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M. l'abbé Raimbault seconda avantagensement le zèle de Monseigneur Plessis pour l'agrandissement du collége de . Nicolet, auquel on travailla, à trois où quatre reprises, avant de songer à construire la vaste maison qui fait, depuis plus de trente ans, l'orgueil des diocésains des Trois-Rivières, et la gloire du clergé canadien, lequel a toujours montré unité .de vues, d'efforts et de sacrifices pour maintenir cette belle institution, alors même qu’il était peu nombreux et sans cesse sollicité de prendre part à d’autres œuvres d'utilité ou de bienfaisance.
Toujours ferme, toujours prudent et mesuré, M. Raimbault savait discerner ce qui était le plus utile et le plus profitable à cette belle institution qu'il avait à cœur de rendre prospère ; aussi ne négligea-t-il aucun moyen de la rendre florissante, tant pour justifier la confiance qu’on reposait en ses lumières, que pour permettre à la corporation de donner plus d’essor à son zèle pour l'éducation des enfants du sol.
L'ancien collége de Nicolet n’avait que cent-vingt pieds en longueur sur trente-sept en largeur. Tout l'édifice consistait en un rez-de-chaussée et la mansarde. Dès 1820, il s'agissait de la reconstruction de cette intéressante maison... M. Raïmbault s’occupa patiemment de cette œuvre, et ne se ménagea aucunement pour la conduire à bonne fin.
Mgr. Plessis voulant maintenir le collége de Nicolet au niveau des principales maisons d'enseignement, chargea M. Raimbault de préparer un plan de l'édifice en contemplation, se proposant d’en hâter la construction au moyen de souscriptions prélevées sur la charité des prêtres et sur la libé-
ralité des citoyens.
LS
M. l'abbé Raimbault, qui avait une grande propension à obliger et du zèle pour le succès de l'œuvre, aida puissamment à cette entreprise, en faisant venir les pierres, les bois de charpente et les autres matériaux nécessaires, en temps opportun et à des prix avantageux; mais il refusa d'abord de présenter un plan de la spacieuse construction projetée. Il voulait, en temporisant encore, connaître quelle somme on pourrait réunir et approprier à ces travaux.
Dès 1824, Monseigneur l’'Evêque de Québec avail décidé M. l'abbé Leprohon à faire une collecte dans le diocèse pour donner aux amis des lettres l’occasion de contribuer à cette belle œuvre. Dans un seul été, en parcourant les campagnes, ce constant ami de la jeunesse cauadienne, reeueillit une somme d'environ deux mille louis. On continua à recevoir les dons et les contributions des amis de l'éducation : etles
sommes ainsi réunies formèrent bientôt un montantévalué à
plus de seize mille piastres. Les moyens et les voies d'exécution étaient assurés, la sympathie et la coopération active des citoyens y répondirent amplement.
Monseigneur Plessis mourut en décembre 1825 ; mais, peu auparavant, Sa Grandeur avait envoyé à Nicolet le plan de l'édifice qu’elle avait en vue d'élever incessamment. M. Demers, vicaire-général, supérieur du Séminaire de Québec, avait préparé un plan, mais M. Raimbault le modifia de telle façon, après avoir visité en détail les appartements du Séminaire de Québec et ceux du Collége de Montréal, dans le but de donner à l'édifice projeté toutes les commodités et les avantages possibles, que, dans la suite, M. Demers refusait d'admettre que cette maison eût été construite d’après ses données.
Quoiqu'il en soit, les travaux de la nouvelle construction furent conduits avec beaucoup d'énergie ; et, le 30 mai 1827, on put en faire bénir la première pierre. Un peu plus de trois ans après, cette école de la religion, ce temple des muses, était ouvert à l’'empressement de la jeunesse canadienne.
Quelques détails sur la cérémonie de la bénédiction de ce noble édifice et sur son inauguration, ne seront pas considérés ici comme des hors-d'œuvre, puisqu'ils nous fourniront l’occasion de faire voir comment M. Raimbault savait agir dans les occasions solennelles.
C'est par de grands préparatifs pour faire les choses, sinon avec splendeur, du moins avec le tact et les convenances que commandaient les circonstances, que M. Raimbault se disposait à ces pieuses cérémonies. Nul ne savait miéux que lui concevoir et exécuter les moyens de donner de l'éclat à ces jours de fête d’uneinstitution publique et à tout ce qui pouvait lui concilier la faveur des citoyens.
Le gouverneur de la province, le comte de Dalhousie, voulut prendre part à la cérémonie de la pose de la première pierre, et, à cette occasion, une adresse lui fut présentée par les élèves de la maison.
La démarche gracieuse du gouverneur qui se rendait à cette fête, dont le souvenir a laissé des traces si profondes dans les esprits, était ainsi appréciée dans le second paragraphe de l'adresse :
Lis Deux fois ce modeste asile des muses a été honoré de la présence du représentant de Sa Majesté dans cette province ; mais si la visite d’un de vos illustres prédécesseurs a été pour nous le présage des grâces que nous pouvions attendre, c’est vous qui nous les avez obtenues ; la protection dont il nous donnait l’assurance et la promesse, c’est Votre Excellence qui nous l’a confirmée... et quel bonheur pour nous de pouvoir déposer dans votre sein l'expression de notre vive gratitude !..…
M ges Nous le sentons, s’il est un moyen d’acquitter cette maison, notre berceau littéraire, de ces grandes obligations qu’elle contracte envers ses bienfaiteurs, c’est de réaliser l'attente des progrès que le public semble anticiper pour elle; c’est qu’elle soit, dans tous les temps, une pépinière de sujets utiles et propres à remplir les différentes places de la société, c’est que tous ceux qui sont ou seront admis dans cet établissement, répondent aux soins des maitres zélés qui y enseignent, et consolent la tendre sollicitude de son illustre chef qui les choisit.
