître Pierre qui nous soit fournie par les actes du xv" siècle. La famille du Vaucel appartenait certainement au quartier de Saint-Benoît, car- en l445 on trouve mention d'une maison située « en la grant rue Sainct-Jacques, au-dessoubz et près ladite église du costé et rue d'icelle, laquelle maison fut à feu Jehan du Vaucel. » [Ihid., S. 889.)
émettrons-nous cette conjecture : Catherine de Vausselles pouvait être la nièce de maître Pierre du Vaucel ; elle pouvait, en outre, demeurer chez lui, au cloître de Saint-Benoît. IMais revenons à notre sujet, c'est-àdire à r amour de Villon pour Catherine :
^lal^ré l'espoir dont Villon se berçait en raison de la bienveillance que lui témoignait Catherine, un jour vint où il fut désabusé; mais, après ce songe d'amour, le réveil fut d'autant plus cruel pour Villon que sa déconvenue n était un mystère pour personne : on l'appelait partout « l'Amant remis et renié * ». Qu'était-il arrivé? L'amant de Catherine ne le dit pas ouvertement : celle, écrit-il quelque part
Qui si (lureiueut m'a cli;issé -.
[1 semble cependant qu'il ait fini par obtenir un rendez-vous nocturne, qui n'était en réalité qu'un guet-apens préparé sans doute à l'instigation d'un rival, — ou peut-être du gardien naturel de la jeune fille, — et dans lequel il fut battu ce comme à ru telles », c'est-à-dire et comme un bat les toiles au