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II. RECHERCHES DE L’IODE

RECHERCQB8 DE TRÈS-PETITES QUANTITÉS d’iODE.

Le liquide supposé contenir un iodure est introduit dans un tube fermé par un bout et on y verse quelques gouttes de sulfure de carbone; ensuite, à l’aide d’un tube de verre, on ajoute goutte à goutte une solution aqueuse de brôme très-étendue (presque incolore). Le brôme décompose les iodures sans attaquer les bromures et les chlorures. On agite le mélange, l’iode se dissout dans le sulfure de

(1) H. Rose. — Chimie analytique t. 1, p. 615.

carbone en le colorant. Il faut éviter l’emploi d’un excès de hrôme qui détruirait la couleur rose. D’après M. de Luca (1), on arrive ainsi à découvrir facilement l’iode contenu dans 1/100 de milligramme d’iodure de potassium. Au lieu d’eau de brôme, on peut employer la solution suivante préparée au moment de s’en servir : eau distillée 10 gr., hypochlorite de soude 2 gouttes, acide chlorhydrique pur 1 goutte.

La coloration de l’empois d’amidon est encore plus sensible, mais il faut opérer avec beaucoup de précautions dans le maniement des réactifs.

L’eau d’amidon doit être claire et préparée depuis peu de temps. On l’obtient en délayant 1 gr. d’amidon dans 100 gr. à’eau distillée, faisant bouillir pendant quelques minutes, pois on filtre. L’empois doit toujours être employé parfaitement refroidi.

Les réactifs qui Ont été proposés pour mettre l’iode en liberté sont fort nombreux; tous donnent de bons résultats entre des mains exercées. M. Chatin (2) donne la préférence à l’acide nitrique fumant; mais surtout à l’acide sulfurique pur et concentré employé comme nous l’indiquerons plus loin.D’autres expérimentateurs se servent d’un mélange de 10 p. d’acide sulfurique et de l p, d’acide azotique.

L’eau oxygénée est un réactif très-bon et très-maniable, si ce n’est les soins qu’exige sa préparation ; aussi a-t-on proposé l’emploi du bioxyde de barium acidulé par les acides chlorhydrique ou azotique, ce qui revient à faire de l’eau oxygénée (3j.

Le gaz nitreux a été indiqué comme étant le plus sensible de tous les réactifs (4)v'Dans un tube à essai, on introduit une petite quantité d’amidon et d’acide nitrique concentré et l?oa.chauffa doucement audessus d’une lampe à alcool, jusqu’à ce qu’il se manifeste une vive effervescence. On écarte alors la lampr- et on dirige le gaz nitreux dans la liqueur que l’on veut soumettre à l’épreuve et à laquelle on a ajouté

{!) De Luca. — Journal do pharmacie et de chimie (3) t. 25, p. 17.

(2) Chatin. — Mémo recueil (3), t. 17, p.-4l8.

(3) Alvaho-R^ynoso. — Môme recueil (3), t. 15, p. 406.

(4) OvERBEck. — Môme'reouéil (3), t. 24, p. 72.

préalablement de l’empois d’amidon. S’il y a de l’iode, il se produit uçe coloration bleue et si l’action du gaz continue, l’iodure d’amidon se dépose en flocons compactes (Overheck),

M. Grange (I) avait déjà indiqué l’acide hypoazotique pur, sans mélange d’acide azotique, se fondant sur ce que ce réactif n’atiaque ni les brôraures, ni les chlorures.

On peut aussi employer une liqueur obtenue avec : azotite de potasse 0,10, eau'distillée 10 gr., acide azotique pur 4 gouttes. Cette liqueur doit être préparée au moment du besoin; elle présente sur l’eau de brème et la solution hypochloreuse l'avantage de ne pas détruire aussi rapidement la coloration bleue produite.