« Un autre devoir nous presse en ce moment; c’est celui de payer le tribut de notre admiration pour les hautes qualités qui distinguent Votre Excellence. Ce n’est ni comme guerrier, ni comme homme d'état, que nous essaierons de la louer. Les beaux faits d’armes que la renommée:
nous a appris, la confiance que notre grand monarque a mise en Votre Excellence, en l’élevant aux postes les plus éminents, fourniraient, il est vrai, une ample matière à de justes éloges....Mais un mérite qu’il nous convient mieux d'apprécier, c’est l’encouragement que vous donnez à tous les genres des arts utiles, en vous déclarant le protecteur de toute société particulière dont le but est de procurer l'avantage de la société en péneralie |
« Oui, voilà la gloire de Votre Excellence. C’est d’exciter une noble émulation parmi tous les membres de la société... c’est de faire benir le règne de notre auguste monarque en vous montrant partout le protecteur de l'innocence, l'appui du faible et le père de tous.»
Les inscriptions qui ajoutaient aux décorations avaient été choisies avec une délicatesse exquise et placées avec goût. Emblèmes, mottos, symboles, décorations en verdure, tout s’y trouvait disposé pour satisfaire l'œil et l'esprit, mais sans profusion, et, en outre, gracieusement distribué. Le comte de Dalhousie (a), convié à cette fête patriotique et religieuse, comme nous l'avons déjà fait remarquer, disait avoir vu ailleurs des décorations plus riches, des préparatifs plus grandioses, mais nulle part des démonstrations plus cordiales. En effet, les décorations brillaient de l'éclat d’une belle matinée d'été. Tout le monde jouissait d’un beau jour et d’une belle fête. Musique joyeuse, chants religieux, exécutés avec un ensemble et une précision à ravir, clergé nombreux, foule de citoyens distingués, peuple recueilli et reconnaissant, tout semblait à la hauteur de la pompe religieuse. La plupart des personnes présentes avaient
(a) George de Ramsay, comte de Dalhousie, gouverneur de cette province, de 1819 à 1828, était chef d’une famille ou clan d’Ecosse, les Ramsay. La principale résidence de ses ancêtres était au comté Haddington (Haddingtonshire). Il était le neuvième comte du nom. Cet illustre capitaine avait pris part, sous Wellington, à la guerre de la Péninsule, et s’était couvert de gloire à Bordeaux. Après avoir été gouverneur du Bas-Canada, en 1828, il fut appelé au poste de commandant des troupes dans le Bengal. Son épouse, héritière des Browns of Colstoun, N. B., se distingua on cette colonie par le gracieux et efficace patronage qu’elle accordait aux beaux-arts. Lord Dalhousie eut trois fils, dont l’aîné est mort jeune, le second mourut à son retour des Indes, où il avait accompagné son père, et le troisième, qui lui suceéda à la Chambre des Lords, naquit en 1812. En 1837, il était membre du Parlement Impérial pour le comté de Haddington. Il est mort en 1860.
pour but. effectivement, de satisfaire au sentiment d’une respectueuse et vive gratitude.
La fondation d’une institution de cette importance est un évènement heureux, rare et bien fait pour combler de joie un cœur chrétien, et, à plus forte raison, un prêtre dévoué à l'Eglise et à sa patrie adoptive. M. l'abbé Raimbault voyait dans l'agrandissement de celte maison, une consolation pour la piété, un soutien pour l'Eglise, un ornement pour le pays, un sujet de joie pour les individus, pour les familles, pour le clergé et pour la société toute entière,
Aussi, avait-il tout préparé pour que cette journée se passât avec splendeur et ravivât les émotions les plus chères et les plus attendrissantes. Mgr. Panet, évêque de Québec, assisté de son coadjuteur, était présent à la cérémonie,
L’inauguration de la nouvelle maison eut lieu le 8 août 1830, et ce mémorable évènement, M. le Supérieur du collége le rehaussa encore par son éloquence. Un tel sujet convenait bien à un orateur brillant, suave, onctueux et délicat. Sa parole fut, ce jour là, comme toujours, pleine d'âme et de sensibilité, seulement relevée par la simplicité du débit.
Mer. Signay, évêque de Fussala, coadjuteur de Mgr. Panet, évêque de Québec, était présent. Sa Grandeur officia, entourée d’un nombreux clergé et d’une réunion de citoyens des plus imposantes. L’affluence du peuple était immense. Outre les anciens élèves de la maison, accourus en grand nombre, il s'y trouvait une foule de citoyens de tous les rangs, des personnages de distinction, de hauts fonctionnaires, les chefs de la magistrature, et tous les visages annonçaient une heureuse émotion. À la vue de l’Evèque, du clergé, des citoyens en foule, il fallait en convenir, c'était bien le dévouement recevant les hommages de l'opinion publique. Comme on l’a indiqué plus haut, M. Raimbault fut l'orateur du jour, malgré ses refus réitérés.
