MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE LONDRES
Amsterdam, ce 18 janvier 1757.
Pour revenir à moi-même, comme cette lettre, par laquelle j’accepte et sollicite l’honneur de votre correspondance, ne pourra jamais vous offrir ces preuves de mon estime et amitié conçues pour votre personne, d’après le tableau charmant que notre digne Rosner m’a si souvent tracé de votre caractère, je n’ose encore rien désirer, permettez seulement que je vous offre du vrai fond de mon cœur de partager avec vous un nombre assez considérable de minéraux et de pétrification, que j’ai ramassés dans des voyages que j’ai fait exprès par toutes les provinces méridionales et occidentales de l’Angleterre ; je ne fais aucune mention d’une pareille collection que j’ai faite en France, celle-ci n’étant pas à beaucoup près aussi considérable ; pendant que, d’un autre côté, j'ai tout lieu de vous croire possesseur de la pluspart de ces curiosités que votre patrie m’a fournies ; mais je serai charmé de vous envoyer aussi bien des insectes, animaux, etc., de nos colonies, que j’ai occasion de ramasser ici journellement.
Je vous supplie d’êire persuadé que personne ne sera jamais plus disposé à vous être utile en tout ce qu’il pourra, que celui qui, avec toute l’estime, l’amitie et la considération sincères qu’on puisse concevoir pour un savant, inconnu de personne, a l’honneur de se nommer,
Monsieur,
Votre trèS'humble et très-obéissant serviteur et ami dévoué, SCHLOSSER.