‹ Étude biographique sur François Villon, d'après les documents inédits conservés aux Archives nationalesChapitre 15 sur 62 · I. De moy, povre, je viieil parler · texte numérisé non relu

I. De moy, povre, je viieil parler

J'en fuz batuz, corn à ru telles.

Tout nu ; je ne le quiers celer.

Qui me Cst mas-;lier ces groselles.

Fors Katlieiine de Vaulselles?

Noë le tiers est qui fut là.

?ilittaines à ces nopces telles,

Bien heureux est qui rien n'y a !

(Double i)allade sur l'Amour, str. 5.) 9.. Grand Testament, huit. 142.

3. Villon dit, dans la ballade finale de son second Testament, qu'il mourut victime de l'amour.

Icy se clost le Testament

Et finist du poTre Villon.

Venez à son enterrement.

Quant vous onez le carillon,

Vestus rouges com vermillon,

Car en amours mourut martir.

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do Tamour; mais n'est-ce pas Thumaine desrinée? De plus grands que lui y ont perdu, celui-ci sa vie, celuilà son honneur, et il rappelle à ce propos, dans une double ballade d'une naïveté charmante, le roi Salomon, Sanison, Orphée a le doux niénestrier », IN'arcisse (i le bel honnestes '- ; Sardina « le preux chevalier » ; le roi David, son fils Ammon, et Hérode le Tétrarque. Cependant, malgré tous les dangers qui environnent l'amour, jamais a le jeune bachelier », dit-il, ne saura résister aux attraits des a jeunes bachelettes ». Villon se prend ensuite à rappeler l'accueil qu'il recevait de sa maîtresse, se plaint d'avoir été abusé par elle en toutes choses, et conclut en reniant les Anïours, lui, « l'amant renié ». Puis, constatant le mauvais état de sa santé, qui, dit-il, annonce une fin prochaine, il se décide à dicter son Testament.

Enfin, Villon commence à tester : sans doute il ne reviendra plus sui* ses tristes amours. Tout d'abord, il songe à Dieu, aucpiel il laisse son àme, à « nostre grant mère la Terre », qui recevra son corps, et parle ensuite de ceux qui resteront, après lui, dans ce monde terrestre. Ses premières pensées sont alors pour maître Guillaume de Villon, pour sa « bonne mère », et c'est justice; mais la ballade qu'il lègue à la pieuse femme dont il est l'unique enfant, cette prière qui prouve que Villon était resté sincèrement croyant, même dans ses plus mauvais jours, cette balhuh', disions-nous, est à peine transcrite, que le souvenir

de la maîtresse du j)ot'te vient de nouveau le troubler ; mais cette fois, la jalousie le domine. Déjà, einq ans auparavant, lors de son départ pour Angers, ce sentiment avait failli se faire jour dans ses vers : maître François avait exprimé l'idée qu un autre était en fav«Mir près de la belle :

Comme mon povre sens est dur!

Autre que moy est en quelongne '.

C'était là, néanmoins, la parole la plus dure, pour l'iionneur de Catherine, qui lui fût échappée. Cette fois, au contraire, il donne libre cours aux pensées les plus outrageantes ; il accuse de cupidité celle dont il ne parlait jadis qu'avec une douceur résignée 2; et, sans doute, il suppose que la conduite de sa belle est loin d'être irréprochable, car en lui envoyant par Perrenet de la Barre une ballade doîlt tous les vers se terminent par la lettre r, il commande à son messager de l'aborder par cette grossière apostrophe : « Orde paillarde, d'où viens-tu 3 ? » Et cependant il n'est pas en état de justifier une telle insulte, puisqu'il ne peut, avec certitude, reprocher à Catherine d'être moins rebelle à d'autres admirateurs :

Ne scay s'a tous est si relielle

Qu'à moy : ce ne m'est grant esmoy;

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