Sa célébrité l'avait désigné au choix de l’Evèque pour le
discours de la circonstance ; mais, sur les raisons délicates qu'il allégua, M. Cadieux, vicaire-général, fut chargé de cette tâche. Talents, science et bonne volonté, toutes les conditions du succès, auquel il était déjà accoutumé, se trouvaient bien en lui, mais s'étant {rouvé malade en ce temps de fête et de jubilation pour le district, ce dignitaire ne put pas prendre part à la solennité du jour, et M. Raimbault dût le remplacer.
A l'entrée de l'édifice, dans le vestibule même, l’orateur, dont l'émotion était visible, s’avança vers l’Evêque pour avertir Sa Grandeur qu’elle n’entrait pas dans une maison étrangère, mais qu’elle se trouvait chez Elle dans ce modeste asile des muses, au milieu d'un nombreux clergé auquel cette institution était si redevable. Il reconnut respectueusement que c'était au nom du diocèse que Sa Grandeur venait prendre possession d’un établissement destiné à être une pépinière de sujets pour le clergé et pour tous les rangs de la société.
Après cette respectueuse mais briève allocution, le prélat fut introduit processionnellement dans la chapelle du collège dont il fit la bénédiction; et M. le Supérieur étant monté à la chaire, prononça un discours bien approprié à la eirconstance. La modestie de l’auteur l’a toujours dérobé aux amis de l'éducation, maïs nous croyons devoir le reproduire (a), tant pour faire connaître les commencements de cette belle institution, que pour faire ressortir la manière éloquente de M. Raimbault. L’orateur sut puiser dans les souvenirs du passé, mêlés au spectacle du présent, des rapprochements qui faisaient espérer hautement pour l'avenir de ce précieux établissement.
Le nouvel édifice, élevé à la religion et aux lettres, présentait une facade d'environ deux cent quatre-vingt-seize pieds en longueur, sur une largeur de einquante pieds. La
(a) L’auteur a cru devoir reproduire ce discours, qu’on trouvera à la fin de ce volume.
chapelle, qui occupe une des ailes, a soixante-cinq pieds de long sur environ trénte-sept de large. Cette bâtisse spacieuse et solide est environ à onze cents pieds en arrière de l’ancien collège ; elle est en face de la rivière Nicolet, qui borde en front les terrains qu’elle occupe. Elle est divisée en salles de diverses grandeurs, en chambres, en corridors convenables aux divers offices, qui en font un logement simple, mais commode, bien aéré, et parfaitement adapté à sa destination littéraire et scientifique, sous les auspices de la religion.
M. l'abbé Raimbault avait déployé une grande énergie dans l’accomplissement de cette œuvre si importante, en activant les travaux, et en les surveillant mcessamment.
Cette maison, pour laquelle il avait montré un si généreux dévouement et une si constante prédilection, M. le curé de Nicolet ne l’oublia pas dans ses dernières dispositions. Il lni jégua sa bibliothèque, choisie avec tant de goût, son modeste mobilier, et tout ce qu’il possédait, sauf le peu qu'il Jjugea à propos de distraire pour des legs charitables. Au reste, M. Raimbault n’était pas riche. Ouvrier de la pensée, ministre de l'autel, il n’avait pas fécondé son sillon pour la terre.
On a dit que c'était avec tout l'appareil et toutes les démonstrations de la joie, de la gratitude et du respect, que M. Raimbault avait reçu le comte Dalhousie à Nicolet ; ee n’était pas, au reste, la seule fois qu’il y recevait le représentant de son souverain en cette province. Cette réception se faisait toujours d’une manière pompeuse, avec toute la grace et toute la magnificence que les circonstances permettaient ; au milieu des troupes de citoyens, aux accents de la musique et des chants les plus joyeux, rien n’était fait à demi. Façade du collége décorée, illuminations dans la soirée, drapeaux déployés, discours appropriés, tout était mis en œuvre tant pour disposer les élèves au respect envers les autorités que pour les prévenir elles-mêmes en
faveur de la belle institution à laquelle il présidait ; ou pour dissiper les préventions des personnes d'une autre croyance et pour satisfaire le goût des amis des institutions de la colonie. Sir Robert Shore Milnes et Sir Georges Prévost se sont plus à donner en maintes occasions des preuves de la haute satisfaction qu'ils avaient éprouvée, en visitant Nicolet et les superbes édifices qui embellissent les rives si charmantes de la rivière aux méandres si riants. Lord Dalhousie fut accueilli avec plus de pompe, parce que l'institution avait grandi et se trouvait mieux pourvue ; d’ailleurs, c'était par son entremise que la charte d’incor- . poration du collége avait été octroyée par le glorieux monarque Georges III, en 1820, à la demande spéciale de limmortel évèque Plessis.
Ce serait ici le lieu de signaler la noble conduite de M. l'abbé Raimbault aux jours d'examens, de distributions de prix, aux fêtes annuelles, toujours simples, mais toujours si * touchantes, et si éminemment frappées au coin religieux et social. Au milieu d’une assemblée nombreuse et choisie, M. le Supérieur, avec un tact exquis, plaçait les notabilités du clergé, de la magistrature, ete. Et la parole du digne pasteur faisait toujours une heureuse impression sur les esprits et sur les cœurs. Aux enfants, il donnait les encouragements les plus paternels, les conseils les plus tendres ; il savait rehausser avec adresse le mérite toujours humble, et faire briller le talent solide, toujours si modeste. Enfin, dans tous les détails de ces fêtes, M. le Supérieur se conduisait en père, en ami de la jeunesse studieuse.
