CHAPITRE PREMIER COMPOSITION GÉNÉRALE
Aperçu des travaux antérieurs. — Nous rappelons ici que nous n'avons en vue, dans tout ce qui précède comme dans tout ce qui va suivre, que l’Asphodelus ramosus L., l'espèce la plus commune dans nos régions et qui avait été l’objet de recherches antérieures.
Dans la première moitié du siècle dernier, les tubercules d'Asphodèle furent, au point de vue chimique, l'objet de nombreux mémoires. Les plus brillantes espérances avaient été fondées sur la transformation en alcool de la matière sucrée qu'ils renferment et on avait été jusqu'à penser que ces tubercules pourraient remplacer avantageusement la betterave, puisque, d'après Clerget et Jacquelain, ils donneraient à poids égaux le double d'alcool. On disait aussi, mais sans le démontrer pourtant, qu'ils devaient être très riches en azote et pourraient, par suite, être utilisés comme engrais. Enfin, on y avait reconnu la présence d’un principe âcre qui, pour certains chimistes, n'aurait été autre chose que de la scilhüne, tandis que d’autres le considéraient comme un principe lout différent.
En 1855, Chevalier reprit la question; dans une «note sur
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AS = les tubercules d'Asphodèle et leur emploi (1}», il résume tout ce qui avait été fait jusqu'à lui sur ce sujet et annonce qu’il poursuit l'étude chimique de cette plante.
Mais depuis cette époque le silence se fait et, non seulement on ne trouve nulle part le compte rendu des travaux promis par Chevallier, mais encore aucun autre auteur n’a, à notre connaissance, publié le résultat des recherches faites sur l’Asphodèle. |
Cependant l’on a, fait quelques essais sur l’utilisation des tubercules employés comme matière première pour l'obtenüon de l'alcool ; je résumerai les documents que j'ai pu me procurer dans le chapitre réservé à l'étude de l'alcool.
I nous à donc paru utile de reprendre l'étude à peine effleurée jusqu'ici d’une plante sur laquelle on avait fondé jadis de si belles espérances, mettant à profit les progrès importants accomplis, depuis Chevallier, par la chimie analytique et les procédés beaucoup plus précis dont elle dispose de nos jours.
Mais la composition chimique d'un végétal est toujours des plus complexes; essayer de la connaître est toujours un travail dont nous ne nous sommes dissimulé ni la longueur ni les difficultés. Aussi n’avons-nous pas la prétention d’avoir épuisé le sujet, mais seulement certaines données encore mal établies en les complétant par les résultats nouveaux qu'il nous à été permis d'obtenir et de mieux préciser qu'on ne l'avait fait jusqu'ici les services que l’on pourrait attendre d'une plante partout abondante sur notre Hitloral méditerranéen.
Dans un premier chapitre nous ferons connaître, telle que nous avons pu l’établir, lacomposition générale des tubercales
(4) Note sur les tubereules d'Asphodèle et sur leur emploi, par M. A. Chevallier fils. Journal de chimie, de pharmacie et de toxicologie. (Tome 1, 4° série, 1855).
d’Asphodèle et les divers procédés qui nous ont permis d'arriver à ces résultats analyliques; dans un second chapitre nous traiterons plus en détail de certains des principes isolés qui nous ont paru mériler une étude spéciale, tant au point de vue chimique que par l'intérêt pratique qu'ils peuvent présenter.
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