‹ Étude biographique sur François Villon, d'après les documents inédits conservés aux Archives nationalesChapitre 26 sur 62 · Ordonnances des rois de France, t. XV, p. 118 et · texte numérisé non relu

Ordonnances des rois de France, t. XV, p. 118 et

5. Elle figurait sans doute sur le registre JJ. 197 du Trésor des Chartes, que l'inventaire de Dupuy indique déjà comme étant en déficit, et qui avait été perdu par Du Tillet (Bordier, les Archives de la France, p. l63). La dernière affaire judiciaire de Villon ne peut pas être non plus éclaircie par des recherches dans les archives de l'officialité d'Orléans, car celles-ci ne remontent pas au-delà de l'année 1620. — Il n'est pas possible, non plus, de tiier quelque lumière des registres du tabellionage de Meung, qut remontent au commencement du xv'' siècle et qui contiennent parfois les écrous des prisonniers de l'évèque d'Orléans, avec mention du motif de l'emprisonnement. Nous avons, en effet, consulté, dans l'étude de maître Laudron, notaire à Meung, le registre de maître Jehan le Picotté pour l'année 1461, et nous avons constaté avec regret qu'il ne renfermait aucune mention de ce genre ; ce fait nous avait , du reste, préalaljlement été affirmé par M. l'abbé Foucher, curé-doyen de Meung, lequel s'occupe avec un zèle fort lo'jable de l'histoire de sa p..roisse.

go FRANÇOIS VILLON

durant ses dernières années, puisqu'il devait contenir renonciation de ses méfaits antérieurs et nous faire connaître l'époque et la cause de sa condamnation à mort.

A peine sorti de la prison de Meung, Villon composa le Grand Testament, cette œuvi'e qui, seule, assurerait à son auteur le premier rang parmi les poètes du xv'' siècle, cette œuvre, moitié boufionne, moitié sérieuse, où les remords du criminel sont exprimés de l'accent le plus sincère, où son cœur saigne si cruellement au souvenir des années qui viennent de s'écouler et pendant lesquelles il a commis des fautes telles que, malgré toute l'étendue de son humilité, il n'ose les avouer publiquement. Mais il faut dire aussi que Villon, après avoir connu toutes les hontes, retrouvait dans son cœur quatre sentiments dont sans doute le juge éternel lui aura tenu compte : la foi i-eligieuse, le patriotisme, l'amour filial et la reconnaissance; la foi religieuse, qui éclate dans plus d'une strophe du Grand Testament et qu'on retrouve surtout dans la prière à la Vierge qu'il composa à la requête de sa mère ; le patriotisme, dont deux vers sur

Jelianne, la bonne Lorraine, Qu'Anglois bruslerent à Rouen

ainsi que la ballade où il anathémise ceux

Qui mal viiuilroient au royaume de Kmnco

sont des témoignages non équivoques; l'amour filial, qu'il exprime d'une manière touchante en songeant à sa « bonne mère » ; la reconnaissance, qui ne lui fait pas défaut lorstju'il parle de maître Guillaume de Villon, ce vénérable chapelain, qu'il appelle « son plus que père % » ou de ce Loys, le bon roy de France, » qui le délivra de la « dure prison de Mehun 2. »

On ne saurait dire dans quels lieux le poète écrivit son œuvre capitale. Ce ne fut certainement pas à Paris, comme l'a cru un auteur presque contemporain , Eloi d'Amerval ^ , car Villon y parle d'un voyage récent dans lequel il avait recueilli quelques nouvelles des trois écoliers qui suivaient ses leçons six ans auparavant :

Item, j'ay sceu a ce voyage, Que mes trois povres orphelins Sont creus et venus en aage *.

Or, Villon ne peut parler ici que d'un voyage à Paris ^ , où il sera venu pour embrasser les

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