Pour être si dévoué à cette précieuse institution, M. Raimbault ne négligeait en rien ce qui pouvait améliorer la condition de ses ouailles. 11 surveillait exactement les écoles qu’il établissait dans sa paroisse, et s’occupait sans relâche du bonheur et des besoins des plus humbles de ses paroissiens, Il employait son crédit, son influence, pour leur obtenir quelque jouissance ou quelque amélioration. Ce
bon prêtre encourageait l’agriculture, et donnait l’exemple de l’exactitude et de la précision dans les travaux, en tenant ses terres dans un état de culture profitable au collége. Ses jardins fournissaient avec profusion les fleurs et les verdures qui ornaient les’autels, lors des fêtes publiques qui se reproduisaient assez souvent au Séminaire, en présence des visiteurs et des amis de l'établissement. Ah! s’il lui était donné de se retrouver dans cette maison, fruit de ses longs travaux, il aurait la consolation de voir que l'esprit de foi qui l’a animé dans toutes ses œuvres s’est heureusement perpétué dans ceux qui lui ont succédé : et qu’en outre la même bienveillante urbanité, la même affabilité y accueille, disons mieux, y attire constamment des visiteurs distingués de toutes les parties de la province et même de l'étranger! Bénissons la Providence qui a conservé à la tête de cet établissement des hommes si éminemment qualifiés pour l'important ministère qui leur est dévolu.
Le soin de son église, ses décorations, ses embellissements occupaient beaucoup le digne curé de Nicolet. Il s'était plu à l'agrandir d’abord, à y ajouter des tours et des clochers, à l’orner,-à la pourvoir de meubles, de vases sacrés et de riches ornements, afin qu'elle fût à la hauteur des célébrations religieuses qui y ramenaient, plusieurs fois dans l’année, l'Evêque diocésain, toujours accompagné d’un assez nombreux cortége de prêtres. En 1822, le digne curé avait tout préparé dans son église pour donner le plus grand éclat possible à la consécration épiscopale de M. Provencher, né dans cette paroisse, et l’un des plus anciens élèves du collége. Il avait d’abord été réglé que la cérémonie aurait lieu dans l'église paroissiale de Nicolet. Les vœux du respectable curé ne purent pas néanmoins être exaucés, son espérance. fut déçue. L’Evêque de Québec avait été forcé de revenir sur sa décision par des considérations plausibles sans doute, mais qu'il serait inutile d’'énumérer ici. La cérémonie eut
lieu dans l’église paroissiale des Trois-Rivières, le 12:mai
Un orgue superbe, qui faisait autrefois l’ornement de l'église paroissiale de Montréal, dont la variété des jeux, la douceur des sons, fait encore aujourd'hui les délices des connaisseurs, fut acquis par le digne curé, jaloux de relever avec l’harmonieux instrument l'éclat des solennités et la pompe des* fêtes, comme aussi d'initier les étudiants du collége aux règles de la musique.et aux suaves accents de ce délicieux instrument.
Mais ce qu'on admirait plus généralement dans l’église de Nicolet, c'était la riche collection de tableaux que ce digne ecclésiastique y avait réunis, grâce aux soins de son vénérable ami, M. l'abbé Desjardins. (Ces toiles, qui décoraient autrefois les sanctuaires des plus beaux temples de France, alors dévastés, trouvèrent refuge dans nos églises, comme les ministres persécutés trouvèrent le repos et la paix à l'ombre de nos autels. Les amateurs aiment encore à visiter cette intéressante petite galerie, dans laquelle la beauté des sujets, la finesse du pinceau, le brillant coloris et les contours ingénieux attestent le mérite des hommes de l’art auxquels la religion en est redevable.
Plusieurs, nous assure-t-on, sont de mains de maîtres, bien qu'aucun ne nous ait paru signé. Ils font grandement honneur à l’école de la peinture française. Ces tableaux étaient souvent visités, lavés et entretenus avec soin. Le vieux curé mettait la main tout le premier à cet ouvrage, ne se contentant pas de le diriger.
Fouiours en action, M. Raimbault ne se reposait A iravail qu’en en poursuivant un autre. Il se livrait au ministère de la chaire lorsqu'il avait passé plusieurs jours à faire descendre le pardon et les bénédictions du cielsur ceux que le repentir conduisait en foule auprès de lui.
Les autres moments de sa journée étaient donnés à l'étude, surtout à l'étude des livres sacrés ; aussi prêchait-
il non-seulement le petit troupeau qu'il était chargé d'’instruire et de prémunir contre les erreurs du temps, mais encore les retraites annuelles du Séminaire comme aussi au monastère des religieuses Ursulines ; et, dans bien des églises, on avait le plaisir de l’entendre aux neuvaines, aux quarante-heures, et son empressement à seconder le zèle de ses confrères et la piété des fidèles le plaçait bien haut dans l'estime de tous.
