‹ Etude chimique de l'iodeChapitre 11 sur 21 · IV. — ACTION SUR QUELQUES COMPOSÉS MINÉRAUX · texte numérisé non relu

IV. — ACTION SUR QUELQUES COMPOSÉS MINÉRAUX

L’iode réagit sur l’acide sulfhydrique et les sulfures alcalins, en for-

(1) 'HAiDiNGEn— Annales de physique et de éhimie (3), t. 42, p. 253.

(2) Filhol. — Journal de pharmacie et de chimie (3), t. 6, p. 418.

-fS) Annales de physique et chimie (3), t. 55, p. 122.

(4) H. Obville. — Leçon faite à la Société chimique (1866).

— ni —

mant un iodure avec dépôt de soufre. C’est l’application de celte réaction qui sert à l’analyse des eaux sulfureuses, d’après la méthode de Dupasquier. L’étude de l’action de ce, métalloïde sur les sulfures insolubles a été reprise récemment. MM. Filhol et Mellier (1) ont fait agir sur ces corps l’iode en dissolution dans l’alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone. Toujours le soufre est déplacé : l’action est trèsvive avec les sulfures artificiels et divisés; elle est beaucoup plus lente avec les sulfures naturels; cependant on observe une élévation de tèmpérature assez sensible. Sous l'influence de la chaleur, l’iode chasse aussi le soufre ; en chauffant ce corps avec du sulfure de bismuth BiS®, on obtient de l’iodure de bismuth Bil® en lames cristallines noires (Schneider).

En présence de l’eau, l’iode joue le rôle de corps oxydant vis-k-vls de certains corps qui n’ont pas atteint leur maximum d’oxygénation : telle est son action sur les acides sulfureux et arsénieux ainsi que sur leurs sels. Dans la réaction, l’eau est décomposée; l’oxygène fait passer l’acide à un degré d’oxydation supérieur, tandis que son hydrogène s’unit à l’iode pour former de l’acide iodhydrique,

S’OSIPO» H-r-f H»0’= 2HI-f S’0»,H’0’.

Il est nécessaire d’opérer avec des liqueurs étendues, autrement une réaction inverse pourrait s'établir : l’acide iodhydrique, corps essentiellement réducteur, ramènerait l’acide a un degré inférieur d’oxydation avec production d’iode libre.

A80S3HO-1-,2HI = 2H’0“-1- I''-1-AbO«,HQ.

L’iode décompose l’hyposulfite de soude; il se fait de l’iodure de sodium et du tétralhionate de soude {Fordos et Gélis).

2 p>OSNàÛy-F I == N al-f S«0‘,NaO hyposulfitô de soude tétralhionate de soude.

Lorsqu’on ajoute de l’iode à une solution étendue de cyanure de potassium ; le sel est décomposé et il se fait de l’iodure de potassium et de l’iodure de cyanogène. Si le cyanure est en solution très-concentrée, il

(1) Comptes rendus de l’Institut (1808), t 67, p. 1199.

se forme instantanément de Viûdocyamire K Cy J®, en cristaux aiguillés, incolores, d’une grande finesse (longiois).

L’iode réagit énergiquement sur le chloramidure de mercure (chlo~ rare de dimercurammonium) (AzH®Hg*) Cl. Si l’on triture ces déux corps à sec, il se fait de l’iodure raercurique'rouge. iSi on fait intervenir l’al^ cool, au bout d’une demi-heure, une violente détonation se produit par l’explosion de l’iodure d’azote formé (ScftwarzejiôacA).

L’iode sec décompose l’azotate d’argent sec et il se dégage de l'anhydride azotique Az*0'®. Si l’iode est en dissolution alcoolique, il transforme l’azotate d’argent en iodure et en iodale et l’acide azotique devient libre {Weltzien). M. Naquet a constaté la même action en opérant en présence de l’eau. ,

Lorsqu’on fait passer de l’hydrogène arsénié AsH-ou.del’hydrogèr^e antimonié SblI^sur l’iode, on obtient les iodurea d’arsenic,Aslf et d’antimoine SbP, Cettefacilité de combinaiaon peut fournir une application utile dans les recherches toxicologiques, en recourant h l’appareiLde Marsh, On déprime légèrement le tube .qui d’ordinaireisert la, pro^ duction des ànnèaux et on y place une petite parcelle4’ipde jen chauffe très-légèrement de manière que l’iode volatilisé vienne, par, la condensation de ses vapeurs, tapisser les parois : lorsque, le .tube est pncore un ^eu tièdé, on y fait passer le courant; deigazkSi çe}.uincii,renferin)e;de l’hydrogène arsénié, la réablion commence aussitôt ^et l’iiode !sp,bord® d’un liseré jaune, qui atteint peu à peu 3 pu 4 pm. de longueur : l’inde disparaît complètement. ■ ^ - iij

Avec l’hydrogène antimonié, la réaction est moins ,niaaifesle} tput l’iode s’a'ccumdlepoür former un large anneau, fonçéipassant peU;ù/peu au brun du côté qui régarde la partie effilée.du tpbeÿet aUijanueiOrpjngé du côté de l’appareil. Cet anneau ne s’étend pas et l’iode n'est pas entièrement transformé.

L’iodure d’arsenic jaune chauffé se transforme en iodure rouge avec dégagement d’iode, tandis qu’une autre partie se volatilise en donnant

des vapéurs jaunes que l’on peut condenser.. .

L’iodpre . d’antimoine, dégage' 'dos vapeur^' rôégés''èt' d’antimoine réduiij , ; , ' , ,)/ „ ,, i .Toj:niTJiiK (K)

Cet essai est très-simple et la réaction est extrêmement sensible (1).

En parlant de l’action de riodesiir le soufre et le phosphore, nous avons signalé cette aptitude modificatrice en vertu de laquelle une petite quantité de cet élément change si aisément le phosphore ordinaire en phosphore rouge et le soufre fondu en soufre insoluble. L’iode paraît se combiner d’abord à ces substances; il y a un dégagement de chaleur qui modifie l’état du corps et le change en polymère ; puis, la combinaison se défait pour se refaire plus loin et ainsi de suite de proche en proche. Quoiqu’il en soit, par suite de ce dégagement do chaleur, ces métalloïdes éprouvent une modification qui représenterait en réalité un état polymérique. Le phosphore rouge ne diffère essentiellement du phosphore ordinaire que par une quantité moindre de chaleur totale; en donnant de la chaleur au phosphore rouge, on le transforme en phosphore blanc. C’est la loi ordinaire des corps polymères (2) ; leur formation a lieu en général avec un dégagement de chaleur résultant de la saturation réciproqiue des molécules qui se combinent entre elles et de l’accroissement de stabilité relative du composé résultant.

Cette aptitude modificatrice que possède l’iode se manifeste aussi à l’égard d’un autre métalloïde, le carbone, lorsqu’il est à l’état naissant. M. Berthelot (3) a en effet montré que le charbon, obtenu par la décomposition de l’éther iodhydrique dans un tube rouge, renferme une quantité considérable de graphite, analogue au graphite électrique, qui représente un certain état polymérique du carbone. C’est, comme nous le verrons bientôt, un rôle analogue que joue l’iode vis-h-vis de certains carbures pyrogénés qu’il transforme en corps polymères.

P) Comptes rendus de l'Institut (1868), t. 67, p. 56.

(2) Berthelot. — Annales de physique et de chimie (4), t. 6, p. 343 et 384.

(3) Berthelot. — Bulletin de la Société chimique, 1869 (2), p. 20.

Page 1