HISTORIQUE
Depuis vingt ans la thérapeutique anti-anémique s'est complètement transformée. Aux médicaments classiques, tels que les préparations martiales sont venus s'ajouter :
— extraits de foie,
2 d'estomac,
— —. d’intestin,
— chlorophylle,
— acides aminés spécifiques; ei
Les travaux entrepris sur l’action anti-anémique des extraits d'organes remontent à 1920: Whipple commence alors ses recherches sur l’extrait hépatique et, dès 1923, sa « méthode » entre dans la pratique courante. L'emploi de lextrait gastrique est un peu postérieur; c’est en 1929 que Castle a préconisé son utilisation thérapeutique.
Parallèlement à ces recherches et en partie pour expliquer le mécanisme d’action de lhépatothérapie et de la gastrothérapie, un certain nombre d'auteurs français et étrangers étudient le pouvoir anti-anémique des acides aminés. ;
Le premier travail relatif à ces derniers remonte à 1923 : Hirasawa, avec Matsuoka, signalent, les premiers, activité du tryptophane et de l’histidine en présence de fer. En 1928 et 1929, Cartland et Koch pensent pouvoir démontrer que le tryptophane n’a aucune influence sur la formation de l’hémoglobine. Ces auteurs estiment que l'organisme peut faire lui-même la synthèse du tryptophane, ce qui, d’ailleurs, sera plus tard l'opinion de Whipple.
En 1930 et 1931, paraît une série de travaux de Fontès et Thivolle, qui montrent l’action anti-anémique de l’histidine et du tryptophane, capable d’agir dans toutes les variétés d’anémies, y compris l’anémie de Biermer. |
Le
Alcock, en 1933, critique les travaux de Fontès et Thivolle, et montre que le fait d’ajouter à la ration d'animaux expérimentalement anémiés de l’histidine et du tryptophane, ne constitue pas une preuve que ceux-ci soient les seuls agents anti-anémiques, parmi le groupe très nombreux des acides aminés hématogènes.
Presque en même temps que Fontès et Thivolle, Okogawa et Tatsui (1931), Matsuoka et Nako reviennent sur la question, déjà amorcée par eux en 1923. Ils montrent que la guérison des animaux, anémiés par saignée ou par la phénylhydrazine, est plus rapide, quand on injecte du tryptophane. Auteurs français et japonais qui menaient leurs recherches parallèlement, semblent, d’ailleurs, s’être ignorés.
Drabkin et Miller s'occupent de la question à peu près à la même époque. Ils découvrent les effets de plusieurs aminoacides sur la régénération des hématies chez le rat anémié par le régime lacté. Leurs conclusions furent critiquées par Elvehjem ainsi que par Kiel et Nelson.
En 1931, Hahn et Whipple concluent que le radical pigmentaire de l’hémoglobine n’est pas un facteur limitatif dans la production de l’hémoglobine. Pour ces auteurs, il semble que le chien soit capable de former Panneau pyrrolique par cyclisation de chaînes linéaires, car les régimes utilisés, avec un bon effet anti-anémique, étaient extrêmement pauvres en tryptophane; Hawkins, Sribhishaj, Robscheit Robbins et Whipple, en 1931, arrivent à la même conclusion.
Signalons en terminant un certain nombre de travaux récents tendant à montrer la fréquence des anémies d’origine alimentaire : L. Justin-Besançcon et Claude Laroche viennent d’y consacrer un article (Journ. de Méd. et de Chir. prat., janv. 1943) citant les travaux de Day, Langston, Schunkers, Darby qui ont reproduit expérimentalement des anémies par carences alimentaires, en particulier carence d’éléments du groupe B.
Le livre de Cheymol sur l’étude clinique et expérimentale des anémies, paru en 1940, constitue une bonne mise au point de la question et est suivi d’une bibliographie très complète.