Sa correspondance avec les évêques de Québec, relativement à la gestion des affaires de cette magnifique institution, qui prenait, sous les auspices du chef de l'Eglise du Canada, des développements si merveilleux, attesterait ja sollicitude, la générosité des sentiments et la bonté de cœur de ce vertueux prêtre. Les détails sur le personnel de la maison, sur les élèves, sur les aptitudes des uns, sur les dispositions des autres et sur le progrès de tous montreraient la hauteur de ses vues et ses espérances sur la jeunesse qui l’entourait. S'il nous était donné de reproduire certaines parties de ses correspondances, on verrait comme il mullipliait les moyens d'encourager la timidité des uns et de faire apprécier les heureuses qualités des autres ; on verrait que sa vigilance s’étendait à tous et que sa bonté toute paternelle n’excluait personne. S'il négligeait, par modestie, de dire la part qu'il avait prise aux travaux des élèves et à l'avancement des affaires de la maison, il aimait à signaler les efforts des individus, il indiquait ce qu'il voyait et ce qu'il discernait dans chacun de profitable aux auires.
Enfin, pendant bien des années, M. l'abbé Raimbault fut associé aux travaux de son évêque dans ladministration de la maison de Nicolet, les allégeant par son exquise urbanité, les partageant par un concours sincère et efficace, d'autant plus utile qu'il ne s’imposa jamais et qu’il savait y mêler ce tact délicat, cet esprit de déférence que rien ne peut remplacer dans les relations ordinaires. |
XIT.
Monsieur Raimbault était le conseiller d'un bon nombre de ses confrères auxquels il rendait tous les services que leur position réclamait, avec une bienveillance que rien ne pouvait altérer. Mais c’est surtout aux prêtres Français exilés qu'il servait de père, de moniteur et de guide, avec un empressement qui ne se lassa jamais.
Monseigneur Plessis, qui avait pour M. Raimbault un grand respect, provenant de la confiance qu'il reposait en lui, avait réuni auprès du vertueux ecclésiastique, dans le district des Trois-Rivières, bon nombre de prêtres Français que la tourmente révolutionnaire avait poussés sur nos rives hospitalières. Leur âme, leurs paroles, leurs forces, leur énergie se trouvaient confondues dans les mêmes travaux. On eût dit que le grand prélat eüt voulu que ces témoins de leurs infortunes mutuelles fussent, jusqu'à l'heure suprème, les consolateurs les uns des autres. Ils jouissaient de la sérénité de leur patrie adoptive, après avoir été les douloureux témoins des horreurs de leur ancienne patrie. On avait appelé, dans le temps, la partie du diocèse qu'ils desservaient « la petite France, » comme on aimait à désigner du même nom, en Ecosse, après le retour de la Reine Marie, le groupe de maisons qu'occupaient, près de Craig-Millar-Castle, les Français qui l'y avaient accompagnée (a).
Cette glorieuse troupe, digne d’êlre associée aux martyrs de la foi, puisque, selon la doctrine de saint Augustin:
(a) Cette désignation s’est conservée jusqu’à nos jours, dit un historien d’Ecosse (fullarton, tome ler, page 256).
« martyres non facit pæna, sed causa » (a), se composait de prêtres venus de divers diocèses de France, qui se signaièrent par leur dévouement à l'Eglise du Canada. On y comptait :
4° M. Orfroi, né à la Flèche, en Anjou, longtemps curé de Notre-Dame de la Pointe du Lac, homme d'une piété sincère et éclairée et d'une conduite pleine de sagesse, qui lui conciliait tous les cœurs. Sa charité était sans bornes. Il avait, avec un zèle fortement animé de l'esprit de son minisière, desservi l’église de cette colonie pendant cinquante ans (b) ;
2 L'abbé Courtain (c), curé à Gentilly, où il se montra rempli de toutes les qualités qui font l’homme de bien et le saint ministre des autels. Ses infirmités l’empêchèrent longtemps de se livrer aux soins extérieurs du ministère mais 1] donnait tout son temps aux exercices de piété ;
3° À Bécancour, M. François Lejamiel, du diocèse d’Avranches (Normandie), d’abord missionnaire aux îles Saint- Pierre-Miquelon, où la révolution vint le prendre au milieu de ses ouailles qu'il édifiait constamment, malgré les plus rudes épreuves. En 1819, il fut appelé à la cure de Bécancour (dj. Modeste et régulier, il y travaillait en silence au salut du troupeau qui lui avait été confié.
(a) Saïnt Augustin, Serm. II. in Ps. 34, n. 13.
(@o) M. Urbaïn Orfroi, curé à la Visitation de la Pointe du Lacs” en 1796, après avoir été quelque temps vicaire , à Saint-Laurent, près de Montréal, a été curé aux Trois-Rivières, de 1812 à 1819. Il fut ensuite successivement curé de Saint-François et de Saint-Pierre de la Rivière du Sud et de Saint-Valier, où il est mort au mois d’octobre, 1846, à l’âge de 81 ans. Il avait été 4 ans en Angleterre.
(ce) M. Claude-Gabriel Courtain était arrivé en cette colonié en 1795, il est décédé à Saint-Edouard de Gentilly, le 16 août 1832.
(d) M. l’abbé Lejamtel fut d’abord aggrégé au Séminaire du Saint-Esprit. Des îles de Saint-Pierre de Miquelon, il passa aux Iles de la Magdelaine qu’il desservit jusqu’en 1819. C’est alors qu’il fut placé à Bécancour, où il travailla avec un zèle qui ne se ralentit jamais, jusqu’en 1833, qu’il demanda sa retraite. M. Lejamtel mourut à Bécancour, en 1835, âgé de 77 ans et sept mois.
