EXCITATION DU TRONC DU NERF LARYNGÉ INFÉRIEUR
Au cours de cette série d’expériences et de Ia précédente, nous avons excité le tronc du nerf récurrent et nous avons observé, suivant les cas, soit une dilatation, soit une constriction de la glotte. Il est nécessaire d’expliquer cette différence dans la réaction.
En se reportant aux séries d’expériences du précédent chapitre, on voit que l’excitation du nerf laryngé inférieur nous a donné, le plus souvent, des dilatations du larynx. Nos conditions expérimentales n'étaient pas les mêmes, les seuils ne s’enregistraient pas, ils s’observaient et, pour cela, le larynx était ouvert, soit en haut, soit en bas et ses cartilages en partie sectionnés. Or, nous avons constaté que lorsque le larynx a perdu son état de tension, les excitations nerveuses ne provoquaient pas les mêmes réactions. Comme modifications nettement apparentes, nous dirons que les mouvements respiratoires glottiques disparaissent dans ces conditions ; le fait de tirer sur le larynx pour lui redonner une certaine tension fait réapparaître ces mouvements respiratoires. C’est ainsi que l’excitation du nerf laryngé inférieur ne donne que rarement des constrictions sur
un larynx dont les attaches de suspension ont été supprimées. Au contraire, sur un larynx intact, l’excitation du laryngé inférieur ne donne guère que des constrictions.
Nous avons groupé cette étude en comparant les chronaxies.
Au cours de la première série d’expériences (expériences I à XX), nous avions constaté que l’excitation du nerf laryngé inférieur déterminait plus fréquemment une dilatation (exp. XIV, XVIXVII, XVIII XIX) qu’une constriction (exp. VI, XIV [au début], XV). Au cours de la seconde série, nous avons obtenu, au contraire, d’une façon presque constante, des constrictions (exp. XXI, XXII, XXIII [à droite], XXIV, XXV, XXVII XXVIID), quelquefois seulement nous observions une dilatation et encore peu nette (exp. XXIIT [à gauche], XXVI [après section du nerf laryngé supérieur], en fin d’expérience).
Dans les premières expériences, nous observions directement les contractions musculaires après ablation des ailes latérales du cartilage thyroïde.
Les dilatations observées correspondaient à des chronaxies de 0615 (XVI), 0 s 22 (XVII), 0 o 19 (XVIID), 0 © 21 (XIX), 0 6 16 (XX), soit une moyenne de 0618 (chiffre assez élevé).
Les quelques constrictions observées correspondaient à 056 10 (XIV), mesure pratiquée sans section du cartilage thyroïde, à côté de chronaxies beaucoup plus élevées : 0525 et 0648 (VI), 0522 et 0522 (XV), mesures pratiquées après section du cartilage thyroïde.
Dans les expériences ultérieures, nous n’avons plus pratiqué lP’ablation ni la section des ailes latérales de ce cartilage et dans ces conditions, nous avons vu que nous obtenions presque constamment des constrictions avec une chronaxie moyenne de 0 6 13 (chiffre plus bas).
Il s’agit bien de l’action de la perte de tension des muscles constricteurs dont la chronaxie se trouve ainsi plus élevée que celle des dilatateurs. L’action de ces derniers, ainsi libérée, peut être mesurée. En effet, en général, lorsqu'un même nerf préside à deux mouvements antagonistes, la seule mesure pratiquement possible est toujours celle de l’action dont la chronaxie est la plus petite.
Il était intéressant de voir ce que devenait la chronaxie des fibres du nerf laryngé inférieur avant et après la section. Nous avons pu dresser le tableau suivant :
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