‹ Étude biographique sur François Villon, d'après les documents inédits conservés aux Archives nationalesChapitre 3 sur 62 · LE NOM DE VILLON · texte numérisé non relu

LE NOM DE VILLON

Le véritable nom de Villon. — Épitaplie qui donne à Villon le nom de Corbueil, ou plutôt (^orbeil. — Maître François des Loges, autrement dit de Villon, le même que François de Monterbier. — François de Monteorbier, élève de l'Université de Paris. — Maître Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Beno!t-le-Bétourné, et Jean Flastrier, son neveu.

Les biographes de Villon se préoccupent tout d'abord de connaître son nom de famille, ou, comme on disait au Moyen-Age, son surnom. Pendant plus d'un siècle, cependant, on ne paraît pas avoir douté que Villon ne fût son véritable nom ; mais il faut dire qu'au xvi^ siècle, les savants s'occupèrent peu du malheureux poète. La question apparut, pour la première fois, en 1.^99, dans ces paroles du président Fauchet : « Maistre François Corbueil fut « surnommé Vuillon pour les tromperies qu'il fit en

a sa vie, Tépitaphc duquel jay dans un de mes livres tt escrit à la main qui dit :

Je sui Fraiiço3'S, dont ce me poisf.

Nommé Corbueil en mon surnom, Niitif d'Auvers eraprès Pontoisc, Et du commun nommé Vuillon.

Or, une corde d'une toise, Sçaurait mon col que mon cul poise.

Se ne fut un joly apel.

Le jeu ue me sembloit pas bel ' .

Cette epitaplie, ou plutôt cette épigranuiie, au sens ancien du mot, semble, on le voit, n être qu une amplilication du quatrain suivant :

Je suis Frauçoys, dont ce me poise, IVé de Paris emprcs Pontlioise , Qui, d'une corde d'une toise, Sraurji mon col que mon cul poise,

qui se lit dans toutes les anciennes éditions de Villon. Fauchet n'a pas converti tout le monde à son opinion. Le Père du Cerceau attaqua en l'-'x'i avec une certaine vivacité l'authenticité de l'épigranime, en raison de l'entrelacement des rimes masculines et féminines qui s'y remarquent, et dont ICmploi régulier est bien postérieur, suivant lui, à Villon 2 , mais son objection toml)e nécessairenu-nt si Ion

1 . Origines des clicvalicis, iiniioiiies et héruux dans les OEuvres Je M. Claude Fauchet, édition de iGio, f"" 5o8 v", Sck) r".

•2. Lettre à M. de "** en lui envoyant la nouvelle édition des OEuvres de François f-'illon. Cette lettre est jointe à l'édition de roiisteli»'!-, Paris, t-->.'i.

observe, avec M. Antoine Campaux * , que cet t-ntrclacenient se retrouve clans plusieurs des ballades de Villon, et notannnent dans la requête au duc de Bourbon. Dans notre siècle, Daunou a également contesté le nom Corbiieil ^ , et tout récemment encore P. Jannet se rangeait à son sentiment en formulant une nouvelle objection contre le Iniitain publie par Fauchet. « Une preuve certaine, dit-il, de la « composition tardive de cette pièce, c'est qu'on ne « trouverait probablement pas dans la seconde moitié « du xv^ siècle, et certainement pas dans les œuvres M de Villon, un huitain dont les rimes soient distri- « buées comme dans celui-là. » Et en effet, tous les huitains de Villon riment ababbcbc, tandis que celui de Fauchet rime ababaacc. « Les faussaires, conclutil, ne pensent jamais à tout ^ . »

Cependant aucun des commentateurs de Villon n'avait revu le manuscrit que Fauchet dit avoir possédé, et il en est qui, ignorant sans doute le haut degré de confiance que méritent les écrits de cet éminent érudit, doutaient de l'existence même du huitain cité par lui. Nous avons eu le bonheur de retrouver le manuscrit Fauchet sous le n" lui des manusci'its français de la Bibliothèque royale de Stockholm * , et

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