4 M. l'abbé Gibert, prêtre du diocèse de Coutances, : qui soutint l'exil, et toutes ses épreuves, avec le courage et même la gaieté que donnent la ferveur de la foi et la pureté
de conscience (a).
o° L'abbé Charles-Vincent Fournier, curé de la paroisse de Saint-Antoine de la Baie du Fèbvre, le compagnon d’études, d'armes et d’exil de M. Raimbault, qu'il chérissait comme son frère, et auquel il fournissait des secours qui l'aidaient à multiplier ses largesses (b).
6° M. l'abbé Ciquart, placé à Saint-François du Lac, qui tenait à ses ouailles un langage si affectueux et si pastoral {c).
7° M. Joyer, d’une ancienne famille de l’Anjou, émigré en cette colonie en 1796, sur l’invitation de M. le grand-vicaire Descheneaux. Il desservit successivement les paroisses de Saint-Sulpice, de Sorel, de Saint-André, de Pointe du Lac, et mourut à Montréal, en 1847, à quatre-vingt-trois ans. Il fut le dernier survivant de cette pieuse phalange qui put recevoir ici-bas l'expression de la reconnaissance des enfants de l'Eglise du Canada.
8 M. de Saint-Marc, du diocèse d’Alby, était attaché à la desserte de la paroisse de Sainte-Magdelaine du Cap (d).
9° M. l'abbé de Calonne, dont personne aux Trois-
(a) M. Pierre Gibert mourut, en 1824, à Saint-Michel de Yamaska.
(b) L’abbé Fournier, né à Orléans, séjourna quelque temps en Angleterre avant de passer en cette colonie. Une famille opulente de Londres s’estima heureuse de se l’attacher comme précepteur. Malgré les avantages qu’il se pouvait promettre de la riche position qu’on lui offrait, il aima mieux se donner au service des autels. Il mourut à la Baie du Fèbvre, au mois de mai
(ce) M. Ciquart fut ordonné prêtre au mois de mai 1781; il vint en cette colonie en 1783, et mourut en septembre 1824. C'était un prêtre plein de ferveur et qui se dévoua au saint ministère avec un zèle constant et vraiment ‘apostolique.
(d) Ce bon ecclésiastique fut bientôt forcé de repasser en France, sa santé ne pouvant pas se faire au climat de ce pays. Il partit en juin 1802. M. Jos. Jn. de Saint-Marc était en cette colonie depuis 1796. Lorsqu'il arriva en ce pays, il était prêtre depuis près de onze ans, ayant été ordonné le ler novembre
Rivières n’a oublié l'excellent cœur, l'esprit aimable, l'attachement à tous les devoirs de son état et le zèle pour toute espèce de bonnes œuvres. Né à Douai, en 1742, d’abord attaché à la magistrature, il avait quitté cet emploi pour se consacrer au service des autels. On aime à se rappeler qu'il avait longtemps étudié à Saint-Sulpice de Paris.
Son frère, Alexandre, après avoir été successivement maître des requêtes, intendant de Metz et de Lille, fut, en 1783, élevé à la charge de contrôleur des finances du royaume de France. Il voulut en vain élever cet ecclésiastique accompli aux plus hautes dignités de l'Eglise; la modestie de celui-ci s’y refusa toujours. Labbé fut pourvu néanmoins de l'Abbaye Commendataire de Saint-Père de Melun. Son activité et sa: présence d’esprit furent plus d’une fois utiles au ministre d'Etat. Homme d’esprit, caractère aimable, il se faisait admirer par sa politesse dans la plus haute société ; mais enfin, dégoûté du monde, le pieux abbé, se reprochant les moments qu’il avait donnés aux choses et aux affaires terrestres, se consacra à des soins plus relevés et plus dignes de son caractère. Il puisait dans la prière le courage dont il avait besoin, et cachait sous un front serein ses souffrances et ses épreuves (a).
En mentionnant ici M. l’abbé de Calonne, nous y trouvons occasion de parler des travaux littéraires de M. Raimbault, et nous nous donnerons bien garde de la manquer. Sa plume exercée laissait parfois échapper de charmantes pièces de poésie, et, dans certaines circonstances, l’on devait à sa verve, à son esprit observateur, à sa grande sensibilité, des allocutions semées de mots heureux. Dans la chaire sacrée, sa parole onctueuse, pressante, et dont la ferveur échauffait les cœurs, portait la conviction et l'émotion dans l'âme des fidèles. Outre ces productions, nées au gré de mille circonstances, il nous a laissé des travaux littéraires
(a) M. l’abbé de Calonne est mort aux Trois-Rivières, le 16 octobre 1822, à l’âge de quatre-vinæte ans,
plus importants, mais qu'il serait trop long d’énumérer ici. Lorsque le vénérable abbé de Calonne mourut, au monastère des Ursulines des Trois-Rivières, M. le supérieur du collége de Nicolet fut invité à faire l’oraison funèbre de l'illustre et cher défunt, décédé en odeur de vertu.
Au milieu d’une affluence considérable de citoyens, M. Raimbault prononça, avec une émotion visible, une allocution toute de sentiment, qui révéla à la fois les vertus de l'illustre et pieux personnage, comme aussi les qualités de l'orateur et son rare talent pour ce genre d’éloquence. Bien que la modestie de l’auteur ait jusqu'ici soustrait aux leeteurs cette production si hautement intéressante, nous sommes heureux de leur faire partager les émotions que nous avons nous-même éprouvées en la lisant (a).