Quel que soit le réactif dont on fait usage, voici comment il faut opérer. Le liquide supposé contenir un iodure est évaporé à siccité dans une capsule de porcelaine à l’aide d'une douce chaleur ; puis avec une baguette de verre, on promène sur le résidu une goutte d’eau amidonnée, on fait de nouveau dessécher et on laisse refroidir. Alors on ajoute une trace d’un des réactifs et aussitôt la couleur bleue ou violacée apparatt. En opérant ainsi, nous avons pu constater la présence de l’iode dans une goutte d’une solution contenant 1 milligramme d’iodure de potassium dans 100 gr. d’eau, c’est-à-dire avec 1/2000000 degramme d’iodure de potassium. Toutefois il est nécessaire d’opérer avec les réactifs récemment préparés comme nous l’avons dit, sous peine d’obtenir des résultats négatifs môme avec des quantités d’iodure relativement plus notables.

HBCHERCBES DE l’iODE DANS DIFFÉRENTS PBODOITS (eAOX MINÉRALES. — EADX DOUCES. — PLANTES. — URINES, ETC.)

Les procédés de recherches qui ont été indiqués à ce sujet varient avec la nature des substances. Nous en mentionnerons quelques-uns.

La méthode recommandée par MM. Chatin et Bouis est très-simple. Elle s’applique aux eaux douces comme aux eaux de pluie; toutefois

(1) Granob. — Journal de phamaoie et de chimie, (3), t, 19, p. 425.

elle exige, à certains moments de l’opération, quelques attentions dont l’oubli entraîne certainement la perte de l’iode. Deux ou trois litre? d’eau sont additionnés de carbonate de potasse pur (1 décigramme. par litre) (I) et évaporés lentement à siccité ; le résidu est immédiatelnent calciné et broyé dans la capsule môme à l’aide d’un tube de verre ave ^s de l’alcool pur à 90®. On décante et on évapore doucement à siccité après avoir ajouté à Palcool un peu d’eau distillée pour éviter de grimper. On calcine légèrement et on reprend le résidu à trois fois par quelques grammes d’alcool pur à 95®. Après addition d’un peu d’eau distillée, on évapore très-doucement dans une capsule de porcelaine à fond obconique et on calcine légèrement. Le résidu qui doit être incolore et presque nul, est traité dans la capsule même par une ou deux gouttes d’eau d’amidon et essayé par les réactifs (acides sulfurique, qzotique, sulfazotique).

Le carbonate de potasse doit être en excès notable par rapport,aux sels calco-magnésiens et à la matière organique, autrement tout ou partie de l’iode se perdrait au moment de la calcination. L’opération peut aussi manquer si oh la termine dans une capsule trop grande et à fond plat.

Si l’eau renferme de la silice et des sels calcaires, elle précipite après l’addition du carbonate dépotasse; il est préférable alors de filtrer avant de la soumettre à l’évaporation.

A chaque recherche, il est nécessaire de faire des contre-épreuves à blanc.

Pour reconnaître avec certitude des traces très-faibles d’iode dans les eaux salées ou dans un mélange salin, M. H. Rose se fonde sur la facile réduction des iodates par l’hydrogène naissant. A un certain Volume do la liqueur, on ajoute un peu d’eau de chlore, puis de l'acide sulfurique étendu afin de faire passer l’iodure à l’état d’iodato; on y met alors un très-petit fragment de zinc et lorsque le dégagement de gaz, qui du reste doit être très-lent, a duré quelques instants, on ajoute

(1) On peut employer pour cela le carbonate provenant de la calcination du bicarbonate on du bitartrato de potasse ; ces sels ne contiennent pas d’iode.

quelques goulles de ôulfure de carbone^ ce dernier prend une teinte, rose.

Cette méthode permet de rechercher la présence de l’iode dans l’aei.de nitrique qui le renferme toujours à l’éljat d’acide iodique. On ré.tend d’eau et on ajoute un peu de zinc ou d’dtain, puis on laisse reposer le tout quelques instants; on enlève alors le. métal et on agile avec du sulfure de carbone.

