‹ Étude Botanique et Chimique de l'Asphodelus Ramosus LinnChapitre 11 sur 30 · RECHERCHES ANALYTIQUES · texte numérisé non relu

RECHERCHES ANALYTIQUES

Parmi les méthodes diverses d'analyse végétale qui s'offrent à nous, nous avons cru devoir choisir celle de Draggendorf (1), qui nous à permis, en effet, d'isoler les principes les plus importants contenus dans les tubercules d'Asphodèle. Nous nous sommes adressé à la série des dissolvants conseillés par cel auleur, en prenant soin de les soumeltre à une purificaion préalable rigoureuse.

Les solutions obtenues ainsi, et contenant les divers principes de la plante, ont été soumises à l'analyse qualitative et quantitative. Ce procédé nous a permis de reconnaître, comme il fallait sv attendre, Imdépendamment de certains composés spéciaux et plus intéressants, un grand nombre des principes qui entrent dans la constitution générale des plantes. Les résultats de cette étude générale sont consignés dans un tableau qui fait suite à ce premier chapitre.

Dessiccation de la plante et détermination de l'eau qu'elle contient. — 500 grammes de tubercules fraîchement récoltés ont été netloyés avec une brosse en chiendent pour les débarrasser de la terre qui y adhérait, puis divisés en rouelles et soumis à la dessiccation à l’étuve à 30° C , jusqu’à ce que deux pesées successives faites à douze heures d'intervalle aient

(1) Encyclopédie chimique, 1. X. Applications de chimie organique. Analyse chimique des végétaux.

ie

donné les résultats identiques ou lout au moins sans différence perceplible de poids.

Dans ces conditions, 500 grammes d'Asphodèle n'ont plus pesé que 98 gr. 30 cent., soit une perte de 80,8 0/0 d’eau.

La pulvérisation des tubercules desséchés offre de grandes difficultés si on s'adresse à ces derniers après qu'ils ont repris la température ordinaire du laboraloire, soit 15° à 18°; elle s'effectue, au contraire, très facilement si on a soin de les chauffer de nouveau à l'éluve jusque vers 30° et de chauffer préalablement ie mortier où doit se faire l'opération. Ce fait trouve son explication naturelle dans l’hygroscopicité considérable des substances contenues dans ces tubercules.

10 grammes de cette poudre desséchés à 100° C. ont perdu 2 gr. 20 cent. de son poids.

Il nous faudra donc multiplier les résultats de cette analyse

Te végétal sec.

par ou 1.282 pour les rapporter à 100 grammes de

En résumé, la perte totale en eau el matières volaliles, à la température de 100°, est de 423 gr. 17 pour 500 grammes de tubercules, soit 84,6 pour 100.

Proportion totale des cendres et leur composition. — 50 grammes de tubercules desséchés à 100° C. ont été progressivement portés à une température inférieure à celle du rouge sombre, laquelle a été maintenue pendant une heure ; ensuite, après refroidissement, la masse charbonneuse, additionnée de quelques gouttes d'acide azotique, a été chauffée jusqu’à ce qu'iln’y eût plus trace de charbon. Nous avons ainsi obtenu 0 gr, 752 de cendres grisâtres, montrant çà et là quelques points verdàtres. La proportion de cendres pour 100 grammes de plante sèche est de 3 gr. 44, et de 0 gr. 55 0/0, rapportée à la plante fraîche.

L'examen spectroscopique nous à permis de conslaler que

es seules bases contenues dans la plante sont la chaux, la

soude et la potasse.

L’alcalinité a été déterminée sur une autre prise d'essai de

: 100 grammes, dont les cendres préparées par une simple inci-

nération ont été épuisées sur un filtre par de l’eau distillée bouillante.

L'analyse nous à donné les résultats suivants :

Alcalinité des cendres en CO3K2....— 0578

Chlorure emNaGl xl. et = MR OO Acide-sulfurique.....:.2. Te 2 (10 Anhydride phosphoriquez... +. :...— 0,04 Chaux... Re M cu teen 00 STNOSTe MNNNNT ARE SR he le es FAO ECS SRE ET RU ni (U

Recherche des matières solubles dans l'élher de pétrole bouillant, au-dessous de 40° C. — Dans un flacon gradué et herméliquement fermé, muni d'un robinet à la partie inférieure, nous avons fait macérer 49 gr. 25 e. de notre poudre, correspondant à 250 gr. de tubercules frais, avee 500 €. c. d’éther de pétrole, pendant huit Jours, et chaque jour, à plusieurs reprises, ce produit à été agité.

L'éther de pétrole prit une coloration Jaune clair. Après ces huit jours de contact, le Hiquide, ramené exactement au volume primilif, fut décanté et filtré. L'examen spectroscopique n°v révéla pas la présence de la chlorophylle, dont les bandes d'absorplion sont si caractéristiques ; les rayons bleus et violets du speclre sont seuls absorbés.

Dans deux cristallisoirs cylindriques, nous avons mis

nus 20 c. ec. de la solution éthérée et les avons fait évaporer à lé tuve de 100 centigr.

Nous avons ainsi oblenu une masse d’un jaune foncé, cor-

respondant à 0 gr. 643 0/0 de lubercules secs. Ce produit est gras au toucher et laisse sur le papier une tache translucide ; il possède une odeur alliacée; sa réaction au papier de tournesol est faiblement acide.

