INTRODUCTION
La découverte de l’iode reraoole à plus de soixante années, et cependant l’étude de ce métalloïde et de ses combinaisons n’a pas cessé d’étre l’objet des recherches des chimistes; chaque jour encore de nouvelles applications en sont faites à la chimie, à la médecine, aux arts, à l’industrie. Depuis une vingtaine d’années surtout, de nombreux mémoires ont été publiés relativement à sa présence dans presque tous les corps de la nature, question bien agitée, mais qui paraît aujourd’hui définitivement résolue par l’affirmative. L’industrie des varechs et l’extraction de l’iode ont subi depuis quelques années des modifications assez importantes : il m'a semblé utile de faire connaître ces nouveaux procédés industriels, d’autant plus que les ouvrages classiques ne donnent que fort peu de détails sur ce sujet. L’action de l’iode sur les composés organiques, bien différente de celle du chlore et du brôrae, ainsi que la formation des dérivés iodés ont été indiquées dans les publications des journaux scientifiques, sans que personne, du moins à ma connaissance, ait jamais cherché à grouper tous ces faits dans un travail d’ensemble, travail qui m’a paru présenter un certain intérêt et en môme temps quelque utilité.
Telles sont les raisons qui m’ont déterminé à entreprendre une monographie sur cet intéressant métalloïde.
Afin d’apporter plus d’ordre dans l’exposé des faits, j’ai divisé mon travail en cinq parties.
Le premier chapitre comprend l’étude historique de la découverte de l'iode, de son introduction en chimie, et dans la matière médicale.
Dans le second, j’ai cité tous les faits qui permettent d’affirmer son existence dans une foule de produits naturels, dans les eaux courantes, les eaux de pluie, etc., ainsi que les conclusions importantes qui en ont été tirées au point de vue de l’hygiène. Dans cette môme partie, je me suis occupé de l’industrie des varechs, des différents modes d’extraction de l’iode, soit des eaux mères des varechs, soit du nitrate de soude du Pérou.
Le troisième est consacré à l’étude des propriétés physiques et chimiques de l’iode ainsi qu’à ses combinaisons minérales. Afin d’expliquer le rôle un peu spécial de ce corps, j’ai cru indispensable de donner quelques notions de thermochimie que j’ai puisées dans les beaux mémoires de M. Berthelet.
Le quatrième chapitre comprend deux parties: dans la première, j’ai traité l’action de l’iode sur les différents composés organiques, action toute particulière et qui offre peu d’analogie parmi les autres corps de la chimie; dans la seconde, j’ai exposé les méthodes générales de formation des dérivés iodés, composés des plus importants à cause du rôle qu’ils jouent dans la synthèse,
Enfin, dans le cinquième, j’ai donné les caractères de l’iode et de ses sels, les moyens de déterminer sa présence et les principaux procédés de dosage par les méthodes volumétriques.