MM. 0. Henry et Hao)bert,.dans un mémoire présenté à l’Académie de médecine (décembre 1357} (1)^ ont indiqué un précédé pour la découverte de petites quantités d’iode ot, de brème dans les eaux miné”' raies. Ge procédé est applicable noaTsenlement aux analyses hydrologiques^ mais encore toutes les fois qu’il s’agit de rechercher ces métalloïdes soit après l’usage de ces agents médicamenteux, soit, dans les questions de médecine légale, H présente certains avantagea en.ce sens qu’ii permet d’opérer sur de grandes quantités de liquide sans, que l’évapoiatioB soit nécessaire; de plus on ne mélange a l’ea.u aucune matière qu’on puisse acoussr de renfermer elle-même de riodOt On peut opérer directement sur l’eau ou sur le résidu de son évaporaUon plus ou moins concentré. A ce liquide on ajoute un léger excès d’asotate d’argent fortement acidulé par l’acide azotique; on laisse déposer pendant 24 heures. Le précipité renferme le chlorure, le bromuro. et l’iodnre d’argent. Ces sels sont recueillis sur un hitre, soigneusemont lavés et bien desséchés. On les mélange intimement avec une pelilç quantité dé cyanure d’argent parfaitement sec, p.uis on divise la, Utusse avec queues fragments de verre bien lavés et bien desséché, èt en introduit le tout dans un tube assez long que l’on peut reUor Ù un appareil à dégageinént do chlore. Le mélange des sois d’argent ainsi disposé est légèrôniént chauffé à l’aide d’une. lamiPU; à alcosol ét SPWnis h un courant de chlore bien kvé ét hU n desséché- hu ehlpre déplace le Ifrômei' Fiodo et le cyanogène,} Outre; le oUjorniie d’argeDl,^ il -se. fait de l’iodareetdu bromure de cyajw^èaé^ çfiLCps^très-volatils que l’on peut facilemeul ^PPdenser et sur lesquels le chlore sec n’a pas d’action.

St

(I) Journal de phurmacie et de chimie (3); t. 32, p. 401.

La différence entre les points de srtbliraalion du bromure et de !’iodure de cyanogène, permet de séparer facilement ces deux corps. On plonge dans de l’eau» à 30% l’extrémité du tube où sont les deux cyanures; en môme temps on entoure la partie hors du liquide d’un tampon de coton, qu’on arrose avec quelques gouttes d’éther. Le bromure de cyanogène, volatil à 1 AS distille et se condense dans le point refroidi ; l’iodure, volatil à 45” seulement, reste à la partie inférieure^ Les produits ainsi obtenus sont d’abord soumis à l’examen physique, puis vient lé contrôle des propriétés chimiques. Pour cela, on dissobl les cristaux dans un peu d’eau distillée ; on yajoute de l’eau d’amidon., une trace d’acide chlorhydrique et un peu de sulfite de soude; il sç fait du sulfate de soude, de l’acide cyanhydrique et l’iode, mis à nq, colore l’amidon en bleu. Il est prudent d’ajouter au mélange un peu d’éther, qui se colore en jaune parlebrôme mis en liberté, si ce corps existe dans la matière soumise a l’essai.

On peut encore traiter la solution d’iodure de cyanogène par un trèspetit fragment de sodium; il se fait un cyanure et un iodure alcalin. La liqueur est additionnée d’empois d’amidon et évaporée à siccité à une douce chaleur. La capsule, au fond de laquelle se trouve ce mélange, est alors renversée sur une soucoupe, dont le fohd est recouvert d’une légère couche de chlorure de chaux, Le chlore nie larde pash décomposer l’iodure alcalin, et on arrête l’opération lorsque la coloration est devenue manifeste.

