INNERVATION VASO-MOTRICE
De nombreux auteurs se sont adonnés à son étude.
VULPIAN, en 1875, mettait en évidence l’existence de fibres vaso-constrictrices par l’excitation du nerf vago-sympathique.
Les recherches de HÉDON ont établi la présence de fibres vasodilatatrices et sécrétoires pour la muqueuse du larynx dans le nerf laryngé supérieur (communication à l’Académie des Sciences en 1896).
Ces résultats étaient opposés à ceux de SpPiess.
En 1907, HÉDoN décrit dans un mémoire sur « l’innervation vaso-motrice du larynx » le trajet des fibres vaso-constrictrices contenues dans le sympathique. L'origine des fibres vaso-dilatatrices qui seraient contenues dans le nerf laryngé supérieur resterait à élucider.
BROCKAERT fit intervenir le rôle du nerf récurrent dans la régulation de la circulation, mais son action vaso-motrice reste discutable. Il publia en outre un mémoire sur les nerfs sympathiques du larynx.
SCHULZE, en 1909, affirme que les fibres vaso-dilatatrices de la muqueuse laryngée sont amenées au nerf laryngé supérieur par le pneumogastrique et que les vaso-constricteurs contenus dans la partie inférieure du vago-sympathique se rendraient dans le récurrent et dans le rameau trachéal; mais l’expérimentation
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est difficile du fait des richesses anastomotiques entre tous ces nerfs et de leur ténuité.
De nombreux auteurs se sont également attachés à cette étude et il faut citer les noms de BILANCION: et TARANTELLI, de JACOB, de CANESTRO, de LASKIEWICZ, de Marx.
En résumé, l’expérimentation chez le chien a donné les résultats suivants. L'examen doit être fait par laryngoscopie, la thyrotomie, d’après HÉDON, devant fausser les résultats, par suite de l'exposition de la muqueuse à l’air sec.
L'observation porte sur la région aryténoïdienne et l’épiglotte, les animaux étant curarisés et soumis à la respiration artificielle (les anesthésiques employés par certains auteurs ayant été rejetés par HÉDON et BROCKAERT).
L’excitation du sympathique détermine une vaso-constriction. On peut la faire soit sur l’anse de VIEUSENS, soit sur le sympathique isolé au uiveau du ganglion cervical supérieur. Dans ces conditions, l’hémilarynx du côté excité pâlit fortement et ce phénomène persiste pendant quelque temps après l’excitation.
Le trajet des fibres vaso-constrictrices a été étudié par HÉDON. Ces nerfs sortent de la moelle par les premières racines dorsales, gagnent le premier ganglion thoracique par les deux ou trois premiers rameaux communicants dorsaux, puis le ganglion cervical inférieur par l’anse de VIEUSSENS. Ils remontent dans le vago-sympathique jusqu’à l'émergence du nerf laryngé. dont ils suivront le traiet. D’autres fibres descendraient de la partie supérieure de la moelle par le ganglion cervical supérieur.
Malgré ce trajet des fibres vaso-constrictrices dans le nerf laryngé supérieur, l’excitation de ce dernier ne détermine pas de vaso-constriction.
Quant au mécanisme de ces phénomènes vaso-moteurs, si pour la vaso-constriction, il s’agit d’après tous les auteurs d’un phénomène actif : action sur la musculature lisse des parois artérielles ; pour la vaso-dilatation, le phénomène serait pour certains de l’ordre des actions nerveuses inhibitoires.
Quelques auteurs ont étudié un réflexe vaso-dilatateur laryngé par mise en jeu de la sensibilité de la muqueuse. Alors que, pour eux, l’excitation du bout central du nerf laryngé supérieur ne produirait pas de vaso-dilatation réflexe (ce qu’ils attribuent à l’absence de voie de retour, le nerf laryngé supérieur étant coupé, et le réflexe étant unilatéral), HÉDON interprète ce fait comme un réflexe court dont le centre de réflexion se trouverait dans le larynx, d’autres auteurs en font la manifestation de réflexes d’axone ou pseudo-réflexe mais cette question est discutée. Il faudrait admettre que l’influx nerveux puisse se propager dans le sens antidromique.
Nous verrons au cours de nos expériences le sens des phénomènes que nous avons observés et mesurés.
où =
Les glandes à sécrétion interne ont une influence sur la vasomotricité du larynx et réciproquement.