Un peu plus de trois ans après, Monseigneur Plessis étant mort (b), M. l'abbé Raimbault fut appelé à prononcer, dans l'église paroissiale des Trois-Rivières, l’éloge de lillustre prélat, à la suite d’un service chanté pour le repos de son âme. Son discours, écho de tant d'âmes affligées par cet événement, et qu'ont répété les interprètes de la douleur publique, chargés de rappeler les titres de l'immortel prélat aux regrets des enfants de l'Eglise du Canada, a été imprimé, tout récemment, dans un recueil littéraire.
Il trace à grands traits les actes nombreux, les vertus éminentes, les œuvres saintes qui ont occupé le grand évêque pendant toute sa belle carrière. La parole grave et parfois noblement imagée de l’orateur, révélait de sévères études littéraires. Nul doute que cette oraison funèbre ne soit conservée avec amour par tous les enfants de l'Eglise du Canada, comme par tous les amis de l’histoire et de la Jittérature. C'était la nuit, dans ses laborieuses veilles,
(a) On la trouvera à l’Appendice, à la fin de cette biographie. (b) A Québec, dimanche, le à décembre 1825:
que M. Raimbault écrivait et commandait à son style de prendre les tons, les accents et les teintes de la douleur.
En parlant du séjour passager de M. Raimbault à Liége, nous avons dit qu'il avait une dévotion fervente au Saint-Sacrement. En parcourant celte illustre cité de saint Hubert, arrosée par le sang des martyrs, et qui avait donné des chefs à l'Eglise universelle, M. l'abbé ne visita ni la place Saint-Hubert, ni la place Saint-Lambert, où il eût pu admirer les palais des anciens princes. Non, notre pieux visiteur ne cherchait pas la cathédrale de Saint-Paul, mais bien l'édifice de Saint-Martin. : Il traversa, à cet effet, cette ville pour aller prier dans cette église qu'avait visitée si souvent la vierge du Seigneur, sainte Julienne, élevée par les servantes de Dieu, les hospitalières du Mont Cornillon; sainte Julienne, qui se donna tant de peines pour faire instituer la célébration de la fête du Saint-Sacrement, que l'Evêque de Liège, Monseigneur Robert Torote, autorisa, à la suggestion - des Frères Prêcheurs (Dominicains), et que confirma, en 4262, le Pape Urbain IV (a). '
. Dès les premières années qu'il fut curé de Nicolet, M. Raimbault mit tout en œuvre pour donner à la fête du Saint- Sacrement une splendeur qu’elle n'avait pas atteinte jusque là, et, chaque année, il enchérissait sur les démonstrations des années précédentes, avec un zèle dont on a conservé la tradition au collége, à la cure et dans toute la paroisse. Il avait même fait faire un petit tableau, qu’on voyait encore, peu d'années avant sa mort, dans ses appartements, représentant la procession du Saint-Sacrement sortant de l’église paroissiale de Nicolet. Cette charmante petite toile, placée entre deux gravures, l’Incarnation du Verbe et la Cène, produisait un bel effet, et montrait la tendre dévotion de ce pieux pasteur à Jésus-Christ fait chair pour nourrir les siens. Ce petit tableau nous donnait une idée de l’église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste de Nicolet et de ses dépen-
(a) Jacques Pantaléon, archidiacre de Liége, avant sa promotion au Souyerain-Pontificat.
dances à cetle époque. Elle attestait le goût de M. Raimbault pour les beaux-arts, et, comme on l’a déjà remarqué, sa grande dévotion envers la Sainte-Eucharistie. On peut chre que, toute sa vie, il avait travaillé à l'embellissement de la maison du Seigneur. Aussi, se plaisait-il à dose. ce mot du psalmiste : «Domine dilexr decorem domus tuæ. » Ajoutons que, sur sa demande Fe ce mot fut gravé sur son tombeau.
- Nous nous reprocherions d’omettre, en parlant des œuvres de M. Raimbault, la mention de sa prose «des SS. Anges Gardiens,» qu’il composa, étant curé de la paroisse sous ce vocable, dans le diocèse de Québec. Cette fète, qui se célèbre le 2 octobre, il la solennisait avec toute la pompe possible. : La prose que nous mentionnons fut chantée avec l'autorisation de l'Evèque qui l'avait examinée soigneusement. En voici quelques strophes que nous avons copiées, il y a déjà bien des années, du livre du lutrin, et qui nous ont paru notées et écrites de la main de l’auteur. Quelques années après le départ de ce vertueux ecclésiastique de la paroisse qu'il avait desservie avec tant de fruit, Monseigneur Plessis, y étant en visite épiscopale, fit encore chanter cette pièce à l'office du matin; il l'écoutait toujours avec complaisance,
Hymne en l’honneur des Anges.
Felices, concentibus Heureux protégés! redites dans Dicite solemnibus vos chants solennels la gloire de Angelorum gloriam! vos anges.
Vos, memores putare Oh! ne l’oubliez pas, chanteyg la Almam vestri psallite tendre sollicitude qui veille sur Quam illi agunt custodiam. Vous.
In supernis sedibus Aux célestes demeures Funguntur muneribus leurs fonctions sont diverses, Diversis unanimes. mais leurs cœurs sont d’accord,
Numinis Altissimi Messagers allègres et rapides, Has in terras nuntii ils transmettent à la terreles ordres
Jussa ferunt alacres. du Très-Haut.