S’il s’agit de découvrir l’iode dans les plantes, c’est dans le produit de l’incinération qu’on doit rechercher ce métalloïde. Celle-ci s’opère en mouillant préalablement les plantes d’une solution de potasse ou de carbonate de potasse bien exempts d’iode. Il faut éviter un trop grand excès d’alcali, qui communiquerait aux cendres de la fusibilité et pourrait entraver l’action des réactifs. Dans ses recherches, M. Cbalin (1) faisait bouillir la cendre avec quatre fois soù poids d’eào distillée, pehdaut un quart d’heure; la solution filtrée était mêlée d’empois d’amidon et disposée dans quatre verres. Le premier verre était additionné d’acide

(1) Journal de pbatmaeie et de chimie, (3) t. 17g p, 418,

sulfurique, le second d’acide nitrique,' le troisième de nitrate de potasse et d’acide snlfurique, le quatrième verre étàit laissé comme terme de comparaison.

itl. Bonis rècommande de traiter le résidu de l’incinération par de l'alcool de moyenne concentration, à 66% de manière à obtenir une pâte liante qui s’écrase facilement. On l’épuise par l’alcool à plusieurs reprises. On décante le liquide et on évapore à siccité. Le résidu est introduit dans un petit tube à essai etadditioriné de une ou deux gouttes de perchlorure de fer; par une très-légère élévation de température, l’iode se dégage, et en exposant au-dessus du mélange du papier amidonné humide, on voit ce dernier prendre une coloration bleue bien marquée De très-faibles traces d’iode sont décelées par ce moyen.

Le procédé indiqué par M. Boui^ s’applique également bien à la recherche de l’iode dans les urines. Lorsqu’elles en renferment une proportion notable, on opère directement; dans le cas contraire, on évapore à siccité un certain volume d’urine ; on reprend le résidu par l’alcool et on opère comme précédemment. Les brômares n’étant pas décomposés par le perchlorure de fer, leur présence ne gêne en rien la recherche de l’iode.

Celte méthode permet aussi de doser l’iode contenu dans une eau indurée. On mesure un litre de l’eau que l’on veut doser ; on la met dans une cornue avec addition de perchlorure de fer, et on soumet à la distillation. Tout i’iodé passe dans'Ies premiers centimètres cubes; on le récueillo dans une solution d’iodure de potassium, et on le dose par une des méthodesque nous allons indiquer^

111. — pOSAGES YOLÜMÉTRIQUES DE L’IODE ET DES lODURES. ■ DOSA&JE DE l’iodb usas.

1» MeSioàe ^ iÉT B'ünsèn '— est basée sur l’action

oxydante qu’exerce l’iode sur urne^lissolution étendue d’acide sulfureux.

On prépare une solution d’acide sulfureux, que l’on étend d’eau distillée bouillie, de manière qu’elle ne contienne pas plus de 4 à 5 ceniènies de son poids d'acide. On commence par la titrer avéc une solution normale d’iode, contenant 12 gr. 7 par litre. Pour doser un iode, on dissout un poids connu de matière contenant 1 décigr. d’iode environ,dans 4 à 5 cent, cubes de solution d’iodure de potassium, puis, à l’aide d’une burette, on y verse la solution sulfureuse titrée, de manière à décolorer complètement la liqueur employée. On ajoute alors de l’empois d’amidon, et on dose l’excès d’acide sulfureux par la liqueur normale d’iode, jusqu’à ce qu’on ait une coloration bleue persistante. La différence entre le volume d’acide sulfureux ajouté et celui que l’on a dosé par l'iode normal, donne le volume de la dissolution titrée d’acide sulfureux qui est intervenu dans la première réaction pour transformer tout l’iode en acide iodhydrique. On en déduit le poids de l’iode (127 iode correspondent à 32 acide sulfureux).

La méthode de M. Bunsen est d’un usage délicat, qui ne permet guère son emploi dans l’industrie. La volatilité de l’acide sulfureux, sa facile oxydation, sont degravesinconvénients; de plus,il est nécessaire de l’employer en solution très-étendue. Peut-être obtiendrait-on de meilleurs résultats en se servant d’une dissolution d’acide sulfureux dans la glycérine. Cette dissolution se conserve très-bien ; étendue avec de l’éau bouillie, elle pourrait servir comme liqueur iodomèlrique.

