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VI. -- EMPLOI DE L’ACIDE lODHYDRIQÜÉ

L’acide iodhydrique peut servir à obtenir des dérivés iodés, lorsqu’on se place dans des conditions particulières, de manière à empêcher son action réductrice ultérieure sur les composés formés.

C’est ainsi qu’il se substitue à l’acide chlorhydrique dans certains colmposés chlorés. M. Lieben a signalé un fait assez constant dans te traitement des composés chlorés de la forme C‘''H*“’‘C1 {carbures forméniques chlorés) par une quantité modérée d’acide iodhydrique à la température de 130® seulement et en tubes scellés. Ces dérivés chlorés

(1) Libohti. — Bulletin de la Société chimique, 1870 (1), p. 633.

(2) De Richter. •— Môme recueil, 1870 (1), p. 241.

(3) Peltzer, — Môme recueil, 1866 (1), p. 451.

sont changés en produits iodés. Telle est la transformation de Véther chlorhydrique C*H“G1 en éther iodhydrique Le chloroforme

C*HC1® est changé en iodure de méthylène C*H*P avec production d’iode libre.

Ces faits rentrent dans les lois générales des phénomènes thermochimiques, puisque, comme l’a montré M. Berthelot, la substitution de l’acide iodhydrique à l’acide chiorhydrique ou bromhydrique s’opère avec dégagement de chaleur. Mais il est important de modérer l'action de l’hydracide ; en continuant à agir sur le dérivé iodé formé, il opérerait la substitution de l’iode par l’hydrogène avec un nouveau dégagement de chaleur et production d’un carbure saturé trèsstable.

La réaction Lieben ne s’applique pas aux dérivés chlorés de la série aromatique, ceux-ci sont changés en carbures relativement saturés j encore cette réaction se produit-elle à une température plus élevée que 130°. C’est ainsi que les benzines chlorées régénèrent la benzine (1).

Récemment, M. Lieben (2) a obtenu, au moyen de l’acide iodhydrique, une substitution sur le chlorobenzyle C‘*ffCl. A cette formule correspondent deux isomères : 1® toluène monochloré (méthylchlorobenzine) C‘’ffCl(C*H*) ; le cWoroôenzy/e C‘*H*(C*H®C1) identique à l’éther benzylchlorhydrique. Le toluène chloré n’est pas modifié à 140° par l’acide iodhydrique concentré; dans les mêmes conditions, le chlorobenzyle régénère le toluène C'*H®. Mais si on opère à froid, en laissant l’action se prolonger pendant trois semaines, on obtient Viodobenzyle C‘*H*(C’fl®I) identique à l’éther benzyliodhydrique.

Par l’action de l’acide iodhydrique sur le silicium, en présence de l’hydrogène, M. Friedel (3) a obtenu un corps très-remarquable, le süiciiodoforme SiHI®, et en môme temps il se fait de l’iodure de silicium SiU*.

Des dérivés iodés se forment encore comme produits de réductions

(1) Berthelot. — Bulletin de la Société chimique, 1868 (1), p. 29.

(2) Lieben. — Môme recueil, 1871 (1), p. 114.

(3) Friedel. — Môme recueil, 1868 (2), p, 82.

intermédiaires dans l’action de l’acide iodhydriquesur les alcools polyatomiques. Noua citerons les exemples suivants :

C«H«0» + 2HI == (Maxwell Simpson).

glycol iodure d’éthylène

C«H'».0» + 7 HI = CHSHI-f 4(H ’0») -f 3P (de Luynes). érythrite iodhydrate de butylène

-f II HI = C‘»H‘»,HI -f- 6(H »D») -f 51’ {Wanklyn et ErUnmeyer). mannite iodhydrate d’hexylène

Avec la glycérine, on obtient deux réactions, suivant les quantités relatives d’hydracide. Si la glycérine est en excès, il se fait C°H“I éther allyliodhydrique et dapropylène C®H®. Si, au contraire, l’hydracide prédomine, on obtient de IHodure isopropylique C®tri et du propylène OT ( 1 ).

Les dérivés iodés obtenus ainsi par l’action de l’acide iodhydrique sur quelques composés organiques sont les produits intermédiaires d’une réduction incomplète, comme l’a montré M. Berthelot dans ses beaux travaux sur la méthode universolle de saturation d'hydrogène (2). Lorsqu'on chauffe un composé organique quelconque à 276% dans un tube scellé, pendant dix heures avec un grand excès d’acide iodhydrique, ce composé est transformé en un carbure d’hydrogène renfermant la même quantité de carbone, et le plus hydrogéné parmi ceux qui offrent cette composition, c’est-à-dire en un carbure de la série forménique OH®"’®. Cette méthode s’applique à tous les composés organiques sans exception. Depuis les alcools, les acides gras jusqu’aux corps aromatiques; depuis les carbures éthyléniques jusqu’à leurs dérivés perchlorurés et jusqu'aux carbures pyrogénés, benzine, naphtaline, etc., tous donnent les mômes réactions. Elle s'applique aussi aux corps azotés, alcalis, albumine et aux matières noires, telles q,ue l’ulmine, la houille, le charbon de bois.

On peut montrer, en effet, que le carbure ainsi obtenu est le résultat

(1) Eblenmeyer. — BulloUn de la Société chimique, 1867 (1), p. 173.

(2) Berthelot. — Même recueil, 1868 (1), p. 8 et Annales de physique et de chimie (4), t. 20, p. 492,

de toute une série de réactions successives. Soit, par exemple, leglycol C*H°0*. Traité par l’acidé iodhydrique, il donne d’abord Viodure d’éthylène C*H*P.

+ 2H1 = SffO* + (Maxwell Simpson).

Puis l’iodure d’éthylène se change en éther iodhydrique comme l’a montré M. Berthelot :

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