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Nunc os velant pavidi, Adorantes cernui, Nunc hymnos ingeminant.
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Præmia victoriæ Ipsi norunt gratiæ Et gloriam Numini.
Pascit eos charitas, Nuda beat veritas, Sol verus illuminat.
Qui facit hæc otia Angelis, nos in vià Per hos Deus adjuvat.
Vix puer innascitur Custos cœlo mittitur Ne quid hostis noceat.
Stat propè cunabulo Avertens periculo.
Alumno pervigilat.
Quot monet conciliis, Quot fovet remediis, Nauta, tutor medicus.
Si nutes ille timet, + Devias? ecce dolet, Hic dolor ne pereas.
. $Sed doluisse parüm,
Porrigit ille manum ; Hic dolor ut redeas.
Haustâ Dei gratiâ Victà patientiâ Custos unus superest.
Lenta jam justitia Münitatur fulmina.
Custos obvius adest.
Tantôt, tremblant de respect, ils se voilent la figure et se prosternent en adorant; tantôt, ils répètent à l’envi leurs hymnes de louanges.
Le prix de leur victoire, Ils le reconnaissent, est dû à la grâce, Et la gloire, à Dieu.
La charité, l’amour céleste estleur aliment, la vérité sans voile, leur béatitude, le vrai soleil; le jour qui les éclaire.
Dieu, qui fait, à ces anges cette douce paix, ce repos, nous les envoie pour aides dans notre route vers lui.
À peine unnouveau-né a vule jour, qu’un gardien céleste descend vers lui, de peur que l’ennemi n’ose lui nuire.
L'ange, debout près du berceau, détourne les dangers et veille avec sollicitude sur son petit protégé.
Que de bons conseils insinue, que de remèdes salutaires applique ce médecin, ce défenseur, ce guide!
Chancelez-vous ? ïil s’alarme ; déviez-vous du droit chemin? ïl
s’aflige, il craint de vous voir périr.
Mais il ne s’en tient pas à de stériles alarmes; il vient vous tendre la main; s’il s’émeut, c’est qu’il veut vous voir revenir.
Quand la grâce est épuisée, quand la patience de Dieu s’est lassée, seul l’ange-gardien reste encore.
Si la justice divine, suspendant ses lenteurs, vous menace enfin de ses foudres, à l'instant l’angegardien est là, il se pose à l’encontre comme un rempart.
Piis cedens artibus, Si mutes in melius Quanta causa gaudii!
Particeps lætitiæ Chorus omnis ceuriæ Festa movet cantieis.
annees cesser enseouvoeeeesceeseot Se0bee vec 00
Pro perdito fleverant, De reduce nunc ovant, Tantus amor superis |
O mortalis dignitas!
Cui divina bonitas Tantos dedit præsides.
His ergo gratus amor, Firma fides sit, honor Et vota sint et vreces.
Do0e00e 000008 000000 000006 666008 6066906 ve6000 66650
Tu, qui facis angelos Ignes, Deus, frigidos Nos refove gratiâ.
O beati cœlites, Simus vestri comites In perenni patriâ. Amen.
Si, gagné parses pieux artifices, vous deveñez meilleur; Oh! quel sujet de bonheur !
Partageant son allégresse, tous les célestes chœurs font éclater leurs transports par de joyeux cantiques.
Votre perte avait causé leurs larmes, votre retour présent les transporte, tant savent aimer les anges |!
(8) Dignité humaine !
à qui la bonté divine a donné de pareils protecteurs.
Ferme confiance, honneur, respect, reconnaissance à nos saints anges ; offrons-leur à la fois nos prières et nos vœux.
O vous, qui faites vos anges des feux brüûlants, Seigneur, par votre grâce, réchauffez nos froideurs.
O bienheureux habitants des cieux, faites que mous partagions avec vous l’éternelle patrie. Amen.
On voit dans cette pièce des strophes aimables, heureuses
el suaves.
exercée.
Toutes paraissent porter le cachet d’une lâtinité
Dans le genre profane, pareillement, M. l'abbé Raimbault
a remporté de véritables succès litléraires.
Il est regret-
table que sa modestie nous ait dérobé tant de gracieuses productions. Les petites pièces suivantes feront voir au lecteur combien sont justes les regrets que nous formulons à ce sujet. Voici une occasion, entre autres, où sa muse se sentit provoquée,
Son Excellence le gouverneur Dalhousie, au mois de novembre 1827, avait fait part à quelques amis des beauxarts, qu'il avait convoqués, à cet effet, aux salles du château Saint-Louis, du projet qu'il avait formé, celui d'élever un
per
monument à la mémoire des deux guerriers célèbres qui se sont illustrés sous les murs de l’ancienne capitale. Un bureau de direction fut nommé, et fit appel au savoir des hommes de lettres du temps pour se procurer les inscriptions qui devaient orner ce monument. ; |
Plusieurs essais furent présentés, mais M. Raimbault, n'écoutant encore, cette fois, que son désintéressement et sa modestie, envoya, non pas au bureau de direction, mais à une feuille publique, les pièces que nous citons plus bas. Il voulut garder le plus strict incognito pour ne pas ravir aux concurrents le prix qui leur reviendrait. Quelle délicatesse, quelle grâce dans ces procédés !
Nicolet, avril, 1828.