Méthode de Mohr. — A l’emploi de l’acide sulfureux, Mohr a substitué l’arsénite de soude, dont la solution se conserve très-bien. Lçi liqueur arsénieuse se prépare en dissolvant 4 gr. 95 d’acide arsénieux dans du bicarbonate de soude. On préfère ce sel au carbonate de soude ordinaire, parce qu’il est toujours exempt de sulfites et d’hyposulfites; on étend ensuite la liqueur de manière à ce qu’elle occupe un litre. ^

La solution normale d’iode est préparée avec I gr. 27 d’iode pur, que l’on dissout dans un litre d’eau, à l’aide de l’iodure de potassium.

Pour essayer un iode, on en pèse I gr. 27, que l'on place dans un mortier en porcelaine avec un volume connu et en excès de la dissé^ lution arsénieuse titrée, et l'on triture riode sous le liquide. Tout se dissout, et la liqueur reste incolore. On àjoote alors de l’empois d’a-

midon, et l’on litre au bleu par la solution normale d’iode, de manière a déterminer l’excès d’arsénite de soude ajouté.

Quand l’iode est à l'état d'iodure, on en met un poids connu dans un ballon avec de l’eau et un excès de perchlofure de fer. Le ballon communique, par un tube à dégagement, avec un malras à long coi, contenant un volume connu et excédant d’arsénite de soude. Par l’ébullition, l’iodeest chassé et vient se dissoudre dans la liqueur arsénieuse. Quand on n’aperçoit plus trace de vapeur d’iode, on ajouté de l’amidon .et on détermine, comme précédemment, par la liqueur normale d’iode, l’excès d’ursénite de soude.

3* Procédé de MM. Fordos et Gélis. — Gette méthode repose sur l’action qu’exerce l’hyposulfite de soude sur l’iode d’après l’équation suivante :

2(S»0»,NaO) + I — Nal + S*0*,NaO hyposulüte de soude, 'tëtrathionate de soude.

On prépare une solution contenant 24 gr. 80 d’byposulfile do soude pur et cristallisé (NaO, S*0*, 6Aq), pour 1000 cent, cubes. Un cent, cube de cette liqueur représente 0 gr. 0127.

A la solution iodée on ajoute de l’empois d’amidon, puis de l’hyposulfite de soude jusqu’à décoloration complète. La quantité d’iode est indiquée par le nombre de centimètres cubes de solution d’hyposulfite.

Celte méthode ne donne des résultats exacts qu’à la condition de litrer la liqueur d’épreuve toutes les fois qu’on a une analyse à faire. C’est là on inconvénient grave pour les arts industrielsj de plus, le moment exact de la décoloration est difficile à saisir.

4* Méthode de u. Bobkrre pour le titrage de l’iode commercial. — Cette méthode est une modiGcation apportée à celle de Mohr, à la suite de la remarque faite par M. Bobierre, que, môme en employant de l’einpois très-frais, la netteté de la réaction est difficile à saisir, la couleur bleue franche étant précédée de nuances lie de vin, violet, etc., qui disparaissent par l’agitation (1).

(1) Union pharmaceutique, 18â9, p. 16.

M. Bobierre opère un dosage direct en substituant à la réaction de l’amidun, la coloration rouge que l’iode donne à la benzine. Voici le mode opératoire : on prépare une solution concentrée d'iodure de potassium qui devra rester invariable pour une série d’essais déterminés. Cette solution est destinée à recevoir l’iode à essayer.

La liqueur arsénieuse se prépare en faisant dissoudre 4 gr. 95 d’acide arsénieux et 14 gr. 5 de carbonate de soude pur et cristallisé dans I litre d’eau. On prépare ensuite une solution assez concentrée de bicarbonate de soude.