Repris par l’éther de pétrole, le produit a cédé à ce dissolvant O0 gr. 26 centigr. de résine dissoute à la faveur du corps gras. Il ne nous à pas été possible de déceler dans ce produit la présence d’un alcaloïde quelconque, dont la dissolution dans l’éther de pétrole aurait pu être favorisée par la présence des matières grasses.

Enfin, nous avons délerminé par la méthode de Osse la présence d’une huile essentielle; 100 grammes de notre solution ont ainsi abandonné une quantilé d'essence correspondant à O gr. 012 o/o de plante sèche. Nous n'avons pas jugé utile l’étude spéciale de cette essence dont l'extraction, à cause de sa faible quantité, eût été fort coûteuse. Cependant, M. Tombarel, distillateur à Grasse, bien connu pour

sa grande expérience et pour son intelligente installation, :

a bien voulu, sur notre demande, essaver d'isoler l’essence que pourratent fournir 40 kilogrammes de tubercules. Il a eu l'obligeance de nous adresser le produit qu'il a obtenu par disullation de cette quantité de tubercules.

C'est une masse rougeâtre, douée d'une odeur camphrée. Son point de fusion, pris sur la platine chauffante du microscope, est de 42° C.

M. Tombarel nous a envoyé, en outre, une eau distillée d'Asphodèle. C'est un liquide opalescent qui, par son aspect el son odeur, pourrait être pris pour de l’eau camphrée.

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CRÉAS © Recherche des matières solubles dans l'éther sulfurique absolu. — La poudre qui a cédé à l’éther de pétrole les corps

gras dont nous venons de parler à été desséchée dans le flacon même qui la contenait et additionnée de 500 c. ce. d'éther sulfurique, préalablement rectifié sur du sodium.

Nous avons laissé macérer pendant Auit jours, au bout desquels nous avons décanté. Nous*avons ainsi oblenu un liquide d'un jaune foncé. |

100 c. c. de ce liquide mis à évaporer ont abandonné 0 gr. 120 d’un résidu jaune rougeûtre, correspondant à 1 gr. 530 0/0 de poudre. |

Traité par l'éther de pétrole, ce résidu lui à cédé 0 gr. 002 de matières grasses. à

Ce même résidu a abandonné 0 gr. 003 à l’eau disüllée.

Le reste enfin s’est montré complètement soluble dans l'alcool.

Cette solution alcoolique, abandonnée à l’évaporation, laisse un résidu rouge brique.

Les principaux caractères de ce produit résineux sont les suivants :

Sa solution dans l'éther est lévoqyre ; son point de fusion est est de 105° C.; il réduit à chaud la liqueur de Fehling; il est très soluble dans l'alcool et le chloroforme; il est soluble dans le sulfure de carbone et la benzine ; il est insoluble dans l'eau.

Recherche des matières solubles dans l'alcool absolu. — Le résidu du traitement à l’éther sulfurique a été desséché à la tempéralure ordinaire, mis en contact pendant huit jours avec de lPalcool absolu, et agité de Lemps en temps. Nous avons ainsi obtenu une solution brun foncé, contenant 10 gr. 42 0/0 de principes solubles.

Nous avons trituré, avec de la silice, le résidu laissé par l’évaporation de 50 c. c. de cette dernière solution. Ce résidu

a été complètement dissous par l'eau et, dans cette solution aqueuse, nous avons décelé la présence du tanin que nous avons dosé par l’acétate de plomb et par l’acétale de cuivre.

Le résultat par l'acétale de plomb a été de 1 gr. 65 0/0 par l’acétate du cuivre : 1 gr. 60 0/0 de plante sèche. |

Ces deux dosages ont donné des résultats assez semblables pour nous permellre de conclire que nous nous trouvons en présence de tanin sensiblement pur.

200 e. c. de notre solution aqueuse ont été repris par le chloroforme ; elle a cédé à ce dissolvant une matière amorphe, jaunâtre, que nous avons supposé êlre un alcaloïde. Ce corps, en effet, traité par l’iodure double de bismuth et de potassium, a donné un précipité brun jaunâtre. Le chlorure d'or à pris à son contact une coloration d’un rouge violacé.

Dans notre chapitre spécial réservé à l’étude des composés les plus importants retirés de l’'Asphodèle, nous ferons connaître en détail les réactions de ce corps, ainsi que les formes cristallines des sels que nous avons pu former avec lui.

L’extrait alcoolique s’élant dissous complètement dans Peau, nous concluons à l'absence de phlobaphènes dans notre soluüon alcoolique.

Enfin nous nous sommes trouvé en présence d’une matière colorante. Uomme nous n'avons pu déceler la présence d’autres corps dans notre solution alcoolique, nous nous sommes cru autorisé à déduire approximativement la quantité de ce produit en calculant la différence entre la quantité totale de l'extrait alcoolique et la somme des divers corps dont nous venons de parler.

Ainsi que le dit Chevallier (1), nous avons trouvé que «la

(1) Note sur les lubercules d'Asphodèle et sur leur emploi, par M. A. Chevallier fils. Journal de chimie, de pharmacie et de toxicologie. (Tome LH, 4 série, 1855).

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