TECHNIQUE DES MESURES
Nous avons employé toujours un excitateur bipolaire dont les électrodes nues étaient distantes de 8 mm. environ. La cathode, électrode active, étant l’électrode considérée dans le repérage de l’excitation.
Nous avons utilisé le circuit habituel pour les excitations simples prenant comme force électro-motrice, le courant 110 volts continu fourni par une batterie d’accumulateurs. Ce courant était relié aux deux extrémités de la gouttière potentiomètre. Le circuit de décharge était shunté, La résistance entre les électrodes (dure-mère comprise) mesurée au pont de KOHLRAUSCH a donné (RizzOLO et mesures personnelles) des chiffres voisins de 4.000 ohms, on peut donc admettre pour résistance équivalente au circuit de décharge : R, la valeur donnée par :
1 1 1 R=—7.000r1 avec —— -+ ri voisin de 1800 R—8.800 ri 3000 4000 Chronaxie : + (en secondes)—Cw (farad)XR (ohms) X0,37
soit :
r (en ç)—Cw (en millièmes de microfarad) X 33 X 10-4
Mesures des seuils et enregistrement
Le larynx était préparé comme pour la recherche des chronaxies des nerfs laryngés inférieurs ; pour faciliter la lecture des seuils, nous avons encore employé la méthode graphique, grâce au petit ballonnet de baudruche introduit par l’ouverture trachéale haute jusque dans la fente glottique et relié à un tambour inscripteur de MaAREY. Ce procédé fut, la plupart du temps, assez sensible et avait l’avantage de rester comparable à lui-même au cours des mesures de seuils successifs.
L’animal respire par une canule introduite plus bas dans la trachée. Le ballonnet étant placé en bonne position, les mouvements respiratoires glottiques s'inscrivent par le déplacement de la pointe du stylet inscripteur.
Si l’on stimule le point moteur cortical de l’adduction avec une intensité suffisante, on note une élévation de la flèche inscriptrice qui trace sur le cylindre enfumé une oscillation à sommet supérieur dépassant de quelques millimètres le niveau normal du tracé.
Dans certains cas, un stimulus efficace porté au niveau du centre d’abduction exagère le mouvement de descente du style (mouvement physiologique inspiratoire) et inscrit une petite oscillation à sommet inférieur.
Néanmoins, nous avons cru devoir vérifier au cours des expériences la sensibilité de cette méthode, et, pour cela, nous avons modifié la technique. En agrandissant un peu la brèche haute, il était facile de pratiquer l’examen direct des cordes vocales en s’aidant d’un éclairage accessoire (placé au niveau de la gueule entr’ouverte) ou par un miroir larÿngoscopique introduit dans la trachée. Nous n’avons que très rarement pratiqué une laryngoscopie par les voies naturelles parce qu’elle nécessitait une position spéciale de l’animal (tête en hyperextension, langue fortement tirée en avant), ce qui pouvait déterminer des modifications importantes de chronaxie (fait que nous avons d’ailleurs vérifié au cours de nos expériences).
Dans certains cas, nous avons terminé l’observation par une thyrotomie médiane, mettant les cordes directement à découvert, mais ce procédé ne permet pas de prendre des mesures ayant une valeur physiologique normale, Nous préférions introduire l’extrémité de l’auriculaire dans le larynx et contrôler par contact direct les mouvements des cordes.
— lo —
Pour une excitation liminaire, nous n’avons jamais obtenu qu’une réponse croisée. 4
Si toutefois la détermination du seuil est souvent facile, d’autres fois, l’animal manifeste de l’impatience, une polypnée violente avec tendance aux aboiements s’enregistre sous forme de longues traînées : véritable balayage du graphique (chez certains animaux nous avons dû avoir recours à la morphinisation).
L’adduction des cordes est d’ailleurs beaucoup plus facile à déclencher que l’abduction. Celle-ci ne s’observe jamais lorsque la position du cou est anormale, soit qu'il soit trop tendu ou que la tête soit rejetée en arrière.
La tension du ballonnet a également une certaine importance. Il ne faut pas qu’elle soit trop élevée car alors les constrictions fortes seraient seules capables de s’inscrire sur le graphique, les dilatations étant rendues inefficaces par la distension du larynx.
Des excitations portées sur les centres laryngés moteurs corticaux, l’influx nerveux emprunte, pour atteindre le larynx, la voie des nerfs laryngés et il est important de vérifier certains faits déjà connus par différentes sections ; ce que nous avons fait au cours de plusieurs expériences. Enfin, comparant la chronaxie de la zone motrice et celle des fibres récurrentielles hétérolatérales, il était intéressant de voir ce que deviendrait cette dernière lorsque l’on vient à supprimer le centre par abrasion ou en l’anesthésiant localement.
Dans toutes ces expériences, le chiffre de la rhéobase est donné en volts (mesurê par lecture directe du voltmètre). La capacité chronaxique est donnée en millièmes de microfarad, La chronaxie, calculée à partir de ce dernier chiffre, est exprimée en a (millième de seconde).
Dans les premières expériences, nous avons eu pour but de répéter les expériences de KRAUSE en excitant les centres corticaux et en observant la réponse au niveau du larynx. Mais de plus, nous avons systématiquement pratiqué les mesures chronaximétriques.