Dans un petit flacon de 125 centimètres cubes environ, à large ouverture et bouché h l’émeri, on introduit 10 centimètres cubes d’arsénile de soude et 5 centimètres cubes de solution de bicarbonate de soude ; le tout est additionné de 4 centimètres cubes environ de benzine parfaitement incolore.

D’un autre côté, on pèse un certain poids d’iode bien pur que l’on fait dissoudre dans la solution concentrée d’iodure de potassium, de manière à avoir 100 centimètres cubes. On agite et on verse dans une burette. En faisant tomber goutte à goutte la solution iodée dans l’arsénite et agitant vivement, on voit la coloration brune disparaître instantanément; mais à peine l’arsénito est-il transformé, que des traces d’iode libre donnent lieu à un double phénomène : 1° la benzine devient, rose 2" lé liquide aqueux prend une teinte jaunâtre trèssçnsible. Ce premier eosai fait avec de l’iodq pur a pour but de déterminer le titre de l’arsénile, de soude.

Un second essai fait sur l’iode à titrer employé sous le même poids donne im,ntédia.tement la richesse cherchée.

Les volumes de dissolution employés sont en effet inversement proportionnels à la q uantité d’iode réel à déterminer.

Cette méthode est simple, rapide et basée sur des réactions trèssensiblos.

npSAOE DES lODUBES.

Méthode de M. Dupré. — Ce procédé est fondé sur la transformation de l’iodo en acide indique sous l’influence du chlore et de fean. L’eau chlorée, facilement altérable, est remplacée par la dissolution

d’hypochlorite de soude ou de chaux; U est nécessaire d’opérer avec des dissoIulioDS étendues.

On titre d’abord la solution chlorée à l’aide d’une quantité connue d’iode. Pour cela, à 1 litre d’eau distillée on ajoute 1 gr. 308 d’iodiire de potassium pur qui renferme 1 gr. d’iode. On mesure 10 centimètres cubes de cette liqueur qui représente 1 C'mtigramme d’iode ; on l’introduit dans un flacon bouché à l’émeri de la capacité de 200 à 300, céntimètres cubes ; on y ajoute du chloroforme ou du sulfure de carbone, ou encore de la benzine, 4 centimètres cubes, puis quelques gouttes d’acide chlorhydrique pur, et enfin, peu à peu, la solution d’hypochlorite, en ayant soin d’agiter de temps en temps. On continue à verser ainsi l’hypochlorite jusqu’à ce que le dissolvant devienne incolore. On note le nombre de centimètres cubes correspondant.

On répète la même opération avec la liqueur à titrer préparée dans les mômes proportions que la liqueur normale et on en déduit sa richesse en iode.

Celle quantité est directement proportionnelle au nombre de centimètres cubes de solution chlorée employée.

La méthode de M. Dupré donne des résultats très-précis, lorsqu’on a soin d’éloigner de la solution tous les corps qui pourraient être attaqués par le chlore ou l’iode (1 ).

Procédé de .If. 5. Rabourdin. — Le procédé proposé par M. S. Rabourdin (2) pour le dosage de Tiode à l’aide de chloroforme, s’applique surtout aux substances organiques et particulièrement h l’huile de foie de morue.

Pour faire cette recherche, à 50 grammes d’huile de foie de morue on ajoute 5 grammes de potasse caustique en dissolution dans 15 grammes d’eau distillée et l’on chauffe cè mélange dans une cuiller de fer jusqu’à destruction complète de la matière organique. Le résidu de la combustion est lessivé avec une petite quantité d’eau distillée, et, après avoir filtré, on y ajoute 10 gouttes d’acide azotique, I à

(t) PoaaiALE. — Traité d’analyse chimique.

(2) Journal de pharmacie et de chimie, (3), 1.10, p. 13.

2 grammes d’acide sulfurique concentré et i grammes de chloroforme, puis on agite vivement. Par le repos, le chloroforme se dépose coloré en violet.