Pour certains, l’excitation du bout périphérique du nerf laryngé supérieur déterminerait la sécrétion d’une substance qui augmenterait l’excitabilité du nerf dépresseur. Peut-être s’agit-il là “d'une augmentation de la fonction thyroïdienne sous l’influence de Ia vaso-dilatation. Nous étudierons d’ailleurs le rôle de la thyroïde sur l’excitabilité du nerf laryngé supérieur. (Si l’excitabilité du nerf laryngé supérieur ou inférieur provoquait une hypersécrétion glandulaire, il devrait y avoir retentissement de celle-ci sur les nerfs dont l’excitabilité serait modifiée). CYOoN a montré que les fibres nerveuses vaso-dilatatrices destinées au corps thyroïde venaient des nerfs récurrents et OSSOkIN a prouvé qu’il était, en outre, innervé par les nerfs laryngés supérieurs; les vaso-constricteurs lui étant fournis par le sympathique. ASHER pense que la sécrétion interne elle-même est influencée par les fibres nerveuses venues des nerfs laryngés supérieur et inférieur.
Enfin on a signalé que l’excitation des nerfs laryngés supérieurs a un retentissement sur la sécrétion de l’adrénaline. Nous avons pu, nous-même, mesurer les modifications apportées sur l’excitapis des nerfs laryngés supérieurs par l’addition de l’adrénaine.
Techniques
Avant de décrire les différentes techniques que nous avons employées, il convient de rappeler rapidement quelques techniques antérieures à notre étude et d’en faire la critique sommaire.
En effet, dans de nombreuses études expérimentales, les auteurs ont eu tendance à extérioriser le plus possible le larynx, l’isoler même parfois d’une façon complète. Or, les résultats que lon peut obtenir dans ces conditions sont certainement modifiés par la situation nouvelle dans laquelle se trouve cet organe, mais si l’on peut se servir de ces méthodes dans un but de démonstration pour étudier les différents mouvements, il est absolument impossible de leur accorder une valeur suffisante lorsqu'il s’agit de prendre des mesures précises.
Au début de nos expériences nous avons, dans plusieurs cas, pratiqué des mesures dans diverses conditions, les rapports anatomiques étant d’abord normaux, puis après section, et isolement du larynx, et nous avons observé des modifications importantes des résultats qui doivent faire prendre en considération l’état de tension des muscles que l’on doit respecter. D’autre part, dans ces conditions nouvelles, le larynx étant à peu près privé de toutes ses connexions vasculaires, les mesures ne peuvent être prises que pendant une courte durée et il faut noter le rôle du refroidissement qui vient encore modifier les chiffres trouvés.
On voit ainsi la nécessité d'étudier le larynx, in situ, en respectant la vascularisation, l’innervation et en maintenant les tensions normales des différents muscles qui soutiennent le larynx ou qui rentrent dans sa constitution.
Les méthodes d’excitation employées précédemment doivent également être critiquées. Dans la plupart des expérimentations, l'appareil excitateur était presque constamment le classique chariot du bois REYMOND, bobine à induction. Dans aucune de ces expériences, il n’a été pris de mesures. Assez fréquemment, ces auteurs ont employé pour l’étude de la physiologie du larynx des excitations itératives grâce à l’adjonction du rupteur ou de la lame vibrante à ce chariot. Les renseignements ainsi obtenus ne pouvaient être qu’approximatifs et si l’on pouvait graduer, d’une façon relative, les excitations de même que leur fréquence,
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la forme de l’onde excitante n’était pas toujours adaptée à l’élément excité.
C’est essentiellement par le remplacement de la bobine, par les condensateurs dont on connaît les caractéristiques de décharge que des progrès peuvent être faits et c’est l’application de la chronaximétrie aux différents nerfs et muscles du larynx qui fait l’objet de la première partie de ce travail.
Méthodes de m:sures
La constitution de l’appareillage qui nous servit nécessite une étude particulière.
C’est lui qui nous permit, non seulement d’étudier la chronaxie des divers systèmes neuro-musculaires du larynx, mais encore d'étudier les lois régissant les différents nerfs vaso-moteurs ainsi que les phénomènes réflexes que l’on peut provoquer sur les nerfs sensibles du larynx.
Cet appareillage, dû à L. LAPICQUE, est composé par :
une source d’électricité,
un réducteur de potentiel,
des condensateurs en relation alternativement avec
— un circuit de charge et
— un circuit de décharge par un jeu de commutateurs,
un excitateur. .
D'une façon constante, nous eûmes recours aux condensateurs dont la précision est plus grande que celle obtenue jusqu’à présent avec les rhéotomes.