D'un autre côté, on prépare une liqueur titrée renfermant 1 centigramme d’iodure de potassium pour 100 grammes d’eau distillée, de sorte que 10 grammes représentent un milligramme d’iodure. On prend donc 10 grammes de cette dissolution, on y ajoute 2 ou 3 gouttes d’acide nitrique, 20 gouttes d’acide sulfurique et 4 grammes de chloroforme ; par l’agitation on obtient une coloration que l’on compare à la nuance donnée par l’huile de foie de morue ; on est ordinairement obligé d’ajouter 1,2 ou 3 grammes de liqueur titrée pour que la nuance soit de même intensité.

M. S. Rabourdin a essayé les huiles de foie de morue brune, blonde et blanche du commerce, et pour obtenir une coloration d’intensité égale à celle donnée par 50 grammes d’huile, il a employé en moyenne, pour l’huile brune, 14 grammes de liqueur titrée, ce qui correspond à 0 gr. 0014 d’iodure de potassium, et pour les deux autres espèces l2 grammes seulement de liqueur: 50 gr. d’huile renfermeraient donc sensiblement 0 gr, 001 d’iode.

M. S. Rabourdin fait remarquer en outre que le chloroforme pur prend une belle couleur violette en dissolvant une petite quantité d’iode, tandis qu’on n’obtient plus qu’une teinte vineuse s’il contient de l’éther éthylique, môme en petite quantité.

Procédé de M. de Luca. — M. de Luca (1) a appliqué au dosage de l’iode le procédé qu’il a indiqué pour la recherche de cette substance.

On prépare une solution normale de brôme en dissolvant I gramme debrômedans 4 litres d’eau distillée. On prend 40 centimètres cubes de cette dissolution et on y ajoute 960 centimètres cubes d’eau de manière à compléter 1 litre. Chaque centimètre cube de cette nouvelle solution contiendra 1/100 de milligramme de brôme.

Deux pipettes effilées et graduées sont nécessaires pour faire cette opération, l’une pour prendre l’eau brômée, l’autre pour prendre le

(1) Journal de Pharmacie et de Chimie, (3), t. 25, p. 22 .

sulfure de carbone, car il est nécessaire d’eraployèr toujours la même quantité de sulfure afin de mieux apprécier la nuance de coloration sous le même volume de liquide. Les deux pipettes peuvent être remplacées par deux burettes convenablement graduées.

Après une première opération, on enlève le sulfure de carbone coloré par l’iode ; on le remplace par une nouvelle portion de ce liquide et on répète ce traitement jusqu’à ce que le sulfure ne se colore plus.

La quantité de brômé employée, diminuée de celle qui n’a pas coloré le sulfure de carbone indique, par un simple calcul fondé sur les équivalents chimiques, la quantité d’iode mise à nu et contenue dans la substance analysée.

La solution normale de brème employée doit être ajoutée par gouttes et on doit déterminer d’avance combien de gouttes forment un centimètre cube.

M. de Luca a appliqué son procédé pour doser à la fois le chlore, le brôme et l’iode contenus dans un mélange donné. Ce problème, toujours difficile par les méthodes ordinaires, se résout très-facilement de la manière suivante :

A l’aide d’une solution titrée d’azotate d’argent on détermine la quantité d’argent nécessaire pour précipiter les trois métalloïdes, puis, au moyen de la liqueur normale de brôme, on dose l’iode ; enfin à l’aide d’une solution titrée de chlore, on dose ensemble le brôme et l’iode, et on obtient ainsi les éléments nécessaires au calcul.

La solution de chlore doit être très-étendue et titrée avant l’expérience à l’aide d’une dissolution titrée d'iodure de potassium. On procède pour cela avec le sulfure de carbone comme on l’a indiqué dans l’essai précédent.

Vu et permis d’imprimer : Bon k imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Parii, A. MOÜRIER.

Le Ditecuw de t’Èccle, BUSSV.

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